Capesterre-Belle-Eau : marche blanche en hommage aux victimes de la fusillade du 30 juin
Le samedi 4 juillet, des centaines d'habitants vêtus de blanc ont défilé dans le calme pour rendre hommage aux deux femmes tuées et aux quatre blessés, en présence de l'évêque et du maire.
Une marche blanche a réuni des centaines de personnes ce samedi 4 juillet à Capesterre-Belle-Eau, en hommage aux deux femmes tuées et aux quatre blessés de la fusillade du 30 juin. Organisée par la municipalité et la paroisse, elle a vu la participation de l'évêque Mgr Philippe Guiougou et du maire Jean-Philippe Courtois, alors que l'enquête pour assassinats se poursuit.
L’essentiel
- Fait 1 : Deux femmes de 32 et 39 ans tuées le 30 juin 2026 à Capesterre-Belle-Eau.
- Fait 2 : Quatre personnes blessées, dont un enfant de 7 ans.
- Fait 3 : Au moins quinze coups de feu tirés selon la procureure.
- Fait 4 : Des centaines de participants à la marche blanche du 4 juillet.
- Fait 5 : Annulation des fêtes patronales et opération « Rendez vos armes » annoncée par la préfecture.
Le drame du 30 juin
Le mardi 30 juin 2026, vers 20 heures, une fusillade d’une extrême violence a éclaté devant une épicerie-bar du bourg de Capesterre-Belle-Eau. Selon le communiqué de la procureure de la République de Pointe-à-Pitre, deux femmes âgées de 32 et 39 ans ont été tuées sur le coup. Quatre autres personnes ont été blessées, dont un enfant de 6 ans. Les enquêteurs ont relevé au moins quinze impacts de balles sur les lieux. L’enquête judiciaire, ouverte pour assassinats et tentatives d’assassinats, a été confiée à la brigade criminelle de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN), a précisé la procureure.
La marche blanche du 4 juillet
Le samedi 4 juillet, des centaines d’habitants vêtus de blanc se sont rassemblés dans le centre de Capesterre-Belle-Eau pour une marche silencieuse. Coorganisée par la municipalité et la paroisse Saint-Hyacinthe, cette marche s’est déroulée dans un climat de recueillement et de dignité. Les participants ont défilé en silence, portant des banderoles et des pancartes appelant à la paix. Le média local France-Antilles Guadeloupe a diffusé des images du cortège sur les réseaux sociaux.
L’évêque de Guadeloupe, Mgr Philippe Guiougou, a pris part à la marche. Dans une déclaration rapportée par le diocèse, il a appelé « à l’unité et à des actions concrètes pour la jeunesse ». Le maire Jean-Philippe Courtois a également marché aux côtés des familles des victimes et des habitants. « Nous ne voulons plus de violence dans notre commune », a-t-il déclaré sobrement. Comme d’autres mobilisations citoyennes récentes, à l’image de la chaîne humaine en Gironde contre la LGV Sud-Ouest, ce rassemblement a montré une forte détermination pacifique.
Réactions des autorités et mesures annoncées
Le maire Jean-Philippe Courtois a annoncé l’annulation des festivités de la fête patronale prévues début juillet, par respect pour les victimes et leurs proches. La préfecture de Guadeloupe a réagi en promettant des actions fermes contre l’insécurité. François-Xavier Richard-Rendolet, directeur de cabinet du préfet, a détaillé sur RCI Guadeloupe le lancement d’une opération intitulée « Rendez vos armes ». Celle-ci vise à inciter les détenteurs d’armes illégales à les restituer sans poursuites, afin de lutter contre le trafic d’armes à feu dans le département. Par ailleurs, la mobilisation citoyenne s’est inscrite dans un contexte de débat sur la liberté de manifester, comme en témoigne la décision de justice à Strasbourg sur l’interdiction de manifester.
Contexte en Guadeloupe
La Guadeloupe fait face à une recrudescence de la violence armée ces dernières années. Selon les données de l’Observatoire régional de la sécurité, le nombre d’homicides par arme à feu a augmenté de près de 20 % en 2025. L’archipel, qui compte environ 380 000 habitants, est confronté à un trafic d’armes et de stupéfiants important, notamment dans les communes rurales comme Capesterre-Belle-Eau. L’opération « Rendez vos armes » s’inscrit dans un plan plus large de la préfecture pour endiguer ce phénomène. La fusillade du 30 juin a ravivé le débat sur l’insécurité et le besoin de renforcer les moyens de la police.
Appel à l’unité et prochaines étapes
Lors de son homélie, Mgr Philippe Guiougou a insisté sur la nécessité de « ne pas se laisser abattre par la peur » et de « construire ensemble un avenir meilleur pour les jeunes ». La marche blanche a été un moment de recueillement mais aussi de prise de conscience collective. « Il faut que cela change », a lancé une habitante présente. L’enquête se poursuit sous l’autorité du pôle criminel de Pointe-à-Pitre. Aucune interpellation n’a été communiquée à ce stade.
Prochaine étape : L’opération « Rendez vos armes » doit débuter dans les prochains jours, selon le directeur de cabinet du préfet. La municipalité prévoit également des réunions de quartier pour renforcer le dialogue avec les jeunes.