Céréaliers du Cher : un fonds d’urgence de 35 millions pour traverser la crise

Les exploitants spécialisés en céréales et protéagineux peuvent bénéficier d'une aide forfaitaire allant jusqu'à 6 000 euros.

Céréaliers du Cher : un fonds d'urgence de 35 millions pour traverser la crise
Illustration Emma Girard / info.fr

Le gouvernement a ouvert en février 2026 un fonds d'urgence de 35 millions d'euros pour les céréaliers fragilisés par trois années difficiles. Dans le Cher, les demandes devaient être déposées avant le 16 mars. Un dispositif attendu à Mehun-sur-Yèvre comme ailleurs dans le département.

Trois années de résultats dégradés, des intempéries à répétition, des trésoreries dans le rouge. Pour les céréaliers et producteurs de protéagineux du Cher, l’hiver 2026 s’est ouvert sur une annonce concrète : un fonds d’urgence exceptionnel de 35 millions d’euros, mis en place par le gouvernement le 16 février 2026.

Selon la préfecture du Cher, ce dispositif cible les exploitations spécialisées ayant subi une dégradation économique cumulée sur 2023, 2024 et 2025. L’aide est forfaitaire : entre 1 000 et 6 000 euros par exploitation, selon les résultats présentés. Une enveloppe complémentaire de 5 millions d’euros est prévue pour la prise en charge de cotisations MSA en 2026, selon la préfecture de l’Eure.

Un guichet ouvert jusqu’au 16 mars

Dans le Cher, les demandes étaient à déposer via la plateforme Mes démarches simplifiées, entre le 16 février et le 16 mars 2026. Condition indispensable : fournir une attestation comptable de l’excédent brut d’exploitation (EBE) démontrant la dégradation économique. La FNSEA 18, en relayant l’annonce sur Facebook dès l’ouverture du guichet, a appelé les exploitants à se mobiliser rapidement.

Après la date de clôture, les dossiers seront examinés au niveau régional selon un système de scoring basé sur la dégradation de trésorerie et les résultats économiques, précise le site Réussir. Les aides les plus importantes iront aux situations les plus critiques.

Un contexte climatique et économique pesant

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Le contexte justifie le dispositif. Les intempéries de 2025 - orages, grêle, sécheresse - ont conduit à des reconnaissances en calamités agricoles dans plusieurs départements, dont des voisins du Cher comme le Gers. À l’échelle nationale, les événements climatiques ont coûté 5 milliards d’euros aux assureurs en 2025, selon une étude UFC-Que Choisir, plaçant l’année au 9e rang des plus coûteuses depuis 1982.

Comparé aux aides PAC 2025, plafonnées à 127,67 euros par hectare pour le paiement de base en Hexagone selon COGEP, ce fonds d’urgence cible directement les pertes conjoncturelles sur trois ans. Un calibrage différent, pensé pour les exploitations au bord du décrochage.

Les délais de dépôt étant désormais dépassés, les céréaliers de Mehun-sur-Yèvre et du reste du département attendent désormais les résultats du classement régional. Le calendrier de versement des aides n’a pas encore été communiqué par la préfecture.

Sources

Emma Girard

Emma Girard

Correspondante à Bourges, elle traite l'industrie militaire, la céramique, l'agriculture céréalière et les coupes budgétaires dans les services publics ruraux. Issue du CFJ, elle a travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Méthode : croiser les bilans d'entreprises, interroger les syndicats, vérifier les annonces de subventions, ne rien publier sans avoir confronté les versions.

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