Chambéry : une famille harcelée par sa propriétaire, insultes racistes et menaces de mort
À Chambéry, une famille de cinq personnes vit un calvaire depuis plusieurs semaines insultes racistes, menaces de mort, tentative d'intrusion nocturne. Plusieurs plaintes ont été déposées.
Une famille chambérienne a porté plainte à plusieurs reprises contre sa propriétaire pour harcèlement, menaces de mort et dégradations à caractère raciste. L'inscription « sale arabe » a été taguée sur leur porte. Face à la lenteur des procédures, une pétition a été lancée.
L’essentiel
- Fait 1 : Une famille de cinq personnes (parents et trois enfants) subit depuis plusieurs semaines un harcèlement de la part de sa propriétaire à Chambéry.
- Fait 2 : L’inscription raciste « sale arabe » a été taguée sur la porte de leur appartement.
- Fait 3 : La propriétaire a proféré des menaces de mort et des appels au viol, et a tenté de s’introduire chez eux en pleine nuit.
- Fait 4 : La famille a déposé plusieurs plaintes auprès de la police, mais aucune mesure d’éloignement n’a été prise à ce jour.
- Fait 5 : Une pétition en ligne a été lancée pour alerter les autorités sur l’urgence de la situation.
Des insultes racistes et des menaces répétées
Depuis plusieurs semaines, Sémi, Chedia et leurs trois enfants vivent dans la peur, dans leur logement de Chambéry. Selon Le Dauphiné Libéré, la propriétaire de l’appartement multiplie les intimidations : insultes, menaces de mort explicites visant les enfants, appels au viol. Le 10 mai dernier, le mot « sale arabe » a été tagué sur la porte d’entrée de la famille.
« Elle est devenue complètement folle », a confié Chedia au Midi Libre, décrivant des gestes de plus en plus violents. Une nuit, la propriétaire a tenté de s’introduire chez eux, forçant la serrure avec un pied-de-biche. Les voisins, alertés par le bruit, ont prévenu la police.
Le couple affirme que la propriétaire a clairement indiqué vouloir les déloger, allant jusqu’à dire qu’elle « n’avait peur de personne », rapportent plusieurs médias locaux.
Des plaintes déposées, une justice jugée trop lente
La famille a déposé plainte à deux reprises auprès du commissariat de Chambéry. Les procès-verbaux mentionnent les tags racistes, les menaces de mort et les dégradations matérielles. Pourtant, aucune interdiction d’approcher n’a été prononcée.
« On a fait tout ce qu’on pouvait, mais la justice ne bouge pas. On a peur pour nos enfants », a déclaré Sémi au Dauphiné. Face à ce sentiment d’impuissance, un proche a lancé une pétition en ligne, qui a recueilli plusieurs centaines de signatures en quelques jours. Les signataires demandent à la procureure de la République de Chambéry de prendre des mesures de protection immédiates.
Cette affaire s’ajoute à d’autres cas de harcèlement locatif signalés récemment dans la région. Dans un contexte différent, notons que des contentieux électoraux peuvent aussi traîner : le tribunal administratif a récemment annulé l’élection du maire de Maureillas-Las-Illas après un recours.
La propriétaire mise en cause nie en bloc
Contactée par Le Dauphiné Libéré, la propriétaire n’a pas souhaité s’exprimer. Selon le journal, elle aurait affirmé à ses locataires qu’elle « n’avait peur de personne » et qu’elle ferait « tout pour les faire partir ». Les voisins décrivent une personne « agressive et imprévisible ».
La famille, elle, ne demande qu’à quitter les lieux. « On veut juste partir, vivre en paix. Mais on n’a pas les moyens de trouver un autre logement rapidement », explique Chedia. Une conseillère juridique de l’association de défense des locataires de Savoie, jointe par téléphone, souligne que « le harcèlement par un propriétaire est un motif de résiliation de bail, mais les procédures prennent des mois ».
Contexte dans la Savoie
Chambéry, préfecture de la Savoie (73), compte environ 60 000 habitants. La tension locative y est forte, notamment dans le centre-ville ancien où se mêlent logements étudiants et familles. Les associations de locataires signalent une recrudescence des conflits entre propriétaires et occupants dans le département, sans qu’un chiffre officiel ne soit disponible. En 2025, la commission départementale de conciliation a traité 87 dossiers de litiges locatifs, selon le bilan annuel de la préfecture. Ce nouveau cas, particulièrement violent par son caractère raciste, suscite une vive émotion dans la ville.
La famille a reçu le soutien de plusieurs élus locaux et de l’association SOS Racisme, qui a annoncé son intention de se porter partie civile. « Ces actes sont intolérables. La loi doit s’appliquer avec fermeté », a réagi un conseiller municipal chambérien.
Pour l’heure, Sémi, Chedia et leurs enfants continuent de dormir chez des proches par crainte d’une nouvelle intrusion. La pétition en ligne, elle, continue de recueillir des signatures. La prochaine étape dépendra du parquet : soit une convocation de la propriétaire, soit une mesure d’éloignement provisoire. La famille espère une décision rapide.