Carcassonne : les syndicats manifestent contre leur expulsion, le maire RN apporte des cartons
À l'issue du conseil municipal du 28 mai, plus d'une centaine de militants syndicaux se sont rassemblés rue Courtejaire contre la décision de Christophe Barthès.
Le conflit entre la mairie RN de Carcassonne et l'intersyndicale a franchi un nouveau cap ce jeudi 28 mai. À la sortie du conseil municipal, plus d'une centaine de manifestants ont scandé 'Nous ne lâcherons rien' face à la décision du maire Christophe Barthès de mettre fin à la mise à disposition gratuite des locaux communaux.
L’essentiel
- 28 mai 2026 : rassemblement de plus d’une centaine de personnes devant l’ancien hôtel de ville (rue Courtejaire) à l’issue du conseil municipal.
- 1er juin : date d’échéance fixée par la mairie pour l’évacuation des locaux, dont la Bourse du travail au 15 rue Voltaire.
- 33 000 € : coût annuel avancé par Christophe Barthès pour justifier la fin de la mise à disposition gratuite.
- 30 avril 2026 : date du conseil municipal lors duquel la décision d’expulsion a été annoncée pour la première fois.
- ~200-350 personnes s’étaient déjà mobilisées le 13 mai devant la Bourse du travail selon L’Indépendant.
La mise en scène du maire
Christophe Barthès n’a pas esquivé la confrontation. À la sortie du conseil municipal, il s’est présenté devant les manifestants muni de cartons de déménagement et de scotch - une mise en scène filmée par ses propres équipes de communication, selon L’Indépendant.
Le maire a justifié la mesure en invoquant la fin de ce qu’il qualifie de « privilèges ». Il chiffre le coût de la mise à disposition à 33 000 € par an pour la Ville. La décision avait été officiellement annoncée lors du conseil municipal du 30 avril 2026, après que les syndicats concernés eurent participé à une manifestation contre l’extrême droite.
L’intersyndicale refuse de partir
CGT, CFDT, FO, FSU et Solidaires ont répondu présent devant l’ancien hôtel de ville. Des soutiens venus d’autres départements ont grossi le rassemblement, selon L’Indépendant.
Sophie Trochet, secrétaire générale de la CGT Aude, a pris la parole : « Ce qui se joue à Carcassonne dépasse le cadre local. » Les syndicats ont annoncé deux lignes d’action : continuer à occuper les locaux dès le 1er juin, date de l’échéance fixée par la mairie, et étudier un recours juridique.
La Bourse du travail, installée au 15 rue Voltaire, est au cœur du litige. C’est là que plusieurs organisations syndicales tiennent permanences et réunions depuis des années.
Des soutiens régionaux et nationaux
Le dossier a rapidement dépassé les limites de l’Aude. Le 21 mai, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, s’est déplacée à Carcassonne pour afficher son soutien aux syndicats, selon L’Indépendant. Le sénateur de l’Aude Sébastien Pla a, de son côté, interpellé le gouvernement sur le sujet.
La mobilisation du 13 mai avait déjà rassemblé entre 200 et 350 personnes devant la Bourse du travail. Le conseil régional d’Occitanie suit le dossier de près - une assemblée régionale déjà recomposée depuis le début de l’année.
Contexte dans l’Aude
Carcassonne est la préfecture de l’Aude, avec environ 46 000 habitants. Christophe Barthès a été élu maire sous étiquette Rassemblement national, dans une ville qui avait longtemps été à gauche. Son élection a marqué un basculement politique structurant pour le département.
La mise à disposition de locaux municipaux aux organisations syndicales est une pratique ancienne dans de nombreuses communes françaises. Elle repose généralement sur des conventions révisables, ce qui donne une base légale à la décision du maire - mais son calendrier et sa motivation (liés à une manifestation politique) constituent le cœur du contentieux juridique que les syndicats entendent soulever.
Le dossier est suivi à l’échelle nationale : le site Basta! et L’Humanité, entre autres médias, ont relayé l’affaire au-delà du seul territoire audois. Carcassonne est aussi présente dans l’actualité sportive locale, avec l’US Carcassonne qui vient d’officialiser son nouvel entraîneur pour la Nationale.
Prochaine étape : le 1er juin
Le 1er juin 2026 est la date à laquelle la mairie attend l’évacuation des locaux par la CGT notamment. Les syndicats ont annoncé qu’ils ne bougeraient pas ce jour-là et qu’une réponse juridique est en préparation. L’issue dépendra en partie de la nature exacte des conventions liant les organisations à la Ville - documents dont le contenu précis n’a pas été rendu public à ce stade.
Sources
- L'Indépendant : « Nous ne lâcherons rien » : les syndicats manifestent contre le maire RN de Carcassonne
- L'Indépendant : Le maire RN met en scène l'expulsion des syndicats avec des cartons
- Basta! : Mairie RN de Carcassonne : les syndicats refusent l'expulsion de la Bourse du travail
- L'Indépendant : Carole Delga à Carcassonne pour soutenir les syndicats menacés d'expulsion