Chambéry : une dizaine de jeunes agressent un patient aux urgences, deux soignantes blessées
Dimanche matin, un groupe d'une dizaine de jeunes a fait irruption aux urgences du CHMS pour passer à tabac un patient. Deux soignantes ont été blessées en s'interposant.
Dimanche matin, une agression violente a eu lieu aux urgences du Centre Hospitalier Métropole Savoie (CHMS) à Chambéry. Une dizaine de jeunes en est violemment pris à un patient hospitalisé. Deux soignantes ont été blessées en tentant de le protéger. Une enquête est en cours.
L’essentiel
- Dimanche matin : une dizaine de jeunes force l’entrée des urgences du CHMS à Chambéry.
- Deux soignantes blessées : elles ont tenté de protéger un patient passé à tabac par le groupe.
- Enquête ouverte : les agresseurs ont pris la fuite, les investigations sont confiées à la gendarmerie.
Ce qui s’est passé dimanche matin
Les faits se sont déroulés aux alentours de 10 heures, dimanche 21 juin, au service des urgences du Centre Hospitalier Métropole Savoie (CHMS), situé sur les communes de Chambéry et Aix-les-Bains. Selon les informations du Dauphiné Libéré, un groupe d’une dizaine de jeunes a fait irruption de force dans l’enceinte de l’hôpital. Leur objectif : s’en prendre à un patient hospitalisé.
Les agresseurs ont rapidement localisé leur cible et l’ont violemment frappée, sous les yeux du personnel soignant et des autres patients présents. La victime, dont l’identité et l’état de santé n’ont pas été communiqués, a subi des coups répétés. Les raisons de ce déchaînement de violences ne sont pas encore connues.
Le Dauphiné Libéré décrit une « scène de chaos » dans les couloirs des urgences. Un tweet du journal, diffusé dans la foulée, confirme l’atmosphère de panique qui a régné.
Deux soignantes blessées en s’interposant
Alors que le groupe s’acharnait sur le patient, deux membres du personnel soignant sont intervenues pour tenter de mettre fin à l’agression. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, ces deux soignantes - des infirmières ou aides-soignantes - ont été blessées au cours de l’altercation. Leur état n’a pas été précisé, mais elles ont dû être prises en charge sur place.
« Elles ont payé le prix de leur courage, témoigne une source hospitalière sous couvert d’anonymat. C’est une agression d’une violence rare, qui laisse des traces. » L’incident ravive les inquiétudes du personnel médical sur la sécurité dans les services d’urgence, régulièrement confrontés à des intrusions ou des agressions venant de l’extérieur.
L’enquête en cours
Les agresseurs ont pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre. Une enquête a été ouverte par le parquet de Chambéry et confiée à la gendarmerie. Les investigations visent à identifier les auteurs de cette agression collective et à comprendre les motivations de l’attaque.
À ce stade, aucun interpellation n’a été réalisée. Les enquêteurs analysent les images de vidéosurveillance de l’hôpital et auditionnent les témoins. L’aide du public pourrait être sollicitée si les premières pistes n’aboutissent pas. La direction du CHMS n’a pas encore communiqué officiellement, mais un communiqué est attendu dans les prochains jours.
Cet événement s’inscrit dans un contexte tendu pour les personnels hospitaliers. En septembre dernier, une agression similaire avait eu lieu à l’hôpital d’Annecy, où un patient avait été poignardé dans le hall des urgences. Les syndicats de soignants réclament régulièrement des mesures de sécurité renforcées, comme la présence de vigiles 24 heures sur 24.
Contexte dans la Savoie
Le CHMS de Chambéry est le principal établissement hospitalier du département de la Savoie, avec plus de 1 000 lits et près de 4 000 employés. Il dessert une population d’environ 260 000 habitants dans l’agglomération chambérienne et les vallées environnantes. Les urgences y accueillent en moyenne 70 000 passages par an.
La Savoie n’est pas épargnée par les violences périphériques aux services de soins. En 2024, une enquête interne de l’Agence régionale de santé avait recensé 23 incidents graves dans les hôpitaux du département, allant des menaces verbales aux agressions physiques. Ce chiffre a bondi de 30 % par rapport à 2020, selon les syndicats.
L’agression de dimanche relance le débat sur la protection des soignants en milieu hospitalier. Le maire de Chambéry, Thierry Repentin, a exprimé sa « solidarité avec les victimes et le personnel soignant » dans un message sur X, appelant à une réponse pénale ferme.
Prochaine étape : l’avancée de l’enquête
Les gendarmes poursuivent leurs investigations pour retrouver les auteurs. Une conférence de presse du procureur de la République de Chambéry pourrait être organisée en début de semaine prochaine pour faire le point. En attendant, l’hôpital a renforcé sa sécurité. Des agents de sécurité privés ont été déployés devant les urgences, et l’accès au service est désormais filtré.
Le cas de ce patient agressé rappelle que la violence peut surgir à tout moment dans un lieu censé être un sanctuaire. Dans un autre registre, les tensions ne faiblissent pas non plus dans la sphère publique : signalé pour détournement de fonds publics à l’encontre de Laurent Wauquiez, ou les incidents de baignades sauvages à Mantes-la-Jolie montrent que la pression est forte sur les services publics.
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