Castres : 100 caravanes à la Borde-Basse, coupures d’eau et de justice

Depuis le 7 juin, un complexe sportif de Castres est occupé illégalement par une centaine de caravanes la mairie a coupé l'eau et l'électricité et saisi la justice.

Castres : 100 caravanes à la Borde-Basse, coupures d'eau et de justice
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

Environ 100 caravanes se sont installées illégalement le 7 juin 2026 sur les terrains sportifs de la Borde-Basse à Castres (Tarn). Le maire Florian Azéma a ordonné la coupure de l'eau et de l'électricité, déposé une plainte et engagé un référé. Des agents municipaux ont été menacés de mort. Le tournoi de l'Aviron Castrais a été annulé.

L’essentiel

  • 7 juin 2026 : environ 100 caravanes s’installent illégalement sur le complexe sportif de la Borde-Basse à Castres après avoir forcé les barrières d’accès.
  • Mesures immédiates : le maire Florian Azéma ordonne la coupure de l’eau et de l’électricité le jour même, dépose une plainte et engage une procédure en référé au tribunal administratif.
  • 9 juin 2026 : opération de police pour sécuriser les coupures physiques ; des agents municipaux sont menacés de mort.
  • Tournoi annulé : le tournoi de rugby de l’Aviron Castrais, qui concernait potentiellement plus de 800 jeunes, est supprimé en raison de l’occupation.
  • Blocage juridique : la préfecture du Tarn invoque l’absence d’aire de grand passage homologuée dans le sud du département pour ne pas évacuer d’office.

Dimanche 7 juin : les barrières forcées

Dans la nuit de samedi à dimanche ou en journée du 7 juin 2026, une centaine de caravanes appartenant à une mission évangélique de gens du voyage - venant notamment de Carcassonne - ont pénétré sur le complexe sportif de la Borde-Basse à Castres. Les barrières et blocs d’accès ont été forcés ou cassés pour permettre l’entrée, selon La Dépêche du Midi et Le Journal d’Ici. Les terrains de football et de rugby du site sont depuis lors occupés.

La réponse de la mairie : coupures, plainte, référé

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Le maire de Castres, Florian Azéma, élu en mars 2026 à 29 ans sous l’étiquette RN, a réagi le jour même. Il a ordonné la coupure immédiate de l’alimentation en eau et en électricité du complexe. Sa déclaration, rapportée par Le Tarn Libre et actu.fr : « Je n’entends pas verser un centime de l’argent du contribuable pour des gens qui occupent des espaces publics de manière illégale ».

Dans la foulée, la mairie a annoncé le dépôt d’une plainte pénale et l’engagement d’une procédure en référé devant le tribunal administratif pour obtenir une ordonnance d’évacuation. Le dossier est également entre les mains du préfet du Tarn.

Ce bras de fer s’inscrit dans une série d’incidents récents à Castres : l’opération de police du 9 juin au campement de la Borde-Basse et, la semaine précédente, l’incendie d’un véhicule de la police municipale au poste de Lameilhé.

9 juin : opération de police, agents menacés de mort

Deux jours après l’installation, une opération de police a été déployée sur le site pour couper physiquement un réseau d’eau public qui avait été détourné, ainsi qu’une partie du réseau électrique. La Dépêche du Midi et Le Journal d’Ici rapportent que des agents municipaux mobilisés pour ces coupures ont reçu des menaces de mort. Les forces de l’ordre ont sécurisé les interventions techniques.

Tournois sportifs annulés, 800 jeunes impactés

La Borde-Basse est le principal complexe sportif de Castres. Il accueille habituellement en fin de saison plusieurs tournois pour jeunes, dont le Trophée du Sidobre qui réunit plus de 1 400 enfants selon les années, selon les données du club Castres Olympique.

Le premier effet direct de l’occupation : le tournoi annuel de rugby de l’Aviron Castrais, prévu sur le site, a été annulé. Selon Le Journal d’Ici, plus de 800 jeunes rugbymen étaient potentiellement concernés. D’autres tournois de fin de saison - football et rugby - sont menacés ou impactés.

Contexte dans le Tarn

La préfecture du Tarn se retrouve dans une position délicate. Elle indique, selon La Dépêche du Midi, ne pas pouvoir procéder à une évacuation d’office sans décision de justice en l’absence d’aire de grand passage homologuée dans le sud du département. C’est précisément le nœud du problème.

L’agglomération Castres-Mazamet avait rejeté en février 2026 le projet de création d’une aire de grand passage de 200 places (environ 4 hectares) à Castres, pourtant inscrit dans la révision du schéma départemental d’accueil des gens du voyage - un document validé en 2022 et révisé en mars 2026. Ce refus laisse le territoire sans solution légale d’accueil, ce qui fragilise juridiquement toute évacuation administrative immédiate, comme l’explique France 3 Occitanie.

Ce type de situation n’est pas inédit à Castres. Le Journal d’Ici et des archives de La Dépêche signalent des précédents d’occupations illégales à la Borde-Basse, dont un épisode avec 150 caravanes en 2022. La mairie, tout en refusant toute installation illégale, appelle à des solutions durables à l’échelle du Sud-Tarn. Ce type de tension liée à l’insuffisance des aires d’accueil se retrouve dans d’autres départements : des incidents impliquant des gens du voyage ont également mobilisé la justice dans le Lot-et-Garonne mi-juin.

Prochaine étape : la décision du tribunal administratif

La procédure en référé engagée par la mairie de Castres doit désormais aboutir à une décision du tribunal administratif. C’est cette ordonnance qui conditionnera toute évacuation légale du site de la Borde-Basse. Aucune date d’audience n’avait été rendue publique au 13 juin 2026.

Virginie
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Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Virginie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Tarn (81), avec Albi pour chef-lieu. Spécialité du département : cite episcopale Albi UNESCO et Toulouse-Lautrec. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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