Guangxi : 39 morts et 9 disparus après la rupture d’un barrage

La tempête tropicale Maysak et l'effondrement du réservoir de Liulan ont dévasté la région de Nanning, dans le sud de la Chine

Guangxi : 39 morts et 9 disparus après la rupture d'un barrage
Illustration Camille Perrin / info.fr

Au 9 juillet, les autorités du Guangxi font état de 39 morts et 9 disparus après des inondations aggravées par la rupture d'un barrage près de Nanning. Plus de 130 000 personnes ont été évacuées.

L’essentiel

  • Bilan : 39 morts et 9 disparus annoncés le 9 juillet par les autorités du Guangxi, dans le sud de la Chine.
  • Cause principale : la rupture du réservoir de Liulan, le 6 juillet près de Hengzhou à Nanning, a causé à elle seule 26 décès et 7 disparitions.
  • Ampleur : plus de 375 000 personnes affectées, environ 130 000 évacuées.
  • Moyens engagés : 1 372 pompiers et secouristes, 270 véhicules, 140 bateaux et 350 sauveteurs spécialisés mobilisés selon CGTN ; 100 millions de yuans débloqués pour la reconstruction.

C’est un bilan qui s’alourdit de jour en jour depuis le début du mois. Selon les autorités locales citées par l’agence Xinhua, 39 personnes sont mortes et 9 restent portées disparues dans la région autonome Zhuang du Guangxi, frappée par des pluies torrentielles liées à la tempête tropicale Maysak. Le vice-maire de Nanning, Ding Wei, a confirmé ce bilan jeudi, précisant que les opérations de secours se poursuivaient, rapporte le média chinois Chinadaily.com.cn.

Pour un lecteur français, le Guangxi évoque peu de chose : c’est une région à la frontière du Vietnam, connue surtout pour ses paysages karstiques autour de Guilin, prisés des touristes. Elle compte environ 50 millions d’habitants. Nanning, sa capitale, en concentre plusieurs millions et sert de porte d’entrée économique vers l’Asie du Sud-Est. C’est justement aux abords de cette ville que s’est jouée la partie la plus meurtrière de la catastrophe.

La rupture du barrage de Liulan, épicentre du drame

Le 6 juillet, le réservoir de Liulan, situé près de Hengzhou dans la municipalité de Nanning, a cédé sous la pression des pluies. Ses parois se sont effondrées, libérant des torrents d’eau boueuse sur les habitations environnantes. Selon les autorités citées par CGTN et l’agence azerbaïdjanaise AZERTAC, cette seule rupture est responsable de 26 des 39 décès recensés et de 7 des 9 disparitions. Un autre petit barrage, à Gantang, a également cédé selon les informations disponibles, sans que son bilan précis ait été détaillé séparément à ce stade.

Xinhua a diffusé un premier décompte officiel dès jeudi matin :

Le média China Daily précise que la brèche du réservoir de Liulan reste sous contrôle mais que les efforts de secours et de secours d’urgence se poursuivent activement :

Face à l’ampleur des dégâts, Pékin a relevé le niveau d’alerte aux inondations pour l’ensemble du Guangxi au niveau II sur l’échelle nationale, et Nanning est passée au niveau I, le plus élevé, selon CGTN. Concrètement, cela déclenche une mobilisation renforcée des services d’urgence : le ministère chinois de la Gestion des urgences a déployé 1 372 pompiers et secouristes, 270 véhicules et 140 bateaux, ainsi que 350 sauveteurs spécialisés dans les zones sinistrées.

Plus de 130 000 évacuations et un nettoyage de grande ampleur

Plus de 375 000 personnes ont été touchées par les inondations dans la région, et environ 130 000 ont dû être évacuées, selon des chiffres rapportés par The Guardian et l’agence AZERTAC. Sur le terrain, le nettoyage mobilise à la fois les habitants, des bénévoles et des unités de milice populaire, chargés de dégager la boue et les débris charriés par les eaux. Ce type de mobilisation collective, incluant la population civile aux côtés des services de secours, est une pratique récurrente en Chine lors des catastrophes de cette ampleur.

La catastrophe a aussi eu des conséquences plus insolites. Selon le média pakistanais The Express Tribune, près de 900 serpents se sont échappés d’une ferme d’élevage à Hengzhou après l’effondrement des murs de l’établissement, provoquée par la montée des eaux. Un zoo de la région aurait par ailleurs perdu une centaine d’animaux dans les inondations. Ces épisodes, anecdotiques au regard du bilan humain, illustrent l’étendue des dégâts matériels sur des infrastructures parfois peu préparées à de tels volumes d’eau.

Une aide financière de 100 millions de yuans débloquée

Sur le plan financier, la Commission nationale pour le développement et la réforme, l’organe de planification économique chinois, a débloqué une enveloppe de 100 millions de yuans, soit environ 14,7 millions de dollars, destinée à la reconstruction des infrastructures endommagées, selon CGTN. Cette somme doit permettre de restaurer routes, réseaux d’eau et bâtiments publics dans les zones les plus touchées, sans que le détail de sa répartition n’ait été communiqué à ce stade.

Contexte dans le paysage chinois des catastrophes climatiques

Le Guangxi n’est pas une région étrangère aux épisodes de mousson violente, mais l’ampleur du bilan humain de juillet 2026 en fait un événement d’une gravité rare pour cette partie du pays. La rupture d’un réservoir reste l’un des scénarios les plus redoutés par les autorités chinoises, qui gèrent des dizaines de milliers de barrages et retenues d’eau construits parfois il y a plusieurs décennies. Selon les médias chinois Xinhua et China.org.cn, la tempête tropicale Maysak a apporté des précipitations exceptionnelles sur l’ensemble du sud du pays ces derniers jours, saturant des sols et des infrastructures hydrauliques déjà sous tension.

Ce drame intervient alors que la Chine se prépare à l’arrivée d’un autre système météorologique, le super typhon Bavi, selon des informations rapportées par TV5Monde et The Straits Times. Les autorités anticipent une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’année 2026, une tendance que les services météorologiques chinois associent au réchauffement climatique et à des régimes de mousson de plus en plus erratiques.

Ce que cela dit des enjeux climatiques suivis depuis la France

Pour les lecteurs français, cet épisode s’inscrit dans une série d’événements climatiques extrêmes suivis de près par les services diplomatiques et les organisations humanitaires internationales. La France n’a pas annoncé, à ce stade, de dispositif d’aide spécifique lié à cette catastrophe. Les autorités chinoises n’ont pas communiqué de demande d’assistance internationale, gérant la crise avec leurs propres moyens civils et militaires, comme c’est généralement le cas lors de catastrophes naturelles sur le territoire chinois.

Les opérations de recherche des personnes disparues et le nettoyage des zones sinistrées devraient se poursuivre dans les prochains jours, à mesure que les niveaux d’eau baissent autour de Nanning et Hengzhou.

Camille
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Sources

Camille Perrin

Camille Perrin

Camille Perrin est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Pekin. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Chine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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