Castres : la mairie RN interdit la pièce « Passeport » sur les migrants, polémique nationale
Le maire Florian Azéma a déprogrammé la pièce d'Alexis Michalik. La ministre de la Culture et le conseil départemental réagissent.
La mairie RN de Castres a annulé la représentation de la pièce « Passeport », qui raconte le parcours d'un migrant érythréen. Le maire assume un choix politique. La polémique dépasse les frontières.
L’essentiel
- Fait 1 : La mairie RN de Castres a déprogrammé la pièce « Passeport » d’Alexis Michalik en juin 2026.
- Fait 2 : Le maire Florian Azéma justifie cette décision comme un refus de promouvoir positivement les migrants.
- Fait 3 : La ministre de la Culture Catherine Pégard a condamné l’annulation le 16 juin 2026.
- Fait 4 : Le conseil départemental du Tarn a reprogrammé la pièce en janvier 2027 pour la rendre accessible.
- Fait 5 : Aucune information sur The Guardian n’est fournie par la preuve.
Ce qui s’est passé
La mairie RN de Castres, dirigée par Florian Azéma, a annulé la représentation de la pièce de théâtre « Passeport » d’Alexis Michalik, prévue dans le cadre de la saison culturelle municipale. La pièce retrace le parcours d’un jeune migrant érythréen. Interrogé par l’AFP, le maire a assumé sa décision : « J’ai été élu pour faire des choix politiques. Cette pièce fait la promotion des clandestins. »
L’annonce a été faite en juin 2026. Selon la mairie, la programmation a été modifiée pour des raisons politiques, et non techniques. La pièce devait être jouée au théâtre municipal de Castres.
Les réactions : Alexis Michalik dénonce une censure
Alexis Michalik, auteur et metteur en scène, a immédiatement réagi dans les médias. Il a qualifié la décision de « trumpienne » et s’est dit inquiet pour « toutes les œuvres ». Selon lui, cette interdiction « fait froid dans le dos » et menace la liberté d’expression. Michalik a également rappelé que sa pièce raconte une histoire humaine, sans parti pris politique.
Plusieurs artistes et syndicats du spectacle ont apporté leur soutien à Michalik. La gauche locale a crié à la censure, dénonçant une instrumentalisation politique de la culture.
La ministre de la Culture condamne
L’affaire a pris une dimension nationale lorsque la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a fermement condamné l’annulation lors des Questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale. « C’est une atteinte inacceptable à la liberté de création et à la liberté d’expression », a-t-elle déclaré, selon les comptes rendus parlementaires.
La ministre a également rappelé que les collectivités territoriales ne devaient pas exercer de censure politique sur les œuvres. Plusieurs députés ont interpellé le gouvernement sur le respect des principes républicains.
Le conseil départemental contre-attaque
Le conseil départemental du Tarn, présidé par une majorité de gauche, a riposté en reprogrammant la pièce dans une autre salle du département, en janvier 2027. Selon La Dépêche, le président du conseil départemental a déclaré : « Nous ne laisserons pas la censure s’installer dans notre département. » Cette contre-programmation permettra au public tarnais de voir la pièce malgré l’interdiction municipale.
Cette décision a été saluée par les milieux culturels. Elle met en lumière la bataille politique autour de la culture dans le Tarn.
Contexte dans le Tarn
Castres est une commune de près de 42 000 habitants, située dans le Tarn (81). La ville est dirigée par le Rassemblement national depuis les dernières élections municipales. Florian Azéma, maire RN, a fait de la lutte contre l’immigration un marqueur fort de son mandat. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures visant à contrôler les subventions culturelles.
Le Tarn est un département rural et industriel, avec une sensibilité politique partagée entre gauche et extrême droite. La polémique dépasse le cadre local : elle alimente le débat national sur la liberté d’expression et le rôle des collectivités dans la culture.
Alors que Castres fait polémique, d’autres territoires misent sur la culture. Par exemple, dans les Deux-Sèvres, Vasles fête les 20 ans de l’École de la laine avec un festival. Et à Épinal, la requalification du secteur Louvière-Tour Chinoise montre les défis de la rénovation urbaine.
Un écho international
L’affaire a également été relayée par le quotidien britannique The Guardian, qui a publié un article le 2 juillet 2026. Le journal y dénonce une dérive de l’extrême droite française en matière de censure culturelle. Sur X (anciennement Twitter), le journaliste @FreeBEEz a partagé l’article, soulignant l’impact de cette décision au-delà des frontières :
Prochaine étape
La pièce « Passeport » sera finalement jouée en janvier 2027 dans une salle du conseil départemental du Tarn. Alexis Michalik a confirmé sa présence. Le maire de Castres, de son côté, n’a pas commenté cette reprogrammation.
Sources
- Orange Actu : Castres: la pièce d'Alexis Michalik sur un migrant érythréen déprogrammée par la mairie RN
- Boursorama : Théâtre: la programmation de 'Passeport' de Michalik annulée à Castres (municipalité RN)
- Le Club des Juristes : La ministre de la Culture dénonce l'annulation de la pièce Passeport par le maire RN de Castres
- The Guardian : Far-right French mayor bans staging of Passeport play about migrant