Chute mortelle d’un grimpeur italien à Orpierre : enquête ouverte

Un homme de nationalité italienne, né en 1940, est décédé samedi après une chute de près de 20 mètres sur le site d'escalade des Hautes-Alpes.

Chute mortelle d'un grimpeur italien à Orpierre : enquête ouverte
Illustration Antoine Blanc / info.fr

Un grimpeur italien d'environ 86 ans a perdu la vie le 25 avril 2026 à Orpierre, dans les Hautes-Alpes, après une chute lors d'une session d'escalade non encadrée. Les secouristes de la CRS Alpes n'ont pu le ranimer. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de l'accident.

C’est vers 11h30 ce samedi que l’alerte a été donnée sur le site d’escalade d’Orpierre. Un homme de nationalité italienne, né en 1940, a chuté d’une hauteur de près de 20 mètres alors qu’il évoluait en tête dans un groupe non encadré, selon La Provence. Les secouristes de la CRS Alpes, basés à Briançon, sont intervenus rapidement mais n’ont pu le ranimer.

La procureure de la République à Gap, Marion Lozac’hmeur, a confirmé les circonstances du drame. Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte et confiée à la CRS Alpes de Briançon. L’objectif : identifier la manœuvre à l’origine de la chute. À ce stade, aucune défaillance de matériel ni négligence précise n’a été évoquée officiellement.

Un site marqué par les drames

Orpierre est l’un des sites d’escalade les plus fréquentés des Alpes du Sud. Mais son histoire récente est jalonnée d’accidents graves. En 2024, une adolescente de 16 ans originaire de Roanne avait perdu la vie après une chute de 15 mètres lors d’un stage encadré par le Club Alpin Français, dans le secteur des Blaches. Selon Le Dauphiné Libéré, deux anciens encadrants du CAF de Roanne ont été condamnés le 3 juillet 2025 à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Gap pour homicide involontaire - la corde utilisée était trop courte.

Plus en arrière, en 2013, le jeune Tito Traversa, grimpeur prodige italien de 12 ans, était décédé sur ce même site à la suite d’un problème de matériel. Des drames qui rappellent les risques inhérents à la pratique en falaise, qu’elle soit encadrée ou non. À ce sujet, une chute mortelle de 100 mètres avait également coûté la vie à un ouvrier à Laruns, soulignant la violence de ce type d’accidents en montagne.

La question de la pratique autonome

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L’accident de samedi impliquait un groupe non encadré. La victime était en position de tête, c’est-à-dire qu’elle assurait elle-même la progression en clipant les dégaines. Cette configuration expose davantage le grimpeur en cas de chute. Les raisons exactes du décrochage n’ont pas encore été communiquées par les enquêteurs.

Début 2024, la communauté de l’escalade en France avait déjà été endeuillée par une série d’accidents : quatre décès en trois semaines, selon le magazine spécialisé Grimper. Ces incidents avaient relancé le débat sur la sécurité en falaise, notamment pour les pratiquants expérimentés évoluant hors encadrement. On peut aussi lire, dans un registre différent mais sur les accidents de travail en hauteur, le décès d’un artisan de 46 ans à Seloncourt.

L’enquête de la CRS Alpes devra établir si une erreur de manœuvre, un défaut de matériel ou une autre cause est à l’origine de la chute. Les conclusions ne sont pas attendues à court terme. La procureure de Gap suit le dossier.

Prochaine étape

Les investigations de la CRS Alpes de Briançon sont en cours. Aucune date de clôture n’a été communiquée à ce stade par le parquet de Gap.

Sources

Antoine Blanc

Antoine Blanc

Installé à Gap depuis dix ans, couvre les stations de ski, les chantiers de liaisons ferroviaires et les mobilisations contre les coupures de services publics en montagne. Formé à l'ESJ Lille, il a travaillé en radio locale avant de passer au web. Conviction forte : le journalisme local exige de connaître les élus, les syndicalistes, les entrepreneurs, pas seulement leurs dossiers de presse.

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