Carburants en Guyane : SP95 à 2,08 €/L et gazole à 2,19 €/L en mai 2026
Les prix maxima franchissent la barre symbolique des 2 euros le litre, sous l'effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
En mai 2026, les prix maxima des carburants en Guyane augmentent significativement. Le SP95 passe à 2,08 €/L (+0,10 €) et le gazole routier à 2,19 €/L (+0,20 €). La préfecture de Guyane attribue cette hausse à la flambée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient.
En mai 2026, les prix maxima des carburants en Guyane augmentent significativement. Le SP95 passe à 2,08 €/L (+0,10 €) et le gazole routier à 2,19 €/L (+0,20 €). La préfecture de Guyane attribue cette hausse à la flambée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient.
L’essentiel
- SP95 : 2,08 €/L en mai 2026, en hausse de 0,10 €/L par rapport à avril (source : préfecture de Guyane)
- Gazole routier : 2,19 €/L, en hausse de 0,20 €/L par rapport à avril (source : préfecture de Guyane)
- Sur un an : +0,13 €/L pour le SP95 et +0,40 €/L pour le gazole par rapport à mai 2025
- Inflation énergie : +14,2% sur un an en Guyane en avril 2026, selon l’INSEE
- Règle de calcul INSEE : une hausse de 10 $ du baril représente environ 100 €/an de dépenses supplémentaires par ménage
Des prix qui franchissent la barre des 2 euros
Le préfet de Guyane Antoine Poussière l’avait annoncé fin avril : « Nous allons dépasser la barre symbolique des 2 € le litre de carburant au mois de mai. » C’est désormais confirmé. La préfecture a publié les prix maxima applicables depuis le 1er mai 2026.
En avril 2026, le SP95 était à 1,98 €/L et le gazole à 1,99 €/L, selon La1ere.franceinfo.fr. La hausse enregistrée en mai est donc nettement plus marquée que celle du mois précédent, notamment sur le gazole.
La mécanique des prix : ce qui pèse dans la composition
En Guyane, les prix des carburants sont administrés : c’est la préfecture qui fixe chaque mois les tarifs maxima de vente. Ce mécanisme intègre le coût du brut, les frais d’acheminement, les marges de raffinage et de distribution, ainsi que les taxes. Selon l’INSEE, environ 60 % du prix final correspond à des taxes et à des coûts d’approvisionnement directement indexés sur le cours mondial du baril.
La tension actuelle sur les marchés pétroliers mondiaux est directement reliée au conflit au Moyen-Orient, comme le documente La1ere.franceinfo.fr. Quand les cours du baril grimpent, les répercussions sur les prix à la pompe suivent avec un décalage de quelques semaines. L’INSEE chiffre l’impact : une hausse de 10 dollars du baril se traduit par environ 100 euros de dépenses énergétiques supplémentaires par an et par ménage en France. Pour la Guyane, territoire plus dépendant de la voiture individuelle, l’effet est amplifié.
Le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions économiques mondiales ont également fait l’objet d’une attention politique nationale : l’opération américaine autour du détroit d’Ormuz maintient une pression constante sur les routes d’approvisionnement en hydrocarbures.
Un an de hausse : la comparaison avec mai 2025
En mai 2025, le SP95 était affiché à 1,95 €/L et le gazole à 1,79 €/L, selon les archives publiées par la préfecture de Guyane sur Facebook. En un an, le SP95 a augmenté de 0,13 €/L et le gazole de 0,40 €/L - soit une progression bien plus rapide pour le gazole, carburant de référence pour les professionnels du transport.
En mars 2026, l’INSEE relevait que les prix à la consommation en Guyane étaient restés stables sur le mois, mais que l’énergie avait déjà progressé de 1,0%, tirée par les produits pétroliers (+1,5%). La dynamique s’est accélérée depuis.
Contexte dans la Guyane
La Guyane est un territoire de 300 000 habitants environ, vaste (84 000 km²) et faiblement maillé en transports en commun. La voiture individuelle reste le principal moyen de déplacement pour une grande partie de la population, qu’il s’agisse des trajets domicile-travail dans l’agglomération de Cayenne ou des déplacements en zones rurales, souvent longues distances.
Cette dépendance structurelle au carburant rend les ménages guyanais particulièrement sensibles aux variations de prix à la pompe. Selon La1ere.franceinfo.fr et France Guyane, les professionnels du transport - VTC, taxis, transporteurs routiers - sont les premiers touchés. Leurs charges augmentent sans possibilité d’ajustement immédiat des tarifs pratiqués. En zones enclavées, où le réseau routier est parfois le seul accès aux services de base, la hausse du gazole pèse directement sur les coûts logistiques.
Sur un an, en avril 2026, l’inflation en Guyane est estimée à 2,2%, selon l’INSEE, avec l’énergie en tête à +14,2%. Les produits pétroliers en sont le principal moteur.
Ce contexte de vie chère n’est pas nouveau en Guyane. Le territoire avait déjà connu des tensions sociales sur ce sujet lors des mouvements de 2017. La question du pouvoir d’achat reste structurellement sensible, amplifiée ici par l’insularité économique du territoire et sa dépendance aux importations. Dans d’autres régions françaises, des dispositifs similaires de soutien au budget des ménages font l’objet de débats : en Haute-Corse, le repas à 1 euro au CROUS vient d’être étendu à tous les étudiants, une mesure qui illustre la pression croissante sur les budgets dans les territoires ultramarins et insulaires.
Impact sur les ménages et les transports
Pour un automobiliste effectuant un plein de 50 litres de SP95, la facture passe de 99 € (avril) à 104 € en mai - soit 5 € de plus par plein. Sur un plein de gazole de même volume, la différence atteint 10 €. Ramené à l’année, pour un ménage réalisant deux pleins mensuels, le surcoût annuel par rapport à mai 2025 dépasse 100 € pour le SP95 et approche 480 € pour le gazole.
Les professionnels du transport sont davantage exposés. Un transporteur consommant plusieurs centaines de litres par mois voit ses charges fixes progresser de plusieurs dizaines d’euros mensuels supplémentaires, sans mécanisme d’indexation automatique de leurs tarifs.
Prochaine révision fin mai
Les prix maxima des carburants en Guyane sont révisés chaque mois par la préfecture. La prochaine publication concernant les tarifs de juin est attendue fin mai. Son niveau dépendra directement de l’évolution des cours du brut et de la situation géopolitique au Moyen-Orient dans les prochaines semaines.