Chambéry : un ex-professeur de la Cité des arts écroué pour corruption de mineurs
Christophe G., ancien professeur de trompette, a été mis en examen et placé en détention provisoire le 19 juin pour corruption de mineurs
L'ancien professeur de musique de la Cité des arts de Chambéry, révoqué en décembre 2025, a été placé en détention provisoire pour corruption de mineurs. Il est soupçonné d'avoir exigé des images intimes de ses élèves.
L’essentiel
- Fait 1 : Christophe G., 53 ans, a été mis en examen pour corruption de mineurs et placé en détention provisoire le 19 juin 2026.
- Fait 2 : L’enseignant avait été suspendu en août 2025 puis révoqué par la mairie de Chambéry le 19 décembre 2025.
- Fait 3 : Il est accusé d’avoir sollicité et obtenu des photos et vidéos intimes auprès de ses élèves mineurs.
- Fait 4 : Le procureur Xavier Sicot a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire. Au moins deux plaintes ont été déposées.
- Fait 5 : En 2021, une première plainte pour plaisanteries à connotation sexuelle n’avait valu qu’un simple blâme.
L’ancien professeur de trompette de la Cité des arts de Chambéry, Christophe G., a été mis en examen et placé en détention provisoire le 19 juin 2026, a confirmé le procureur de la République Xavier Sicot. Il est poursuivi pour corruption de mineurs de moins et de plus de 15 ans. L’information judiciaire fait suite à au moins deux plaintes déposées par d’anciens élèves.
Ce qui s’est passé
Selon les éléments de l’enquête, Christophe G. est soupçonné d’avoir exigé et obtenu de la part de ses élèves, mineurs à l’époque, des photos et des vidéos intimes à caractère sexuel. Les faits auraient été commis entre 2021 et 2025. Le parquet de Chambéry a ouvert une information judiciaire pour corruption de mineurs, délit passible de dix ans d’emprisonnement et d’une amende de 150 000 euros.
Le parcours de l’enseignant
Professeur titulaire à la Cité des arts, Christophe G. avait été suspendu de ses fonctions le 19 août 2025, après qu’une enquête interne a révélé les premières accusations. La mairie de Chambéry a prononcé sa révocation le 19 décembre 2025. Jusqu’alors, il enseignait la trompette et la formation musicale à des enfants et adolescents. Son départ a été acté sans publicité, mais plusieurs parents d’élèves ont depuis témoigné de leur stupeur.
Des signalements ignorés ?
L’affaire a pris une ampleur particulière après que des collègues de l’enseignant ont révélé qu’il avait déjà été interpellé par la Brigade anti-criminalité (BAC) au sein même de sa salle de classe en 2021. Cette intervention, rapportée par Le Dauphiné Libéré, n’avait donné lieu qu’à un simple blâme administratif, malgré une première plainte déposée par une élève pour des plaisanteries à connotation sexuelle. Plusieurs voix s’interrogent désormais sur la gestion de ces alertes précoces. À Bordeaux, une affaire similaire avait également suscité des critiques sur la réactivité des institutions.
Contexte dans la Savoie
Le département de la Savoie, qui compte près de 440 000 habitants, est marqué par une forte tradition culturelle. La Cité des arts de Chambéry en est l’un des piliers, accueillant des milliers d’élèves chaque année. Cette affaire, qui touche une institution municipale, a provoqué une vive émotion dans la région. Le procureur Sicot a tenu à préciser que l’enquête était menée de manière « rigoureuse et transparente ». Pour rassurer les familles, la ville de Chambéry a annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique dès le mois de janvier 2026, comme le rapporte Ouest-France.
Ce drame rappelle d’autres affaires récentes où la parole des victimes a mis du temps à être entendue. Une initiative de transparence judiciaire, comme la réunion publique organisée à Nantes, pourrait être un modèle pour rétablir la confiance. La mairie de Chambéry n’a pour l’instant pas commenté la mise en détention de l’ancien enseignant.
La procédure judiciaire en cours
Christophe G. a été présenté à un juge d’instruction le 19 juin. Il est placé en détention provisoire dans l’attente de son procès. La date d’audience n’a pas encore été fixée. L’avocat de la défense n’a pas souhaité faire de déclaration. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer le nombre exact de victimes et à exploiter le matériel informatique saisi au domicile du mis en examen. La prochaine étape judiciaire devrait être la confrontation avec les plaignants.
L’enquête se poursuit pour établir l’ensemble des faits et identifier d’éventuels autres témoins ou victimes.