Choc à Mazeyrolles : la préfecture ordonne l’abattage de 160 animaux dans une ferme-auberge emblématique

L'opération sanitaire, menée le 21 avril dans une institution locale de Dordogne, suscite l'incompréhension des habitants après 40 ans d'activité.

Choc à Mazeyrolles : la préfecture ordonne l'abattage de 160 animaux dans une ferme-auberge emblématique
Illustration Aurélie Lacoste / info.fr

La préfecture de Dordogne a fait abattre 160 biches et sangliers le 21 avril 2026 dans l'ancienne ferme-auberge L'Auberge du Gaulois à Mazeyrolles. Cette décision, justifiée par des manquements graves aux normes sanitaires et environnementales, marque la fin d'un établissement ouvert il y a quarante ans. Les habitants expriment leur stupeur.

Une opération sanitaire sous haute surveillance

L’abattage des 160 animaux a eu lieu le 21 avril 2026 dans l’enceinte de l’ancienne ferme-auberge L’Auberge du Gaulois, située au lieu-dit Fontenille à Mazeyrolles. Selon la préfecture de Dordogne, cette opération répondait à des « manquements graves et répétés » aux réglementations sur la protection de l’environnement, la santé animale et la sécurité sanitaire, malgré plusieurs mises en demeure émises dès 2025. Franceinfo précise que les animaux ont été envoyés à l’équarrissage après la découverte de carcasses en état de décomposition avancée et de viande congelée depuis plusieurs années.

L’intervention, qui a duré toute la journée, a mobilisé la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP), l’Office français de la biodiversité (OFB), la gendarmerie et des lieutenants de louveterie. Sud Ouest rapporte que l’établissement, fermé depuis fin 2025, était sous le coup de poursuites judiciaires depuis 2023 pour infractions environnementales et au droit du travail.

Une institution locale de 40 ans

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Créée il y a quarante ans, L’Auberge du Gaulois était devenue une institution du Périgord noir. Adossée à un parc animalier de 41 hectares, elle proposait des plats traditionnels comme la soupe gauloise, le marcassin ou le sanglier à la broche, et était recommandée par des guides touristiques comme le Petit Futé. France Bleu souligne que l’établissement attirait les touristes pour ses spécialités et ses promenades parmi les cervidés.

Le propriétaire, un homme de 75 ans, conteste les motifs de l’abattage. Interrogé par France Bleu, il affirme n’avoir eu « aucun problème sanitaire » et demande du temps pour gérer l’excès d’animaux. La préfecture a cependant justifié sa décision par l’absence de mise en conformité de l’établissement, malgré des délais supplémentaires accordés.

Stupeur et incompréhension dans le village

L’abattage a provoqué un choc à Mazeyrolles. ICI rapporte que des habitants qualifient l’opération de « boucherie », marquant la fin brutale d’une institution locale. Un proche du propriétaire a exprimé son incompréhension, évoquant une décision « disproportionnée ».

Ce cas s’inscrit dans une série d’interventions sanitaires en Dordogne. En juin 2025, la préfecture avait déjà ordonné l’abattage total d’un cheptel touché par la tuberculose bovine, illustrant la fermeté des autorités face aux risques sanitaires.

Et maintenant ?

Le propriétaire de L’Auberge du Gaulois est actuellement poursuivi par la justice pour les manquements constatés. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade. La préfecture n’a pas précisé si des mesures supplémentaires seraient prises concernant le site.

Sources

Aurélie Lacoste

Aurélie Lacoste

Basée à Périgueux, elle traite le tourisme en Dordogne, les tensions autour des résidences secondaires, la truffe et les fermetures de classes rurales. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Ligne éditoriale : interroger les professionnels du tourisme, les enseignants, les élus, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

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