Carte scolaire à 5 ans : la rectrice Béjean précise les enjeux pour le Pas-de-Calais

Après la visite du ministre Geffray à Arras le 4 juin, Sophie Béjean détaille la nouvelle logique pluriannuelle de construction de la carte scolaire dans le département.

Carte scolaire à 5 ans : la rectrice Béjean précise les enjeux pour le Pas-de-Calais
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Le Pas-de-Calais entre dans l'expérimentation nationale sur la carte scolaire lancée par le ministre Édouard Geffray. La rectrice Sophie Béjean a précisé le 6 juin 2026 que les fermetures et ouvertures de classes devraient désormais être connues à horizon cinq ans glissant.

L’essentiel

  • 4 juin 2026 : le ministre Geffray se rend à Arras pour lancer les travaux de l’expérimentation carte scolaire dans le Pas-de-Calais.
  • 18 départements sélectionnés pour cette expérimentation nationale annoncée le 23 avril 2026.
  • Plus de 50 000 élèves perdus dans le Pas-de-Calais d’ici 2035, selon les projections du ministère.
  • Horizon 5 ans glissant : fermetures et ouvertures de classes connues à l’avance, coconstruites avec les élus locaux.

La visite ministérielle à Arras

Le 4 juin 2026, Édouard Geffray s’est rendu à la préfecture d’Arras. L’objectif : lancer officiellement les travaux de l’expérimentation sur la carte scolaire dans le Pas-de-Calais. Le ministre a réuni des élus locaux pour poser les bases d’une méthode nouvelle. La visite comprenait également une étape au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys, selon le site du ministère de l’Éducation nationale.

Le ministre a résumé sa philosophie sur X : « Ce que je veux, c’est complètement inverser la logique et coconstruire avec les élus locaux la carte scolaire à un horizon cinq ans et de façon glissante, c’est-à-dire chaque année. »

La rectrice Béjean relaye le message clé

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Deux jours après la visite, le 6 juin 2026, Sophie Béjean, rectrice de la région académique Hauts-de-France et de l’académie de Lille depuis mars 2025, a publié un tweet résumant l’enjeu central pour le département.

La rectrice y reprend la formulation de l’article de La Voix du Nord du 5 juin : dans le Pas-de-Calais, fermetures et ouvertures de classes devraient désormais être connues à horizon cinq ans. C’est le changement de méthode au cœur de l’expérimentation.

50 000 élèves en moins d’ici 2035

Le chiffre mis en avant par le ministre est brutal. Le Pas-de-Calais va perdre plus de 50 000 élèves d’ici 2035, selon les données du ministère. Les projections de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) font état d’une baisse nationale d’environ 1,7 million d’élèves d’ici la même échéance, soit -14,2 %. Le Pas-de-Calais figure parmi les départements les plus exposés.

Jusqu’ici, les décisions d’ouverture ou de fermeture de classes étaient annoncées chaque année, avec des délais très courts. Les élus, notamment ruraux, dénonçaient régulièrement ce manque de visibilité. La nouvelle méthode vise à inverser cette logique : partir des projections démographiques à cinq ans pour bâtir un schéma d’emploi intégré dans les discussions sur la loi de finances.

Les élus locaux favorables à la méthode

Frédéric Leturque, maire d’Arras et président régional de l’Association des maires de France, a participé à la rencontre. Il a déclaré à La Voix du Nord : « On se retrouve dans la méthode que vous avez choisie. »

Hervé Deroubaix, maire de Robecq et président de l’association des maires ruraux du Pas-de-Calais, a réagi dans le même sens : « C’est une bonne nouvelle d’avoir un horizon à cinq ans pour pouvoir s’organiser. » Pour les communes rurales, la question de la fermeture d’école dépasse l’éducation : elle conditionne l’attractivité d’un territoire entier.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le Pas-de-Calais est l’un des départements les plus peuplés des Hauts-de-France, avec environ 1,47 million d’habitants. Il concentre de nombreuses communes rurales et périurbaines, où les écoles à classe unique ou à faibles effectifs sont nombreuses. La baisse démographique y est structurelle depuis plusieurs années.

Le département est concerné par d’autres enjeux territoriaux liés aux politiques publiques, comme en témoigne la mobilisation de la préfecture du Pas-de-Calais sur la santé mentale, grande cause nationale 2026. La carte scolaire s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des services publics dans un territoire en mutation démographique.

L’expérimentation associe les services de l’Éducation nationale, les syndicats enseignants et les élus locaux. Un observatoire des dynamiques rurales et territoriales du département a également été lancé lors de la visite du 4 juin, selon le site du ministère. Les cadres de l’État réunis à Amiens en convention managériale début juin ont aussi travaillé sur les enjeux de coordination territoriale dans la région.

Une expérimentation nationale dans 18 départements

Le Pas-de-Calais n’est pas seul dans ce dispositif. Le ministère a sélectionné 18 départements pour tester cette approche, annoncée le 23 avril 2026. L’Aisne fait notamment partie de la liste. L’objectif à terme : nourrir les discussions sur la loi de finances et, selon les résultats, envisager une généralisation.

Les remontées de terrain des 18 départements pilotes alimenteront les arbitrages budgétaires. Si l’expérimentation est concluante, une extension à l’ensemble du territoire national pourrait être envisagée, sans qu’aucune date n’ait été précisée à ce stade par le ministère.

Prochaine étape : les travaux de coconstruction engagés à Arras le 4 juin doivent produire des projections formalisées pour alimenter les discussions sur le budget de l’Éducation nationale. Le calendrier précis de restitution n’a pas été communiqué.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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