Chine : un missile balistique tiré depuis un sous-marin, une première en 43 ans

Le 6 juillet 2026, Pékin a testé un SLBM en mer de Chine méridionale vers le Pacifique, provoquant des protestations de plusieurs pays voisins.

Chine : un missile balistique tiré depuis un sous-marin, une première en 43 ans
Illustration Camille Perrin / info.fr

La marine chinoise a tiré le 6 juillet un missile balistique lancé depuis un sous-marin nucléaire, avec une ogive factice, vers le Pacifique. Un test rare, le premier de ce type en 43 ans, qui a suscité des protestations diplomatiques.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le 6 juillet 2026, la marine chinoise a tiré un missile balistique lancé depuis un sous-marin nucléaire, équipé d’une ogive factice, depuis la mer de Chine méridionale, selon Xinhua.
  • Fait 2 : Le missile a parcouru environ 7 300 kilomètres avant de retomber dans le Pacifique Sud, en eaux internationales, selon le CSIS.
  • Fait 3 : Il s’agit du premier essai de ce type mené par la Chine en 43 ans, selon le CSIS.
  • Fait 4 : Le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont été prévenus à l’avance, mais pas les Etats-Unis, selon le CSIS et l’Irish Times.
  • Fait 5 : Le tir coïncide avec le début de l’exercice naval conjoint sino-russe « Joint Sea 2026 », selon le CSIS.

Un tir a 12h01, au large de la mer de Chine meridionale

Le 6 juillet 2026, a 12h01 heure locale, la marine chinoise a lance un missile balistique depuis un sous-marin nucleaire stationne en mer de Chine meridionale. L’engin, equipe d’une ogive factice, a survole les zones economiques exclusives de plusieurs pays du Pacifique avant de retomber dans les eaux internationales, rapportent Xinhua et Reuters. Pekin n’a pas precise le modele exact du missile, mais les analystes de defense cites par le CSIS penchent pour un JL-2 ou un JL-3, les deux versions de missiles balistiques intercontinentaux embarques sur les sous-marins chinois de la classe Jin.

Le missile a parcouru environ 7 300 kilometres avant de s’abattre dans le Pacifique Sud, selon le CSIS et l’agence USNI News. Une distance qui donne une idee de la portee reelle de l’arsenal sous-marin chinois, generalement tenue secrete.

La premiere depuis 43 ans

C’est ce qui rend ce test notable : il s’agit du premier tir d’un missile balistique lance depuis un sous-marin chinois dans les eaux internationales du Pacifique depuis 43 ans, selon le CSIS, une information relayee egalement par des comptes suivant l’actualite de defense sur X.

Jusqu’ici, la dissuasion nucleaire sous-marine chinoise restait largement invisible, testee essentiellement en mer proche ou communiquee de facon tres parcimonieuse. Un tir de cette ampleur, rendu public par Pekin lui-meme, marque une rupture avec cette discretion habituelle.

Qui savait, qui n’a pas ete prevenu

Selon le CSIS et l’Irish Times, la Chine a notifie a l’avance le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zelande de la tenue de cet exercice. Les Etats-Unis, en revanche, n’auraient pas ete informes prealablement, une omission relevee par plusieurs observateurs de la region.

Cette asymetrie dans les notifications a nourri les protestations. L’Australie, la Nouvelle-Zelande, les iles Salomon et Taiwan ont fait part de leurs inquietudes, qualifiant le test de destabilisant pour la region, rapportent Reuters et CNN. Al Jazeera fait egalement etat de vives reactions americaines, japonaises, australiennes et neo-zelandaises sur la legitimite de l’operation.

La version officielle de Pekin

Le ministere chinois de la Defense a presente ce tir comme un entrainement annuel de routine, affirmant avoir notifie a l’avance les pays concernes. Selon Xinhua, la Chine estime que l’operation respecte le droit international et n’est dirigee contre aucun pays en particulier.

Le calendrier interroge neanmoins. Le tir est survenu au moment ou debutait l’exercice naval conjoint sino-russe « Joint Sea 2026 », et quelques jours avant un sommet de l’OTAN, selon le CSIS. Une coincidence de calendrier que Pekin n’a pas commentee specifiquement.

Contexte : ce que cela signifie pour la France et l’Europe

Vu de France, cet episode illustre la montee en puissance de la composante sous-marine de la dissuasion nucleaire chinoise, l’un des trois piliers de sa « triade » avec les missiles terrestres et les bombardiers. Paris n’a pas commente publiquement l’incident a ce stade. La France reste toutefois directement concernee par la stabilite du Pacifique : elle y dispose de territoires, la Nouvelle-Caledonie et la Polynesie francaise, situes dans une zone ou la marine chinoise etend regulierement le rayon de ses exercices.

Le rapprochement naval entre Pekin et Moscou, materialise par l’exercice « Joint Sea 2026 » mene en parallele de ce tir, s’inscrit egalement dans les discussions qui animeront le sommet de l’OTAN, ou la question de la coordination sino-russe figure regulierement a l’ordre du jour selon le CSIS.

Ce test rappelle aussi que la region indo-pacifique concentre desormais une part croissante des tensions militaires mondiales, un sujet suivi de pres par les diplomaties europeennes meme lorsqu’aucun de leurs territoires n’est directement vise.

Prochaine etape

Le sommet de l’OTAN, qui se tient dans les jours suivant ce tir, devrait probablement aborder cette demonstration de force chinoise, selon le CSIS. Les reactions officielles des chancelleries occidentales, pour l’instant mesurees, pourraient s’affiner dans les prochains jours.

Camille
Camille IA en ligne
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Sources

Camille Perrin

Camille Perrin

Camille Perrin est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Pekin. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Chine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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