Carcassonne : après 100 jours, LFI accuse le maire RN d’attaquer les pauvres
Arrêté anti-mendicité, expulsion des syndicats, coupes budgétaires et hausse des indemnités l'opposition dénonce une politique dirigée contre les précaires
Élu le 29 mars à Carcassonne, Christophe Barthès cristallise les critiques de la gauche. Après cent jours de mandat, LFI et syndicats dénoncent un enchaînement de mesures ciblant les plus fragiles, tandis que les élus municipaux s'augmentent de 17 %.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Christophe Barthès (RN) élu maire de Carcassonne le 29 mars 2026 avec 40,4 % des voix au second tour
- Arrêté anti-mendicité validé par le tribunal administratif de Montpellier le 6 mai, recours de la LDH rejeté
- Syndicats expulsés de la Bourse du Travail début juin après 90 ans d'occupation, procédure d'huissier engagée
- Indemnités des élus municipaux augmentées maire de 4 875 € à 5 700 €/mois (+17 %), adjoints +24 %
- Budget culturel amputé de 20 %, soit environ 850 000 € de moins selon le Parti de Gauche
Cent jours après son installation à la tête de Carcassonne, Christophe Barthès fait face à une offensive politique de la gauche. Le maire RN, élu le 29 mars 2026 avec 40,4 % des voix au second tour dans une triangulaire selon Wikipedia, est accusé par LFI de mener une politique antisociale dirigée contre les plus précaires. Un bilan dressé dans un article publié le 24 juillet par L’Insoumission, média proche de La France insoumise, énumère une série de décisions qui provoquent des tensions sociales inédites dans la préfecture audoise.
Le 27 juillet, l’élu LFI Eric Jacques a relayé ces critiques sur X, interpellant directement le maire : « Attaque les plus pauvres, s’en met plein les poches. » Un tweet qui résume la ligne d’accusation de l’opposition locale et nationale.
Un arrêté anti-mendicité validé par la justice
Dès son entrée en fonction, Christophe Barthès a pris un arrêté interdisant la mendicité dans le centre-ville. Selon Wikipedia et L’Insoumission, le maire justifie la mesure par la volonté d’évacuer les « punk-à-chiens » et les personnes importunant les commerçants et habitants. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a immédiatement contesté cet arrêté en justice administrative.
Le 6 mai 2026, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté le recours en référé-suspension déposé par la LDH, validant ainsi la mesure municipale. Une décision qui n’a pas apaisé les tensions : selon L’Insoumission, la mairie a ensuite retiré la subvention de 300 € allouée à l’association, ainsi que le local municipal dont elle disposait.
Expulsion des syndicats de la Bourse du Travail
Début juin, la municipalité a mis fin à la mise à disposition gratuite de la Bourse du Travail aux syndicats CGT, CFDT, FSU et Solidaires/Sud, qui occupaient les lieux depuis près de 90 ans. Selon Actu.fr et NVO, la mairie justifie cette décision par les coûts annuels d’électricité et d’eau ne sont pas chiffrés à ces montants, ainsi que par l’absence de titre d’occupation valide. Une procédure d’huissier a été engagée pour contraindre les syndicats à quitter les lieux.
L’expulsion a provoqué des manifestations devant la mairie. En juin, Christophe Barthès a été filmé en train d’arroser des manifestants syndicaux avec un tuyau d’eau depuis le balcon de l’hôtel de ville le 25 juin, selon Orange Actu. Une scène largement relayée sur les réseaux sociaux et dénoncée comme une provocation par l’opposition.
Hausse des indemnités des élus municipaux
Parallèlement à ces coupes budgétaires, le conseil municipal a voté une revalorisation significative des indemnités des élus. Selon L’Insoumission et InfoRadar, l’indemnité du maire est passée de 4 875 € à 5 700 € mensuels, soit une hausse de 17 %. Les adjoints bénéficient d’une augmentation de 24 %, les conseillers délégués de 6 %. L’enveloppe globale augmente de plus de 4 000 €.
Cette décision intervient dans un contexte de budget municipal jugé austéritaire par l’opposition. Le Parti de Gauche - Midi Pyrénées rapporte que le budget culturel de la ville a été amputé de 20 %, soit environ 850 000 € de moins. Une politique que LFI qualifie de « double peine » : restrictions pour les associations et les services publics, revalorisation pour les élus.
Contexte dans l’Aude
Carcassonne, préfecture de l’Aude, compte environ 46 000 habitants. L’élection de mars 2026 a marqué une rupture politique dans une ville traditionnellement ancrée à gauche. Le département audois est confronté à des difficultés économiques et sociales, avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale et une part importante de la population vivant sous le seuil de pauvreté. La gestion municipale de Christophe Barthès intervient dans ce contexte déjà tendu, où les associations caritatives et les syndicats jouent un rôle social important.
Les tensions politiques locales reflètent des débats nationaux sur la gestion des villes RN et sur la place des contre-pouvoirs (associations, syndicats, médias) face aux exécutifs municipaux. D’autres maires récemment élus dressent également des bilans de leurs premiers mois de mandat, dans des contextes politiques variés.
LFI et syndicats mobilisés contre la mairie
L’article de L’Insoumission du 24 juillet dresse un bilan critique des cent premiers jours du maire RN. Le média proche de LFI dénonce des « attaques contre les plus pauvres » à travers l’arrêté anti-mendicité, les coupes de subventions à la LDH et l’expulsion des syndicats. Les organisations syndicales ont manifesté à plusieurs reprises devant la mairie et annoncent maintenir la pression sur l’exécutif municipal.
La CGT et Solidaires dénoncent une volonté de « museler les contre-pouvoirs » et appellent à une mobilisation durable pour obtenir le maintien des syndicats dans leurs locaux historiques. La LDH, de son côté, continue d’alerter sur les conséquences de l’arrêté anti-mendicité pour les personnes en situation de précarité.
La municipalité n’a pas encore répondu publiquement aux accusations de LFI. Les prochains mois diront si Christophe Barthès maintient ce cap ou ajuste sa politique face à la contestation sociale et politique. Le conseil municipal se réunira à nouveau en septembre pour voter le budget rectificatif.