Charente : 10 interdictions de paraître prononcées par le préfet contre le narcotrafic
Le préfet Jérôme Harnois a activé la loi du 13 juin 2025 pour éloigner des trafiquants de points de deal sans passer par un juge
Le préfet de la Charente a prononcé dix interdictions administratives de paraître le 13 juin 2026, un an jour pour jour après la promulgation de la loi contre le narcotrafic. Ces mesures s'inscrivent dans une vague coordonnée touchant plusieurs départements le même jour.
L’essentiel
- 10 interdictions : prononcées le 13 juin 2026 par le préfet de la Charente Jérôme Harnois contre des personnes impliquées dans le narcotrafic.
- Loi n° 2025-532 : promulguée le 13 juin 2025, elle autorise le préfet à agir sans intervention judiciaire préalable, pour une durée maximale d’un mois par mesure.
- Sanction en cas de violation : jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende.
- Bilan national : plus de 1 682 interdictions de paraître prononcées depuis l’entrée en vigueur de la loi (début 2026).
- Même jour : la Charente-Maritime a pris 16 interdictions, 1 fermeture de commerce et 7 expulsions locatives ; la Vendée, 20 interdictions.
Ce qui s’est passé le 13 juin 2026
Le préfet de la Charente, Jérôme Harnois, a prononcé dix interdictions administratives de paraître à l’encontre de personnes impliquées dans le narcotrafic. L’annonce a été faite sur le compte officiel de la préfecture sur X.
Ces mesures visent à éloigner trafiquants et « petites mains » des points de deal identifiés sur le territoire départemental. Aucune commune précise ni profil détaillé n’ont été communiqués dans l’annonce officielle de la préfecture.
Un outil administratif sans passage par le juge
La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, dite loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », constitue le fondement juridique de ces décisions. Elle a été validée par le Conseil constitutionnel le 12 juin 2025 (décision n° 2025-885 DC).
Son principe : le préfet peut prononcer une interdiction de paraître sur un périmètre défini autour d’un point de deal, pour une durée maximale d’un mois, sans saisine préalable d’un juge. En cas de non-respect, la personne visée risque jusqu’à six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende, selon la loi telle que rapportée par Charente Libre.
Jérôme Harnois est préfet de la Charente depuis le 19 août 2024, selon le site de la préfecture.
Une vague coordonnée dans plusieurs départements
Le 13 juin 2026 marque le premier anniversaire de la loi. Plusieurs préfets ont activé ces pouvoirs le même jour.
En Charente-Maritime, le préfet a prononcé 16 interdictions de paraître, ordonné la fermeture d’un commerce et procédé à sept expulsions locatives, selon le compte officiel @Prefet17. En Vendée, 20 interdictions ont été prononcées le même jour, selon @PrefetVendee. Cette action coordonnée illustre une mobilisation simultanée à l’échelle interrégionale. Pour un autre exemple d’opération de sécurité publique d’ampleur, les Alpes-Maritimes ont de leur côté procédé à 10 interpellations et saisi 1,475 M€ dans un réseau criminel international.
Précédents locaux : Angoulême et Soyaux avant cette vague
La Charente n’en est pas à sa première application de la loi. En octobre 2025, trois interdictions de paraître avaient été prononcées à Angoulême, dans le secteur de la Grande-Garenne, selon Charente Libre. En décembre 2025, deux nouvelles mesures avaient visé Soyaux, selon actu.fr.
Ces dix nouvelles décisions portent donc à au moins quinze le nombre d’interdictions prononcées dans le département depuis l’entrée en vigueur du texte, en incluant les seuls précédents documentés.
Par ailleurs, le préfet Harnois a présenté un plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ), structuré autour de six axes, selon la préfecture de la Charente.
Contexte dans la Charente
La Charente compte 351 603 habitants selon le recensement INSEE 2022. Le département, dont Angoulême est la préfecture, a connu ces dernières années une montée en visibilité des problématiques liées aux points de deal dans plusieurs quartiers de l’agglomération angoumoisine et des communes limitrophes comme Soyaux.
Au niveau national, plus de 1 682 interdictions de paraître ont été prononcées depuis l’entrée en vigueur de la loi, selon un bilan de la Banque des Territoires établi début 2026. La Charente reste en deçà des volumes enregistrés dans certains départements plus peuplés, mais le rythme des décisions s’est accéléré depuis l’automne 2025.
La préfecture n’a pas précisé, à ce stade, les communes concernées par les dix nouvelles mesures ni le délai dans lequel un bilan de leur application sera communiqué.
Sources
- Préfecture de la Charente (@Prefet16) : Annonce officielle du préfet de la Charente – 10 interdictions de paraître
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Charente Libre : À Angoulême, le préfet interdit à trois personnes de paraître sur des points de deal
- Banque des Territoires : Application de la loi de lutte contre le narcotrafic
