Chalon-sur-Saône : la faim frappe plus fort, les centres sociaux débordés
Face à l'inflation persistante, les demandes d'aide alimentaire augmentent à Chalon, les familles monoparentales en première ligne.
Les services sociaux chalonnais constatent une hausse des demandes d'aide alimentaire depuis plusieurs mois. Les familles monoparentales, particulièrement exposées à la précarité, poussent les centres d'action sociale à étendre leurs distributions. Un phénomène national qui prend une dimension locale concrète.
À Chalon-sur-Saône, les centres d’action sociale enregistrent une pression croissante sur leurs dispositifs d’aide alimentaire. En cause : une inflation qui, même ralentie à 1,8 % en 2025 selon la région Bourgogne-Franche-Comté, continue de rogner le budget des ménages les plus fragiles. À l’échelle nationale, la demande auprès des banques alimentaires a bondi de 20 % en deux ans, selon les Banques Alimentaires, quand la Collecte Nationale 2025 affichait un recul de 2 % des dons collectés.
Les familles monoparentales en première ligne
À Chalon-sur-Saône, les familles monoparentales représentent 25,3 % des familles en 2022, contre 20,9 % en 2011, selon l’Insee. Une part en hausse régulière. Dans les quartiers prioritaires de la ville, ce chiffre grimpe à près de 40 %, avec un taux de pauvreté deux fois plus élevé qu’ailleurs, selon le ministère des Solidarités. Au niveau national, 41 % des enfants de ces familles vivent sous le seuil de pauvreté, pour un taux de pauvreté de 40,5 % contre 15,6 % chez les familles biparentales.
Le reste à vivre reste le marqueur le plus brutal de cette réalité. Public Sénat le résumait ainsi :
Des dispositifs sollicités au maximum
Le Grand Chalon coordonne l’aide alimentaire d’urgence sur le territoire. Son Fonds d’Agglomération aux Projets Communaux (FAPC) a alloué 650 000 € en 2023 pour 43 communes, selon le rapport d’activité 2023 de l’agglomération. En complément, la CAF de Saône-et-Loire a soutenu 3 370 familles en 2024 pour un total de près de 2 millions d’euros, soit un montant moyen de 412 € par famille, selon son rapport annuel.
Le budget primitif 2026 de la ville, adopté le 14 janvier sans hausse d’impôts, maintient les investissements dans les services sociaux selon Le Journal de Saône-et-Loire. Mais les associations restent en première ligne pour absorber la demande quotidienne. Les raisons précises de l’extension des distributions par les centres d’action sociale n’ont pas été détaillées officiellement à ce stade.
Un contexte national tendu
À l’échelle nationale, le programme « Mieux manger pour tous » prévoit 100 millions d’euros d’ici 2027 pour l’aide alimentaire durable, avec des déclinaisons locales en Bourgogne-Franche-Comté. Parallèlement, l’UNAF a déposé un recours devant le Conseil d’État contre le décalage de la majoration des allocations familiales en 2026, une mesure qui pourrait coûter jusqu’à 900 € par enfant et par an aux familles modestes selon le compte X de la CNAFC.
Prochaine étape : l’issue du recours de l’UNAF au Conseil d’État déterminera si les allocations familiales seront ou non correctement indexées, avec un impact direct sur les familles chalonnaises concernées.
Sources
- Banques Alimentaires de France : Collecte Nationale 2025 : une mobilisation record face à une précarité alimentaire continue
- INSEE : Familles à Chalon-sur-Saône – données INSEE
- CAF 71 : Rapport annuel 2024 de la CAF de Saône-et-Loire
- Le Journal de Saône-et-Loire : Conseil municipal : pas de hausse d'impôts