Carburant à 2,59 € le litre : les Marseillais étranglés à la pompe
Dans les Bouches-du-Rhône, la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient dépasse tous les records depuis 1985.
Début avril 2026, certaines stations de Marseille affichent 2,59 euros le litre. Une hausse brutale, directement liée au blocage du détroit d'Ormuz depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran fin février. Le quotidien des automobilistes marseillais en prend un coup sévère.
Le choc est brutal. Fin mars 2026, le gazole atteignait déjà 2,27 €/L en moyenne dans les Bouches-du-Rhône, le SP95-E10 flirtait avec 2,08 €/L. Début avril, des stations marseillaises ont franchi la barre des 2,59 €/L, selon Ici Provence. Des niveaux inédits depuis 1985, d’après Vie Publique.
Ormuz, point de départ de la crise
Tout part du 28 février 2026. La guerre déclenchée entre les États-Unis, Israël et l’Iran provoque un blocage du détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite une part massive du pétrole mondial. Le baril de Brent bondit de 72 à 109 dollars, soit +50% en quelques semaines, selon Vie Publique. Comparé à fin 2025 - où le diesel passait sous 1,60 €/L - la hausse atteint +43% pour le gazole au 18 avril, d’après le site carbu.com. Un plein de 40 litres coûte désormais 20 euros de plus qu’avant la guerre dans 70% des stations.
À Marseille, l’impact est immédiat. Les transports en commun enregistrent +9% de fréquentation par rapport à 2025, selon Franceinfo. Métro et bus retrouvent des usagers que la voiture avait captés. Un automobiliste qui faisait le plein pour 80 euros par mois débourse désormais jusqu’à 200 euros, selon la même source.
TotalEnergies, l’État, et la question des taxes
Pour limiter la casse, TotalEnergies avait plafonné ses prix à 1,99 €/L pour l’essence et 2,09 €/L pour le diesel dans ses stations, jusqu’au 7 avril, d’après Ici Provence. Résultat : files d’attente et ruptures de stock dans plusieurs stations.
Du côté de l’État, les recettes fiscales ont augmenté de 270 millions d’euros en mars 2026 par rapport à mars 2025 - dont 120 millions en TVA et 150 millions en accises - , selon Le Monde. La TICPE reste fixée à 59,40 centimes par litre pour le gazole. Le gouvernement refuse des aides généralisées, mais déploie un plan ciblé de 70 millions d’euros pour avril : une aide de 20 centimes par litre pour le transport routier et la pêche, une exonération sur le GNR agricole, et un prêt « Flash Carburant » à 3,8%, disponible depuis le 13 avril, selon le ministère de l’Économie.
Un précédent qui pèse
La crise de mars 2022, provoquée par l’invasion de l’Ukraine, avait vu le gazole culminer à 2,14 €/L - un record à l’époque. Avril 2026 dépasse ce seuil de cinquante centimes supplémentaires, selon Vie Publique. La comparaison alimente la colère.
Prochaine étape
Un cessez-le-feu de quinze jours a été annoncé le 8 avril au Moyen-Orient, selon Radio France. Une baisse de 5 à 10 centimes par litre est estimée dans les prochains jours si l’accord tient. Insuffisant pour ramener les prix à leur niveau d’avant-guerre, mais une première accalmie possible à la pompe.
Sources
- Ici Provence : Hausse des prix des carburants : 20 à 25 centimes de plus, trop c'est trop pour des automobilistes marseillais
- Le Monde : Prix des carburants : l'État s'enrichit-il vraiment grâce aux taxes payées par les automobilistes ?
- Vie Publique : Hausse 2026 des prix de l'essence : quels sont les effets ?
- Ministère de l'Économie : Particuliers et entreprises : ce qui change en avril 2026