Chartres : Vergne refuse l’hommage à Lemoine, le débat sur les noms de rues rouvre
Le maire de Chartres annule une décision d'octobre 2025 qui prévoyait de renommer une avenue en hommage à l'ancien édile socialiste.
Élu en 2026, Ladislas Vergne a refusé de donner le nom de Georges Lemoine à une artère de Chartres. Une décision qui annule un vote du précédent conseil municipal et ravive de vieilles querelles politiques sur la mémoire des élus.
Élu en mars 2026 avec 51,08 % des voix, Ladislas Vergne a décidé en mai de ne pas appliquer le renommage de l’avenue du Faubourg-la-Grappe en avenue Georges-Lemoine. Ce vote avait pourtant été approuvé en octobre 2025 par le conseil municipal sortant, quelques mois après la mort de l’ancien maire socialiste, décédé le 25 juillet 2025 à 91 ans.
L’essentiel
- Décision annulée : le maire Ladislas Vergne refuse en mai 2026 de renommer l’avenue du Faubourg-la-Grappe en avenue Georges-Lemoine.
- Vote initial : le conseil municipal précédent avait approuvé ce renommage en octobre 2025, quelques mois après le décès de l’ancien édile.
- Georges Lemoine : maire PS de Chartres de 1977 à 1998 (21 ans), secrétaire d’État sous Mitterrand de 1981 à 1986, décédé le 25 juillet 2025 à 91 ans.
- Pétition : des habitants du quartier s’étaient déjà opposés au changement de nom en 2025, selon mypetition.org.
- Précédent local : en 2001, Jean-Pierre Gorges avait débaptisé la place des Halles François-Mitterrand peu après son élection.
Un vote d’octobre 2025 passé à la trappe
En octobre 2025, sous la majorité dirigée par Jean-Pierre Gorges, le conseil municipal avait approuvé plusieurs hommages à des figures chartraines. L’avenue du Faubourg-la-Grappe devait devenir l’avenue Georges-Lemoine. D’autres décisions du même paquet incluaient le baptême d’une passerelle Guy-Nicot et d’une rue Jean-Moulin, selon L’Écho Républicain.
Ce vote intervenait deux mois seulement après la mort de Lemoine, décédé le 25 juillet 2025. La démarche n’avait pas fait l’unanimité : une pétition d’habitants opposés au changement de nom du Faubourg-la-Grappe avait circulé dès 2025.
Ladislas Vergne, élu en 2026, a choisi de ne pas donner suite. La décision est rapportée par L’Écho Républicain, qui la signale sur X :
Vergne avait pourtant salué la mémoire de Lemoine
En juillet 2025, à l’annonce du décès, l’actuel maire - alors opposant - avait publié un message sur X :
Ce message évoquait 21 ans de mandats chartrains et promettait d’honorer sa mémoire. Le refus de mai 2026 contraste avec ces déclarations. Aucune explication publique détaillée de la mairie n’a été communiquée à ce stade.
Contexte dans l’Eure-et-Loir
Chartres, préfecture de l’Eure-et-Loir avec environ 38 000 habitants selon l’INSEE (données 2023), a une histoire politique marquée par des alternances nettes entre gauche et droite. Georges Lemoine, né le 20 juin 1934 à Rouen, avait été élu maire au premier tour en 1977, réélu en 1983 et 1989, avant d’être remplacé par Jean-Louis Guillain en 1998 après une tentative pour un quatrième mandat, selon Wikipedia et Le Monde. Il avait également exercé comme secrétaire d’État aux Départements et aux Territoires d’outre-mer de 1981 à 1986 sous François Mitterrand.
Ce type de débat sur la mémoire des élus via les noms de rues n’est pas nouveau à Chartres. Un changement de nom de rue peut cristalliser des tensions bien au-delà du simple acte administratif, comme d’autres communes de la région Centre-Val de Loire l’ont expérimenté.
L’histoire se répète : 2001, 2011, 2026
L’épisode actuel s’inscrit dans un feuilleton local bien documenté. En 2001, Jean-Pierre Gorges, à peine élu, avait débaptisé la place des Halles François-Mitterrand pour lui redonner son nom historique de place des Halles, selon L’Écho Républicain. Un geste qui avait alors irrité les élus de gauche.
En 2011, le même Jean-Pierre Gorges avait cette fois baptisé une avenue reliant Beaulieu à Chartres du nom de François-Mitterrand - décision qui avait agacé Georges Lemoine, alors retraité, toujours d’après L’Écho Républicain. La valeur symbolique d’un nom de rue oscille ainsi selon les majorités municipales.
En 2026, c’est donc au tour de Lemoine lui-même d’être au cœur du débat, à titre posthume. Le parallèle avec 2001 est explicitement tracé par le média local, qui titre : « Quand l’histoire se répète un peu ».
Aucune prochaine étape annoncée
À ce stade, la mairie de Chartres n’a pas indiqué si un autre hommage à Georges Lemoine était envisagé, ni si le sort des autres décisions d’octobre 2025 - passerelle Guy-Nicot et rue Jean-Moulin - serait lui aussi réexaminé. Les décisions de ce conseil municipal restent à confirmer officiellement.
Sources
- L'Écho Républicain : Changement de nom de rues à Chartres : quand l'histoire se répète un peu
- L'Écho Républicain : Jean Moulin, Georges Lemoine et Guy Nicot ces trois figures de Chartres deviendront des noms de rues et d'une passerelle
- Le Monde : Georges Lemoine, ancien ministre et ex-maire de Chartres, est mort à l'âge de 91 ans
- Wikipédia : Georges Lemoine (homme politique)