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Cheval qui broute : comportement naturel et gestion pratique

7 min
Facile
7 étapes
28 décembre 2025
Cheval qui broute : comportement naturel et gestion pratique
Illustration : Cheval qui broute : comportement naturel et gestion pratique © info.fr
Rédigé par L'équipe de la rédaction
Mis à jour le 28 décembre 2025
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En bref

Un cheval qui broute exprime son comportement alimentaire naturel d'herbivore. Il peut ingérer jusqu'à 50 kg d'herbe fraîche par jour et a besoin de brouter pour maintenir son équilibre digestif, user ses dents et réduire son stress.

Le broutage est l'activité principale du cheval : en liberté, il consacre 15 à 16 heures par jour à se nourrir d'herbe. Ce comportement naturel et instinctif peut poser des défis lors des balades ou du travail monté, mais il reste essentiel à son bien-être physique et mental.

Les étapes à suivre

Étape 1 : Pourquoi le cheval broute autant

Le broutage est un comportement inné chez le cheval, herbivore non ruminant dont le système digestif est conçu pour ingérer de petites quantités de nourriture en continu. À l'état naturel, les chevaux passent 15 à 16 heures par jour à brouter, soit environ 60% de leur temps. Cette activité répond à plusieurs besoins fondamentaux : l'alimentation bien sûr, mais aussi l'usure naturelle des dents qui poussent en continu, et la stimulation du transit intestinal. Le cheval possède un petit estomac qui ne lui permet pas de stocker de grandes quantités d'aliments, d'où ce besoin de manger régulièrement. Un cheval au pré peut consommer entre 50 kg d'herbe fraîche par jour pour un cheval de selle de 550 kg, ce qui représente une capacité d'ingestion impressionnante.

💡 Observez votre cheval brouter : sa manière de sélectionner l'herbe révèle son caractère et son état de confiance.

Étape 2 : Les besoins nutritionnels au pâturage

L'herbe constitue l'aliment naturel du cheval et peut couvrir 40 à 90% de ses besoins nutritionnels annuels selon la race et l'activité. Au printemps, l'herbe est particulièrement riche en énergie, avec environ 0,13 UFC par kg d'herbe fraîche. Un cheval au pré en continu peut ainsi ingérer 6 à 7 UFC par jour, alors que ses besoins d'entretien ne sont que de 4 UFC. Cette richesse explique pourquoi certains chevaux prennent rapidement du poids au printemps. La surface nécessaire est d'au minimum un demi-hectare par cheval pour assurer une alimentation suffisante. L'herbe apporte des fibres essentielles, des protéines végétales, des minéraux et des vitamines, mais sa qualité varie selon les saisons et nécessite parfois des compléments alimentaires en hiver.

💡 Prévoyez une mise à l'herbe progressive au printemps, en commençant par 1 à 2 heures dans les prairies les moins riches.

Étape 3 : Le comportement de broutage décrypté

Chaque cheval a sa propre manière de brouter qui révèle sa personnalité. Le cheval utilise sa lèvre supérieure très sensible pour pousser les brins d'herbe inintéressants et sélectionner ses préférés, qu'il coupe délicatement d'un coup de dent à la racine. Les chevaux coupent l'herbe à un ou deux centimètres au-dessus du sol, contrairement aux vaches qui laissent plus de hauteur. Cette sélectivité crée des zones de refus dans les pâturages, où l'herbe souillée par les déjections n'est pas consommée. Le broutage a également un effet relaxant : l'acte de mastiquer libère des endorphines, les hormones du bien-être, ce qui réduit le stress et l'ennui. Les chevaux préfèrent souvent les feuillages et rameaux d'arbres aux plantes herbacées, et apprécient particulièrement les feuilles de frêne, aubépine ou prunellier.

💡 Proposez des branches d'arbres autorisés (frêne, saule, noisetier) pour enrichir l'alimentation de votre cheval.

Étape 4 : Gérer le broutage en balade et au travail

Un cheval qui s'arrête constamment pour brouter pendant une balade ou une séance de travail peut devenir problématique. Ce comportement naturel interrompt la concentration et peut poser des problèmes de sécurité. La solution consiste à délimiter clairement les moments de travail et les moments de repos. Autorisez des pauses spécifiques où le cheval peut brouter, mais ces moments doivent être décidés par vous. Utilisez des aides comme des rênes légèrement plus courtes pour empêcher le cheval de baisser la tête facilement. La cohérence est essentielle : si vous cédez une fois, le cheval apprendra que ce comportement est acceptable. Vous pouvez également utiliser le broutage comme récompense après un effort, transformant ainsi ce qui était un problème en outil de motivation positif.

💡 Donnez une bonne ration de foin avant la sortie pour satisfaire les besoins alimentaires et limiter l'envie de brouter.

Étape 5 : Adapter l'alimentation selon les saisons

La gestion du pâturage doit s'adapter aux saisons. Au printemps, l'herbe riche en fructanes peut représenter un danger pour les chevaux sensibles, provoquant fourbures ou troubles métaboliques. Il est recommandé de limiter l'accès au pâturage à quelques heures par jour et de privilégier le pâturage nocturne, car la production de sucres est plus importante en journée. En hiver, l'herbe se fait rare et perd sa valeur nutritive avec le froid. Il faut alors compléter la ration avec du foin de qualité, à raison d'environ 10 kg de foin de prairie par jour pour remplacer une journée d'herbe de printemps. Les besoins énergétiques augmentent de 10% entre 0 et -10°C. Un aliment riche en énergie et en matières grasses doit être distribué quotidiennement pour compenser le manque d'herbe.

💡 Surveillez l'état corporel de votre cheval en hiver : mieux vaut aborder cette saison avec une légère surcharge pondérale.

Étape 6 : Optimiser la gestion de la prairie

Une prairie bien gérée assure une alimentation équilibrée tout au long de l'année. Le pâturage tournant est préférable au pâturage continu pour maintenir une herbe jeune et appétente. L'entrée dans la parcelle doit se faire quand l'herbe atteint 7 à 10 cm de hauteur, et la sortie lorsqu'elle descend à environ 5 cm. Si l'herbe descend en dessous de 3 cm, le temps de broutage peut monter jusqu'à 19 heures par jour, ce qui n'est pas souhaitable pour la pérennité de la prairie. On estime qu'un hectare de prairie produit 8 tonnes de matières sèches, avec environ 30% de refus, soit 5,6 tonnes utilisables. Le chargement moyen recommandé est de 2 chevaux par hectare, pouvant varier de 1 à 2,5 selon les régions et la qualité de la prairie.

💡 Divisez votre prairie en parcelles et pratiquez le pâturage tournant pour optimiser la qualité de l'herbe.

Étape 7 : Prévenir les risques sanitaires

Le broutage comporte certains risques qu'il faut surveiller. Une alimentation entièrement constituée d'herbe peut entraîner des coliques, notamment par l'ingestion de plantes toxiques comme les boutons d'or qui apparaissent en cas de surpâturage. Les bactéries présentes dans les crottins peuvent contaminer l'herbe environnante, d'où l'importance d'un entretien régulier du pré. L'herbe devient particulièrement dangereuse par temps de gel ou de forte chaleur, car le taux de fructanes grimpe rapidement. Après fertilisation d'une prairie, il faut respecter un délai de 7 à 14 jours avant d'y laisser brouter les chevaux. Pour les chevaux sensibles ou sujets aux fourbures, l'utilisation d'un panier peut être nécessaire pour limiter l'ingestion tout en permettant un grignotage. Un vermifuge raisonné et une surveillance régulière complètent la prévention.

💡 Entretenez régulièrement votre pré en éliminant les plantes toxiques et en ramassant les crottins dans les zones de broutage.

💡 Conseils et astuces

  • Laissez votre cheval brouter au minimum 12 heures par jour s'il est au pré en continu pour respecter son comportement naturel
  • Assurez une transition progressive lors de la mise à l'herbe au printemps pour éviter les troubles digestifs
  • Utilisez le broutage comme récompense lors du travail monté plutôt que de le combattre systématiquement
  • Surveillez la qualité de l'herbe et adaptez le temps de pâturage selon la richesse de la prairie et la saison
  • Complétez l'alimentation avec du foin de qualité en hiver, à raison de 10 à 14 kg par jour selon le poids du cheval
  • Pratiquez le pâturage tournant pour maintenir une herbe de qualité et limiter les zones de refus

❓ Questions fréquentes

Combien de temps un cheval doit-il brouter par jour ?

Un cheval au pré en continu broute naturellement entre 12 et 17 heures par jour. Ce temps peut monter jusqu'à 19 heures si l'herbe est rase et peu disponible. Ce comportement est essentiel à son équilibre digestif et mental.

Quelle quantité d'herbe un cheval mange-t-il quotidiennement ?

Un cheval de selle de 550 kg consomme en moyenne 50 kg d'herbe fraîche par jour au pâturage, soit environ 3 kg par heure de broutage. Les poneys sont encore plus voraces avec des capacités dépassant 5% de leur poids vif.

Comment empêcher mon cheval de brouter pendant les balades ?

Ne cherchez pas à l'empêcher totalement, mais apprenez-lui à distinguer les moments de travail et de repos. Gardez des rênes légèrement plus courtes, soyez cohérent dans vos corrections, et autorisez des pauses broutage comme récompense après un effort.

Le broutage au printemps est-il dangereux pour mon cheval ?

L'herbe de printemps est très riche en sucres et en fructanes, pouvant provoquer des fourbures ou des troubles métaboliques chez les chevaux sensibles. Limitez l'accès à quelques heures par jour et privilégiez le pâturage nocturne où la teneur en sucres est plus faible.

Quelle surface de prairie faut-il par cheval ?

Il faut prévoir au minimum un demi-hectare par cheval si la prairie est la seule source de nourriture. Le chargement moyen recommandé est de 2 chevaux par hectare, pouvant varier de 1 à 2,5 selon la région et la qualité de l'herbe.

📚 Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :

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