Championnats d’Europe VTT : la France mise sur ses jeunes
Monteceneri accueille 350 athlètes du 30 juillet au 2 août
À Monteceneri, la sélection française privilégie juniors et espoirs. Les cadres sont réservés pour les Mondiaux de Val di Sole.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Hiérarchie des compétitions
L'Europe ne fait plus le poids face aux Championnats du monde. Les nations européennes utilisent Monteceneri comme préparation, pas comme objectif principal.
Visibilité médiatique limitée
Seules les épreuves élites du dimanche seront diffusées sur la chaîne L'Équipe. Le reste de la compétition restera confidentiel.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 350 athlètes de 33 nations s'affrontent à Monteceneri du 30 juillet au 2 août.
- La France aligne 17 coureurs, dont une majorité de juniors et espoirs.
- Les cadres français préparent les Mondiaux de Val di Sole prévus fin août.
- Diffusion des épreuves élites du dimanche 2 août sur la chaîne L'Équipe.
Jeudi 30 juillet - premier coup de pédale. Monteceneri - canton du Tessin, 350 athlètes de 33 nations s’alignent pour les Championnats d’Europe VTT XCO. La France y envoie 17 coureurs. Aucun cadre élite féminin. Chez les hommes, un seul: Joshua Dubau.
Le reste de la sélection? Des juniors, des espoirs. Lucas Teste - Nathan Cornillon - Alix André-Gallis - Romain Debord - Naël Rouffiac. Yvan Clolus - l’entraîneur national, assume le pari: faire rouler la jeune garde sur un circuit exigeant, avant les échéances internationales majeures de cet été. La Coupe du monde aux Gets suit, du 20 au 23 août. Puis les Championnats du monde à Val di Sole, fin août. Là, les cadres seront alignés.
Un circuit helvète rodé
Monteceneri connaît l’exercice. Le site a déjà organisé l’édition 2020 des Championnats d’Europe, compétition créée en 1989. Quatre jours de course: Cross-Country Short Track jeudi - relais par équipes mixte vendredi - finales juniors et U23 hommes samedi - finales femmes U23 et élites dimanche.
Côté plateau, les Suisses jouent à domicile. Filippo Colombo fait figure de favori chez les hommes. Face à lui, le Français Victor Koretzky - le Britannique Charlie Aldridge - le Danois Simon Andreassen et le Suisse Mathias Flückiger.
Chez les femmes, la Suédoise Jenny Rissveds - tenante du titre, affronte la Suissesse Alessandra Keller - championne du monde Short Track 2025. Sina Frei - Nicole Koller et l’Italienne Valentina Corvi complètent le cercle des prétendantes.
L’Espagne et la Belgique alignent leurs forces
La France n’est pas seule à rajeunir. L’Espagne envoie 15 coureurs - la Belgique 8. Les nations européennes testent leurs jeunes pousses avant les grands rendez-vous de fin d’été.
Enrico Della Casa - président de l’UEC, salue l’importance de l’événement dans le calendrier international. Mais cette édition révèle une hiérarchie que plusieurs fédérations assument désormais ouvertement.
Ce que la sélection française révèle
La composition de l’équipe tricolore dit une chose simple: les Championnats d’Europe ne sont plus la priorité. Les cadres visent les Mondiaux. Cette édition sert de galop d’essai pour les espoirs. Lucas Teste - identifié par Clolus comme un futur cadre de la discipline, aura l’occasion de rouler face aux meilleurs Européens de sa génération.
Ce choix révèle une hiérarchie: Val di Sole compte plus que Monteceneri. Les médailles européennes passent après les médailles mondiales. Cette stratégie de priorisation n’est pas nouvelle dans le cyclisme français, mais elle s’affiche rarement aussi clairement dans les sélections officielles.
Monteceneri complète cette montée en puissance. Les Mondiaux de Val di Sole sont dans un mois.
Une visibilité médiatique en demi-teinte
Seules les épreuves élites du dimanche 2 août seront diffusées sur la chaîne L’Équipe. Le reste de la compétition (Short Track, relais, finales juniors et U23) restera invisible pour le grand public français. Cette couverture partielle contraste avec l’exposition massive dont bénéficient les Championnats du monde, diffusés en direct sur plusieurs continents et relayés par les grandes chaînes sportives internationales.
En plein cœur de l’été, les Championnats d’Europe de VTT doivent composer avec la saturation de l’espace médiatique: fin du Tour de France, préparation de la rentrée du football, JO ou Coupes du monde selon les années. Le VTT, discipline de niche même dans les pays alpins, peine à capter l’attention en dehors des rendez-vous mondiaux. L’absence de diffuseur principal paneuropéen accentue cette marginalisation. Pour les fédérations nationales, l’équation est simple: investir dans la communication d’un événement européen rapporte peu, surtout quand les cadres sont absents.
Cette faible exposition explique aussi pourquoi les nations européennes utilisent désormais Monteceneri comme banc d’essai plutôt que comme vitrine. La hiérarchie des compétitions se lit dans celle des audiences.