Clamart : le chef du groupe militaire reconnaît avoir modifié la scène après la mort d’Alexandre Lanckbeen

Le brigadier de 20 ans est décédé le 20 février à l'hôpital Percy après un tir lors d'une soirée alcoolisée le 14 février. Trois militaires sont mis en examen.

Clamart : le chef du groupe militaire reconnaît avoir modifié la scène après la mort d'Alexandre Lanckbeen
Illustration Guillaume Roux / info.fr

Alexandre Lanckbeen, brigadier du 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes, est mort le 20 février 2026 à l'hôpital militaire Percy de Clamart, six jours après avoir reçu une balle dans la tête lors d'une soirée alcoolisée. Le chef de son groupe, Mohamed C., 34 ans, reconnaît avoir ordonné de modifier la scène avant l'arrivée de la police.

L’essentiel

  • Décès : Le brigadier Alexandre Lanckbeen, 20 ans, est mort le 20 février 2026 à l’hôpital militaire Percy de Clamart, six jours après avoir reçu une balle dans la tête.
  • Trois mis en examen : Benjamin L. (soupçonné du tir), Mohamed C. (34 ans, chef de groupe) et Fabien B. (30 ans, adjoint) ont été mis en examen mi-février 2026 par le parquet de Paris.
  • Alcool : Des taux jusqu’à 2,5 g/L ont été relevés lors de la soirée, malgré l’interdiction stricte de consommation sur le site de l’hôpital Percy.
  • Scène modifiée : Mohamed C. reconnaît avoir ordonné de jeter des bières et vider des poubelles avant l’arrivée des secours, selon actu.fr.
  • Arme : L’arme de service 9 mm appartenait à Mohamed C. ; elle était posée sur la table, non sécurisée, au moment du drame.

Un tir dans la nuit du 14 février

Les faits remontent au 14 février 2026. Une soirée se tient dans les locaux de l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Des militaires du groupe en mission Sentinelle consomment de l’alcool - en violation de l’interdiction stricte en vigueur sur le site. Selon Le Monde et Libération, des taux d’alcoolémie allant jusqu’à 2,5 g/L sont ensuite relevés.

Au cours de la soirée, un jeu dit de « test de réactivité » est engagé avec une arme de poing 9 mm. L’arme est celle de Mohamed C., le chef de groupe. Elle était posée sur la table, non sécurisée. Selon les informations publiées par Le Monde, c’est Fabien B., l’adjoint du groupe, que des témoins désignent comme l’initiateur du jeu. Benjamin L. est soupçonné d’avoir tiré.

Le brigadier Alexandre Lanckbeen, 20 ans, artilleur parachutiste du 35e régiment d’artillerie parachutiste (35e RAP) de Tarbes, est atteint d’une balle à la tête. Il est transporté en urgence. Six jours plus tard, le 20 février 2026, il décède à l’hôpital Percy des suites de sa blessure.

La scène nettoyée avant l’arrivée de la police

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C’est le détail qui aggrave la situation judiciaire des mis en examen. Selon actu.fr, Mohamed C., chef de groupe âgé de 34 ans, reconnaît avoir ordonné de modifier la scène avant l’arrivée des forces de l’ordre. Des bouteilles de bière ont été jetées, des poubelles vidées, des objets déplacés.

Mohamed C. explique avoir agi pour « minimiser » les sanctions militaires encourues par le groupe, et non pour maquiller délibérément un crime, selon les éléments rapportés par actu.fr. Des témoins confirment néanmoins que des ordres ont bien été donnés dans ce sens avant l’arrivée des secours et des enquêteurs.

Cette reconnaissance est centrale dans le dossier judiciaire. La modification de l’état des lieux d’un crime ou d’un délit constitue une infraction pénale autonome en droit français, indépendante des faits ayant causé la mort.

Trois militaires mis en examen, des charges distinctes

Le parquet de Paris, compétent en raison du statut militaire des mis en cause, a ouvert une instruction mi-février 2026. Trois hommes ont été mis en examen, selon Le Monde :

Benjamin L., soupçonné d’être l’auteur du tir, est poursuivi pour violences avec arme ayant entraîné une infirmité permanente et violation de consignes relatives à l’alcool.

Mohamed C., 34 ans, chef de groupe, est mis en examen pour blessures involontaires par violation de consignes, modification de l’état des lieux d’un crime ou délit, et violation des consignes concernant l’alcool et le port d’arme.

Fabien B., 30 ans, adjoint du groupe, fait face aux mêmes chefs que Mohamed C. : blessures involontaires par violation de consignes et modification de l’état des lieux. Des témoins le désignent comme l’initiateur du jeu de « réactivité ».

Aucune date d’audience n’a été rendue publique à ce stade. Le dossier reste entre les mains du juge d’instruction.

La réaction de l’institution militaire

Le général de corps d’armée Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris, a exprimé sur X sa « profonde tristesse » et sa compassion à la famille et aux proches d’Alexandre Lanckbeen après l’annonce du décès. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, a également présenté ses condoléances, selon Le Monde.

À Tarbes, le 35e RAP a rendu hommage à son soldat, le qualifiant d’« artilleur parachutiste de grande valeur », selon actu.fr Occitanie. Alexandre Lanckbeen était en mission Sentinelle en Île-de-France au moment des faits - dispositif de sécurité déployé sur le territoire national depuis les attentats de 2015, qui mobilise en permanence plusieurs milliers de soldats.

Cette affaire interroge les conditions d’hébergement et de supervision des groupes Sentinelle, notamment la gestion des armes de service hors service actif et le respect des consignes d’abstinence d’alcool sur les sites militaires. Ni l’armée de terre ni le ministère des Armées n’ont communiqué publiquement sur d’éventuelles mesures internes consécutives au drame.

Contexte dans les Hauts-de-Seine

L’hôpital d’instruction des armées Percy, situé 2 rue du Lieutenant Raoul Batany à Clamart, est l’un des établissements militaires de référence en Île-de-France. Construit entre 1916 et 1920, il porte le nom du chirurgien en chef Pierre-François Percy, figure de la chirurgie militaire sous la Révolution et l’Empire. Il accueille militaires et civils, avec une spécialisation reconnue dans les grands brûlés et les polytraumatisés.

Clamart est une commune de 53 000 habitants environ, dans le sud des Hauts-de-Seine, adossée à la forêt de Meudon. La présence du HIA Percy en fait l’un des rares territoires du département à accueillir une infrastructure militaire de cette envergure. La sécurité civile dans les communes limitrophes fait l’objet d’exercices réguliers coordonnés avec les autorités préfectorales du 92.

Les Hauts-de-Seine ne comptent pas de précédent public récent comparable impliquant des militaires en mission Sentinelle et une modification de scène de crime reconnue. La gestion de la consommation d’alcool en lien avec des drames violents reste une problématique que les autorités traitent au cas par cas, sans cadre unifié.

Ce que l’on ignore encore

Plusieurs éléments restent non établis publiquement : la nature exacte du « test de réactivité » tel qu’il était pratiqué par le groupe, l’identité complète des autres militaires présents lors de la soirée, et l’éventuelle ouverture d’une enquête interne par l’armée de terre sur les conditions d’encadrement de la mission Sentinelle à Percy.

Le sort judiciaire des trois mis en examen - et notamment la question d’un renvoi en correctionnel ou aux assises selon les qualifications retenues au terme de l’instruction - reste également inconnu. Le parquet de Paris n’a pas communiqué sur le calendrier prévisible de la procédure.

Le 35e RAP de Tarbes, régiment dont était issu Alexandre Lanckbeen, n’a pas non plus précisé si des mesures de prévention avaient été renforcées au sein de ses effectifs déployés en mission Sentinelle.

L’instruction judiciaire se poursuit à Paris. Une prochaine étape formelle - renvoi ou non-lieu - interviendra au terme des investigations du juge d’instruction, sans échéance publique connue à ce jour.

Sources

Guillaume Roux

Guillaume Roux

Guillaume est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hauts-de-Seine (92), avec Nanterre pour chef-lieu. Spécialité du département : La Defense (3 millions m2 bureaux). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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