À Caudebec-en-Caux, les agriculteurs misent sur le bio pour tenir face à la sécheresse
Dans le pays de Caux, la transition vers l'agriculture biologique s'accélère pour préserver les sols et sécuriser les récoltes face aux aléas climatiques.
Le pays de Caux ne connaît plus vraiment les étés tranquilles d'autrefois. Face à des sécheresses à répétition, des exploitants de Seine-Maritime changent de cap et se tournent vers le bio. Un choix à la fois agronomique et pragmatique.
Une ferme, soixante vaches, et 300 000 litres de lait par an vendus pour moitié en circuit local. Dans le pays de Caux, cette exploitation bio illustre, concrètement, ce que certains agriculteurs ont choisi de construire face aux étés de plus en plus secs. Pas une posture idéologique : une réponse aux conditions du terrain, selon L’Humanité.
La sécheresse de 2022 a laissé des traces. Cette année-là, les éleveurs de Seine-Maritime avaient anticipé leurs récoltes et regardé leurs pâturages se dessécher, selon France Bleu. Depuis, le mouvement vers des pratiques plus résilientes a pris de la consistance. L’agriculture biologique présente un avantage documenté : elle consomme moins d’eau et résiste mieux aux coups de chaud, selon un rapport publié par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie en 2019.
Un département encore en retrait, mais une dynamique réelle
Les chiffres restent modestes. Au 31 décembre 2023, la Seine-Maritime comptait 295 exploitations certifiées bio sur 11 732 hectares, soit 3 % de la Surface Agricole Utile départementale, selon les données de Bio Normandie. La région dans son ensemble affiche 6,7 % - près du double. L’écart est là, mais il ne fige pas l’élan.
En 2025, un collectif de maraîchers bio de Seine-Maritime s’est structuré pour mieux partager les expériences face aux aléas, selon l’Union Agricole. Retards de moisson dus à la pluie, pousse d’herbe ralentie par la canicule de juillet : les agriculteurs apprennent à composer avec une météo moins prévisible. La collecte de lait bio normande a d’ailleurs reculé de 5,2 % sur les huit premiers mois de 2025 par rapport à 2024, en partie à cause de ces épisodes caniculaires, selon l’Agence Bio.
Un levier institutionnel qui s’affirme
Les pouvoirs publics commencent à intégrer cette réalité. En mars 2026, Le Havre Seine Métropole a lancé un programme de préservation de la ressource en eau qui place les agriculteurs bio dans les aires d’alimentation de captage en tête de liste des bénéficiaires, selon la métropole. Un signal fort pour les exploitants qui hésitaient encore à franchir le pas.
La transition n’est pas sans friction. Au niveau national, le nombre de fermes bio a reculé pour la première fois en 2025, passant de 61 876 à 61 490, selon Corse Matin. Les difficultés économiques pèsent. Mais dans le pays de Caux, ceux qui ont sauté le pas semblent décidés à tenir.