Charente : après la crise budgétaire, le département bascule à droite

Jérôme Sourisseau élu président en septembre 2025, le département tente de tourner la page d'une année de turbulences politiques et financières.

Charente : après la crise budgétaire, le département bascule à droite
Illustration Mathilde Delpech / info.fr

Placé sous tutelle préfectorale au printemps 2025 après trois échecs à voter son budget, le conseil départemental de la Charente a changé de majorité. Un centriste modéré préside désormais un territoire de 350 000 habitants, avec la sénatrice socialiste dissidente à ses côtés.

Le 23 avril 2025, le préfet Jérôme Harnois saisissait la Chambre Régionale des Comptes pour qu’elle élabore un budget intérimaire. Le département de la Charente, incapable d’adopter son budget de 615 millions d’euros après trois votes successifs infructueux, perdait temporairement ses prérogatives budgétaires. Une première dans l’histoire récente du territoire, couverte jusqu’aux colonnes du Monde et aux antennes de TF1.

Une majorité de gauche fracturée de l’intérieur

La crise avait une origine précise : la scission de six élus de gauche, dont la sénatrice PS Nicole Bonnefoy, au sein de la majorité conduite par Philippe Bouty. Ce dernier avait pourtant arraché la présidence en 2021 avec un écart d’une seule voix face à la droite sortante, selon les données des élections départementales. Les désaccords portaient sur les dépenses sociales et les investissements, dans un contexte de capacité d’autofinancement projetée en négatif, selon TF1 Info et Maire-Info.

Face à l’impasse, Philippe Bouty a démissionné fin avril 2025. Le département s’est retrouvé sans majorité stable pendant plusieurs mois, selon France Bleu Charente.

Sourisseau de retour, Bonnefoy dans l’équation

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Le 16 septembre 2025, Jérôme Sourisseau a été élu président du conseil départemental. Centriste modéré, il avait déjà occupé ce fauteuil en 2020-2021 avant la victoire de Bouty. Son retour s’est fait avec une majorité qualifiée de fragile par France Bleu Charente.

La particularité de cette nouvelle configuration : Nicole Bonnefoy, figure de la dissidence socialiste qui avait contribué à faire tomber la majorité de gauche, co-préside le département aux côtés de Sourisseau. En décembre 2025, les deux élus ont signé une charte de gouvernance destinée à formaliser leur collaboration, selon le Charente Libre.

Le résultat est lisible dans les chiffres : le budget primitif 2026 a été adopté le 6 février avec seulement deux voix contre, selon le Charente Libre. Loin des blocages de l’année précédente.

Un retournement qui a sa propre histoire

La Charente avait basculé à gauche en 2015, mettant fin à dix-sept ans de gestion de droite. En 2021, la gauche consolidait cette position, d’une voix. Dix ans plus tard, c’est la division interne qui a rendu le pouvoir à une majorité centriste-droite, sans élection intermédiaire.

Cette alternance par implosion plutôt que par les urnes reste une singularité politique notable pour un département rural de Nouvelle-Aquitaine.

Prochaine étape : la séance plénière du 16 juin 2026, consacrée au vote du compte administratif 2025 et à la première décision modificative du budget 2026, selon le site officiel du département. Ce sera le premier vrai bilan comptable de l’année de crise, soumis au vote des élus.

Sources

Mathilde Delpech

Mathilde Delpech

Basée à Angoulême, elle couvre le festival de la BD, les restructurations dans la papeterie, l'agriculture cognacaise et les débats sur la rocade nord. Formée à l'IUT info-com de Tours, elle a commencé en radio locale. Ligne éditoriale : multiplier les sources, vérifier les budgets culturels, ne jamais se contenter des dossiers de presse officiels.

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