Castres : pourquoi les boulangeries artisanales ferment les unes après les autres
En juin 2026, trois nouvelles boulangeries ont fermé à Castres. Artisans et élus pointent la hausse des coûts et la pénurie de main-d'œuvre.
Le secteur de la boulangerie artisanale traverse une crise inédite à Castres. Quatre commerces ont baissé le rideau en six mois. Gérants et syndicats alertent sur des conditions de travail devenues intenables.
L’essentiel
- Trois boulangeries ferment en juin 2026 à Castres : Luiz, l’Atelier des Saveurs et Au Coin de la Rue.
- La boulangerie Campaillette avait déjà fermé en février 2026 après liquidation judiciaire.
- Un artisan témoigne de journées de 18 heures face à la hausse des coûts et au manque de personnel.
- Les boulangeries rurales du Tarn subissent la même tendance, selon Le Tarn Libre.
Une vague de fermetures sans précédent
Depuis le début de l’année, Castres a vu disparaître plusieurs boulangeries artisanales. La dernière en date : la fermeture en juin 2026 des enseignes Luiz, l’Atelier des Saveurs et Au Coin de la Rue. Un coup dur pour les quartiers concernés, déjà fragilisés par la disparition de la boulangerie Campaillette en février dernier, après sa liquidation judiciaire intervenue fin 2025. (source La Dépêche)
En mai, c’est la boulangerie Au Pain d’Antan qui avait mis la clé sous la porte, faute de repreneur. (source Info.fr, 3 mai 2026)
Cette situation inquiète les habitants et les élus locaux. Interrogé par nos confrères de La Dépêche, un boulanger castrais confie travailler « 18 heures par jour » pour tenter de maintenir son activité.
Coûts, pénurie de main-d’œuvre : les causes multiples
Les artisans boulangers rencontrés pointent trois facteurs principaux. D’abord, la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières. « Le prix de la farine a augmenté de près de 30 % en deux ans, et l’électricité pèse lourd dans nos charges », explique un gérant. Ensuite, la difficulté à recruter des salariés qualifiés, notamment des apprentis. « Les jeunes ne veulent plus se lever à 3 heures du matin », résume un professionnel.
Enfin, les charges sociales et fiscales, jugées trop lourdes pour des marges déjà très faibles. Cette combinaison de facteurs pousse de nombreux artisans à jeter l’éponge. Le sujet a même été débattu à l’Assemblée nationale en avril 2025 (question n°3857).
Contexte dans le Tarn
Castres n’est pas un cas isolé. Dans l’ensemble du Tarn, les boulangeries rurales connaissent des difficultés similaires. Selon Le Tarn Libre (13 mai 2026), la hausse des coûts et le manque de jeunes salariés frappent durement le secteur. Agro-Media rapporte également que les boulangeries artisanales subissent une pénurie chronique de main-d’œuvre qualifiée. À titre d’exemple, la ville d’Albi, dans le même département, a connu un accident de la circulation récemment, illustrant les aléas quotidiens du territoire (lire Albi : un motard blessé et la rocade paralysée).
Le centre-ville de Castres connaît par ailleurs une vague de fermetures de commerces historiques depuis 2025, comme l’a souligné La Dépêche en novembre 2025. Les commerçants tirent la sonnette d’alarme.
Historique : une tendance qui s’accélère
Les fermetures se succèdent à un rythme soutenu. Après Campaillette en février et Au Pain d’Antan en mai, les trois nouvelles fermetures de juin portent à cinq le nombre de boulangeries ayant cessé leur activité à Castres en six mois. Un record qui inquiète la profession. La pièce de théâtre « Passeport », déprogrammée par la mairie, sera finalement jouée à Cap’Découverte le 23 janvier 2027, un autre signe des tensions locales (lire Castres : la pièce « Passeport » déprogrammée).
Les syndicats d’artisans appellent à des mesures d’urgence, notamment des aides ciblées sur l’énergie et la formation. Mais pour l’heure, aucune annonce concrète n’a été faite.
Prochaine étape : la rentrée de septembre 2026 sera scrutée de près, alors que plusieurs boulangeries sont encore en sursis.