Charolaise en Mayenne : le retour d’une race face aux défis de l’eau et de l’emploi
Le journal Agri53 consacre sa une au regain de la Charolaise en Mayenne, tout en alertant sur la sécheresse d'avril et les tensions dans l'emploi agricole.
La race Charolaise repart de l'avant en Mayenne en 2026, portée par une association redynamisée et des éleveurs de nouveau mobilisés. Dans le même numéro d'Agri53, la FDSEA 53 tire la sonnette d'alarme sur la situation hydrique après un mois d'avril sec, et l'ANEFA Mayenne pointe un taux de départ préoccupant chez les salariés agricoles.
La race Charolaise repart de l’avant en Mayenne en 2026, portée par une association redynamisée et des éleveurs de nouveau mobilisés. Dans le même numéro d’Agri53, la FDSEA 53 tire la sonnette d’alarme sur la situation hydrique après un mois d’avril sec, et l’ANEFA Mayenne pointe un taux de départ préoccupant chez les salariés agricoles.
L’essentiel
- Regain : La race Charolaise connaît un nouvel élan en Mayenne en 2026, avec réunions d’éleveurs relancées et association locale redynamisée, selon Agri53.
- Sécheresse : Avril 2026 a été particulièrement sec en Mayenne ; les agriculteurs réclamaient au moins 20 mm de pluie pour les semis de maïs, selon ICI Mayenne.
- Emploi : 40 % des salariés agricoles mayennais quittent leur poste en moins de deux ans, selon des données rapportées par Agri53 et l’ANEFA Mayenne.
- Chasse : Le nouveau schéma départemental de gestion cynégétique 2026-2032 a été lancé officiellement le 12 mai 2026 en préfecture, après consultation publique du 4 février au 26 mars.
- Cheptel : Le cheptel bovin mayennais s’établissait à 519 400 têtes fin 2024, en baisse par rapport aux 528 200 têtes de fin 2023, selon l’INSEE.
La Charolaise retrouve ses éleveurs
La race Charolaise fait son retour en grâce dans les élevages mayennais. Selon Agri53, l’association locale s’est redynamisée et des réunions entre éleveurs se remettent en place, marquant un tournant en 2026. La race est appréciée pour ses caractéristiques rustiques, sa docilité et son adaptation aux systèmes herbagers, qualités qui correspondent au climat du département.
Ce regain intervient dans un contexte de baisse du cheptel bovin global. L’INSEE recense 519 400 têtes de bovins en Mayenne fin 2024, contre 528 200 un an plus tôt. La Charolaise, race à viande, pourrait représenter une alternative ou un complément aux races laitières dominantes dans le département. Les raisons précises de ce retour d’intérêt n’ont pas été détaillées par Agri53 au-delà des qualités intrinsèques de la race.
Situation hydrique : un avril sec qui inquiète la FDSEA
Le conseil d’administration de la FDSEA 53 s’est réuni le 11 mai 2026 pour faire le point sur la situation de l’eau dans le département. Éric Plessis est intervenu lors de cette séance pour alerter sur les conséquences d’un mois d’avril particulièrement sec.
Selon ICI Mayenne, les agriculteurs réclamaient alors au moins 20 millimètres de pluie rapidement pour sauver les semis de maïs. La sécheresse de printemps fragilise les cultures annuelles et rouvre le débat sur la gestion des ressources en eau à l’échelle du département.
Du côté réglementaire, le projet d’arrêté cadre sécheresse de la Mayenne pour 2026 est en consultation à la préfecture. Ce texte actualise l’arrêté signé le 20 avril 2023 et modifié le 17 juin 2025. Les restrictions d’irrigation qui pourraient en découler restent à définir selon l’évolution des niveaux des cours d’eau et des nappes. Sur d’autres dossiers agricoles en France, les tensions entre monde agricole et administration préfectorale restent vives en 2026.
Un nouveau schéma cynégétique pour six ans
Le 12 mai 2026, la préfète de la Mayenne et la Fédération départementale des chasseurs (FC Chasse 53) ont officiellement lancé le nouveau schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC), qui couvre la période 2026-2032. Ce document cadre la pratique de la chasse et vise à équilibrer prélèvements cynégétiques et biodiversité sur six ans.
Le projet avait été soumis à consultation publique du 4 février au 26 mars 2026, selon la préfecture de la Mayenne. La synthèse de cette consultation et les modalités d’application du schéma restent à préciser dans les prochaines semaines. La démarche implique directement l’État et les représentants des chasseurs locaux, dans un département où la chasse occupe une place importante dans la gestion des espaces ruraux.
L’ANEFA alerte sur la fidélisation des salariés agricoles
L’assemblée générale 2026 de l’ANEFA Mayenne a mis en avant une donnée préoccupante : 40 % des salariés agricoles du département quittent leur poste en moins de deux ans, selon des chiffres rapportés par Agri53. L’association paritaire, créée en 1994 et cogérée par représentants des employeurs et salariés, a organisé une table ronde sur la relation employeur-salarié.
Fidélisation, confiance et autonomie ont été identifiés comme les trois piliers pour retenir les salariés. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte de tension structurelle sur la main-d’œuvre agricole, secteur confronté à des problèmes de recrutement dans l’ensemble des départements ruraux. La question de l’attractivité des métiers en milieu rural dépasse le seul secteur agricole.
Contexte dans la Mayenne
La Mayenne est l’un des départements les plus agricoles des Pays de la Loire. L’élevage bovin y est dominant, avec un cheptel de 519 400 têtes recensé par l’INSEE fin 2024. Les exploitations laitières constituent le socle historique de l’économie agricole mayennaise, mais les races à viande comme la Charolaise trouvent leur place dans les systèmes herbagers du territoire.
La question de l’eau est structurelle dans ce département : les agriculteurs mayennais avaient déjà livré leurs revendications sur la gestion de l’eau à la préfecture de Laval, selon Ouest-France. Le retour de sécheresses printanières fragilise l’équilibre entre besoins d’irrigation et maintien des débits. La préfète avait par ailleurs qualifié 2026 d’année « prioritairement agricole » lors d’un conseil début janvier, selon des échanges relayés par Agri53 sur les réseaux sociaux. Le département suit par ailleurs de près les politiques de soutien aux éleveurs dans d’autres territoires français.
Ce qu’il faut surveiller
Trois dossiers sont à suivre dans les semaines à venir : l’évolution de la situation hydrique et les éventuelles restrictions d’irrigation liées à l’arrêté cadre sécheresse 2026 en cours de consultation, la mise en application du schéma cynégétique 2026-2032 après sa validation officielle du 12 mai, et les suites données par l’ANEFA Mayenne aux recommandations issues de son assemblée générale sur l’emploi agricole.
Sources
- Agri53 : Mayenne. La race Charolaise repart de l'avant
- Préfecture de la Mayenne : Projet de schéma départemental de gestion cynégétique de la Mayenne 2026-2032
- ICI Mayenne : Il nous faudrait une vingtaine de millimètres rapidement : les agriculteurs attendent la pluie en Mayenne
- INSEE : Cheptel bovin en Mayenne – série statistique