Chèvre et chien noyés dans un bassin-piège à Eurocentre : la mairie de Toulouse ordonne des mesures urgentes
Deux animaux retrouvés morts dans un bassin de rétention aux parois abruptes de la zone logistique, des clôtures défaillantes en cause selon les riverains
Une chèvre et un chien ont été retrouvés noyés dans un bassin de rétention de la zone d'activité Eurocentre, au nord-est de Toulouse, le 1er mai 2026. Les riverains réclament une sécurisation d'urgence du site. La mairie a saisi la police municipale et ordonné la fermeture immédiate.
Une chèvre et un chien ont été retrouvés morts noyés dans un bassin de rétention d’eau de la zone d’activité Eurocentre, près du jardin communal de Fongastou, au nord-est de Toulouse. L’incident, rapporté le 1er mai 2026 par La Dépêche du Midi, a déclenché la colère des riverains et une intervention municipale rapide.
L’essentiel
- Deux animaux morts : une chèvre et un chien retrouvés noyés dans un bassin de rétention de la zone Eurocentre, au nord-est de Toulouse.
- Cause probable : des trous dans les clôtures permettaient un accès non sécurisé au bassin aux parois abruptes, selon La Dépêche.
- Propriétaire : le site est géré par CBRE Property Management, mis en demeure par la police municipale.
- Réponse municipale : fermeture immédiate du site ordonnée, installation de dispositifs anti-chutes exigée, suivi du dossier annoncé.
- Contexte : Toulouse Métropole recense environ 450 bassins de rétention sur son territoire, dont 250 gérés par Eau de Toulouse Métropole.
Un bassin décrit comme un « véritable piège »
Le bassin en question est destiné à la gestion des eaux pluviales et à l’alimentation en eau pour la défense incendie. Ses parois sont abruptes, sans système de sortie pour les animaux qui y tombent. Selon La Dépêche, des trous dans les clôtures censées délimiter le périmètre permettaient un accès direct au bord de l’eau.
Les riverains ont diffusé cette semaine des photos des carcasses flottant à la surface du bassin. Ils qualifient le site de « véritable piège » et s’inquiètent de l’effet attractif de l’eau sur les animaux avec l’arrivée de la chaleur. Leurs demandes sont précises : évacuation sanitaire immédiate des corps, réparation des clôtures, mise en place de dispositifs anti-noyades.
La mairie saisit la police municipale, le gestionnaire s’engage
Face à la mobilisation des riverains, la municipalité de Toulouse a saisi la police municipale pour intervenir auprès du propriétaire du site, CBRE Property Management, et de son gestionnaire. Selon La Dépêche, le gestionnaire s’est engagé à évacuer rapidement les carcasses et à mettre en place des actions préventives.
La mairie a également ordonné la fermeture immédiate du site et l’installation de dispositifs destinés à empêcher de nouvelles chutes ou noyades d’animaux. La municipalité a indiqué qu’elle surveillerait le suivi du dossier. Aucune date précise pour la réalisation des travaux n’a été communiquée à ce stade.
CBRE Property Management est un acteur connu de la gestion immobilière logistique à Eurocentre. La société était déjà impliquée dans la gestion du site lors de l’extension de la plateforme Occilog inaugurée en 2016, selon La Dépêche.
Contexte dans la Haute-Garonne
La zone d’activité Eurocentre est une plateforme multimodale de 300 hectares dédiée à la logistique, implantée sur les communes de Rouffiac-Tolosan, Launaguet et Lespinasse, créée à l’origine entre 1988 et 1989. Elle constitue l’un des principaux pôles logistiques du sud-ouest français.
Le risque posé par les bassins de rétention pour les animaux n’est pas nouveau en Haute-Garonne. La Dépêche avait déjà consacré un article au sujet en mai 2023, décrivant des cas similaires d’animaux piégés dans de tels ouvrages à Toulouse. Eau de Toulouse Métropole recense environ 450 bassins de rétention sur le territoire métropolitain, dont 250 placés sous sa gestion directe. Ces ouvrages, conçus pour la régulation hydraulique et la défense incendie, ne sont pas toujours équipés de rampes ou de sorties de secours pour la faune.
Ce type d’incident illustre une problématique récurrente dans les zones péri-urbaines, où la faune sauvage et domestique entre en contact avec des infrastructures industrielles non adaptées à leur présence.
Un risque accru avec la saison chaude
Les riverains insistent sur l’urgence liée à la saison. Avec la montée des températures, les animaux sont davantage attirés par les points d’eau, y compris les bassins industriels. Les parois verticales des ouvrages de rétention ne permettent pas à un animal tombé de remonter seul.
Ce constat rejoint des signalements documentés ailleurs en France. Les interactions entre animaux et infrastructures en zone péri-urbaine constituent un risque sous-évalué, en l’absence d’obligation réglementaire générale d’équiper ces bassins de dispositifs de sortie pour la faune.
La mairie n’a pas précisé si elle envisageait d’étendre les vérifications à d’autres bassins comparables sur le territoire. Le dossier Eurocentre reste pour l’instant traité au cas par cas.