Chien qui se mordille l’arrière-train : guide complet
En bref
Un chien qui se mordille l'arrière-train souffre généralement de glandes anales engorgées, de parasites externes (puces, vers), d'allergies cutanées ou d'irritations. Une consultation vétérinaire permet d'identifier la cause exacte et de soulager rapidement l'animal.
Voir son chien se mordiller frénétiquement l'arrière-train peut être inquiétant pour tout propriétaire. Ce comportement touche environ 12% des chiens et révèle souvent un inconfort important nécessitant une attention particulière.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Comprendre les glandes anales : la cause la plus fréquente
Les glandes anales représentent la première cause de mordillement de l'arrière-train chez le chien. Situées de chaque côté de l'anus, ces petites poches sécrètent un liquide nauséabond servant à la communication entre chiens. Normalement, elles se vident naturellement lors de la défécation. Cependant, elles peuvent se boucher, provoquant une accumulation de liquide et un inconfort majeur. Les chiens de petite taille sont particulièrement concernés par ce problème. Lorsque les glandes sont engorgées, le chien adopte des comportements caractéristiques : il se mordille l'arrière-train, se lèche excessivement la base de la queue, fait le signe du traîneau (se frotte les fesses au sol) ou se retourne brusquement vers son postérieur. Sans traitement, l'engorgement peut évoluer en abcès, extrêmement douloureux et nécessitant une intervention vétérinaire d'urgence.
Étape 2 : Les parasites externes : puces et vers intestinaux
Les puces sont responsables de plus de 50% des problèmes de démangeaisons chez le chien. Ces petits parasites de 1 à 4 mm piquent l'animal pour se nourrir de sang, provoquant des démangeaisons intenses, particulièrement au niveau de l'arrière-train et de la base de la queue. Une puce pond jusqu'à 50 œufs par jour directement sur l'animal. Certains chiens développent une hypersensibilité aux piqûres de puces (DAPP – Dermatite par Allergie aux Piqûres de Puces), entraînant des démangeaisons pouvant durer jusqu'à 3 semaines après une seule piqûre. Les vers intestinaux, notamment le ténia Dipylidium caninum transmis par ingestion de puces, provoquent également un prurit anal intense. Le chien se traîne alors sur le sol pour soulager les démangeaisons. On peut repérer ces vers en observant de petits grains de riz dans les selles de l'animal.
Étape 3 : Les allergies et irritations cutanées
Les allergies représentent une cause majeure de mordillement de l'arrière-train. Les allergies alimentaires se manifestent souvent par des infections cutanées et des démangeaisons que le chien tente de soulager en se léchant et se mordillant. Les allergènes environnementaux (pollens, acariens, moisissures) peuvent également déclencher des réactions allergiques avec un prurit important. La peau sèche, fréquente en hiver ou dans les climats arides, provoque des démangeaisons que le chien cherche à apaiser en se léchant. Les infections bactériennes ou fongiques, notamment les infections à Malassezia, causent un prurit intense accompagné de rougeurs et d'une odeur désagréable. Certaines races comme les Cockers, Sharpeïs, Carlins et Bouledogues sont plus prédisposées aux problèmes cutanés en raison de leurs plis cutanés qui retiennent l'humidité et favorisent les infections.
Étape 4 : Le stress et les troubles comportementaux
Le mordillement compulsif de l'arrière-train peut avoir une origine psychologique. Un chien anxieux ou stressé développe parfois des activités de substitution pour détourner son attention et diminuer son stress. L'ennui, le manque de stimulation ou un changement dans l'environnement peuvent déclencher ce comportement. Les chiens adoptés ayant vécu de la négligence sont particulièrement susceptibles de développer ces comportements compulsifs. Ce trouble obsessionnel compulsif se manifeste par des séances de mordillement intense et répété, pouvant aller jusqu'à l'automutilation. Le cercle vicieux s'installe : les mordillements créent des plaies qui génèrent des démangeaisons, incitant le chien à se mordiller davantage. Sans intervention comportementale et vétérinaire, le problème s'aggrave et peut conduire à des infections bactériennes sévères nécessitant un traitement antibiotique.
Étape 5 : Les tumeurs et affections graves
Bien que plus rares, les tumeurs circumanales peuvent être responsables du comportement de mordillement de l'arrière-train. Les adénocarcinomes des glandes anales, bien qu'exceptionnels, se manifestent par la présence d'une masse anormale d'un côté de l'anus, des difficultés à déféquer et un léchage excessif de la zone. Le vétérinaire procède à une cyto-ponction ou une biopsie pour confirmer le diagnostic. Les fistules anales, complications d'infections non traitées des glandes anales, créent des canaux anormaux entre les glandes et la surface de la peau, provoquant des écoulements sanguinolents et une odeur nauséabonde. Ces affections graves nécessitent une prise en charge chirurgicale rapide. Une augmentation de la soif peut accompagner certaines tumeurs des glandes anales, constituant un signe d'alerte supplémentaire à ne pas négliger.
Étape 6 : Quand consulter un vétérinaire
Certains signes d'alerte nécessitent une consultation vétérinaire rapide. Si votre chien se mordille jusqu'au sang ou présente des lésions cutanées, une intervention immédiate s'impose pour éviter les surinfections. Un mordillement frénétique et constant, accompagné de gémissements ou de signes de douleur, indique un inconfort important. La présence d'écoulements sanguinolents, de gonflements ou de rougeurs autour de l'anus requiert un examen professionnel. Si le comportement persiste malgré un traitement antiparasitaire récent, d'autres causes doivent être explorées. Le vétérinaire procédera à un examen clinique complet, palpera les glandes anales pour vérifier leur état et pourra réaliser des examens complémentaires : raclages cutanés pour détecter des parasites, tests allergiques, analyses de sang ou biopsies si une tumeur est suspectée. Plus le diagnostic est précoce, plus le traitement sera efficace et évitera les complications.
Étape 7 : Traitements et solutions selon la cause
Le traitement varie selon la cause identifiée. Pour les glandes anales engorgées, une vidange manuelle par le vétérinaire soulage instantanément l'animal. Cette manipulation peut être répétée toutes les 2 à 3 semaines chez les chiens prédisposés. En cas d'abcès, un nettoyage sous anesthésie et un traitement antibiotique sont nécessaires. Pour les infestations parasitaires, des antiparasitaires externes efficaces pendant 1 à 3 mois éliminent puces et tiques, associés à un vermifuge pour les vers intestinaux. Le traitement de l'environnement (maison, panier, tapis) est indispensable car 95% des puces vivent hors de l'animal. Pour les allergies, un régime hypoallergénique, des antihistaminiques ou des corticoïdes peuvent être prescrits. Les infections cutanées nécessitent des antibiotiques ou antifongiques. Dans les cas récurrents, l'ablation chirurgicale des glandes anales (sacculectomie) constitue la solution définitive.
💡 Conseils et astuces
- Inspectez régulièrement l'arrière-train de votre chien pour détecter rapidement tout signe d'irritation, de gonflement ou de rougeur
- Maintenez un traitement antiparasitaire préventif tout au long de l'année, même en hiver, car les puces se développent aussi dans les habitations chauffées
- Vermifugez votre chien 4 fois par an minimum pour prévenir les infestations par les vers intestinaux responsables de démangeaisons anales
- Favorisez une alimentation riche en fibres qui améliore la consistance des selles et facilite la vidange naturelle des glandes anales
- Évitez de vidanger les glandes anales sans raison : une manipulation trop fréquente peut créer une inflammation chronique
- Consultez rapidement votre vétérinaire dès l'apparition du comportement pour éviter que votre chien ne développe un cercle vicieux de grattage et d'automutilation
❓ Questions fréquentes
Mon chien fait le signe du traîneau, est-ce forcément les glandes anales ?
Le signe du traîneau (se frotter les fesses au sol) indique le plus souvent des glandes anales engorgées ou des vers intestinaux. Une consultation vétérinaire permet de déterminer la cause exacte. Si votre chien est vermifugé récemment mais continue ce comportement, les glandes anales sont probablement en cause.
À quelle fréquence faut-il vider les glandes anales d'un chien ?
Les glandes anales se vident normalement naturellement lors de la défécation. Il ne faut les vider manuellement que si elles sont engorgées et causent des symptômes. Chez les chiens prédisposés, une vidange toutes les 2 à 3 semaines peut être nécessaire, mais uniquement sur recommandation vétérinaire.
Peut-on vider soi-même les glandes anales de son chien ?
Bien que techniquement possible, il est préférable de confier cette manipulation délicate à un vétérinaire ou de se faire former par un professionnel. Une mauvaise technique peut blesser le chien, créer une inflammation chronique ou ne pas vider complètement les glandes, aggravant le problème.
Mon chien se mordille l'arrière-train mais n'a pas de puces, que faire ?
L'absence de puces visibles n'exclut pas une infestation, car 95% des puces vivent dans l'environnement. D'autres causes sont possibles : glandes anales engorgées, allergies alimentaires ou environnementales, infections cutanées, stress. Une consultation vétérinaire permettra d'identifier la cause exacte par des examens appropriés.
Quels sont les signes d'urgence nécessitant une consultation immédiate ?
Consultez en urgence si votre chien se mordille jusqu'au sang, présente un gonflement douloureux près de l'anus, refuse de s'asseoir ou de déféquer, a des écoulements sanguinolents ou purulents, ou manifeste des signes de douleur intense (gémissements, agressivité au toucher). Ces symptômes peuvent indiquer un abcès ou une fistule nécessitant un traitement immédiat.
📚 Sources
Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :
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