Clermont-Ferrand : six fourgons de police mobilisés pour retirer une piscine d’ados en pleine canicule
Alors que le Puy-de-Dôme suffoquait sous 41 °C, six véhicules de police ont fait démonter une piscine tubulaire installée par des adolescents à La Gauthière. L’intervention suscite une vive polémique.
Le mercredi 24 juin 2026, alors que Clermont-Ferrand est en pleine canicule avec 41 °C, six fourgons de police sont mobilisés pour faire retirer une piscine gonflable installée par des adolescents du quartier de La Gauthière. L’opération, la deuxième en deux jours pour le même motif, déclenche une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans la classe politique.
L’essentiel
- Fait 1 : Le mardi 23 juin 2026, la station météo de Clermont-Ferrand - Aulnat a enregistré 41 °C sous abri. Le Puy-de-Dôme était placé en vigilance rouge canicule par Météo-France depuis le lundi 22 juin.
- Fait 2 : Six fourgons de police ont été déployés le 24 juin pour exiger le démontage et la saisie d’une piscine tubulaire installée par des adolescents dans le quartier de La Gauthière.
- Fait 3 : Il s’agit de la deuxième intervention similaire en deux jours. Une vidéo de l’opération, massivement partagée, a suscité l’indignation de riverains et de personnalités politiques, dont le député LFI Thomas Portes.
Une image forte circule depuis mercredi sur les réseaux sociaux : six fourgons de police garés autour d’une petite piscine gonflable, en pleine canicule, dans le quartier de La Gauthière à Clermont-Ferrand. Des adolescents y avaient installé un bassin hors-sol pour tenter de se rafraîchir alors que le thermomètre dépassait les 40 °C.
Ce qui s’est passé le 24 juin
Selon les informations de Libération, confirmées par plusieurs témoins, les forces de l’ordre sont intervenues mercredi 24 juin en fin d’après-midi dans ce quartier populaire de la capitale auvergnate. Six véhicules ont été déployés pour contraindre un groupe d’adolescents à démonter et à retirer une piscine tubulaire installée au pied d’un immeuble. L’opération a duré plusieurs dizaines de minutes. Le bassin a été saisi.
Contactée par info.fr, la préfecture du Puy-de-Dôme n’a pas encore commenté les circonstances précises de l’intervention. Une source policière, sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’il s’agissait d’une « mise en conformité » après un signalement pour « installation non autorisée dans un espace public ».
Une polémique qui enfle
La vidéo de l’intervention, filmée par un riverain et publiée sur X, a rapidement dépassé les frontières du Puy-de-Dôme. Le député de la France Insoumise Thomas Portes a dénoncé un « déploiement disproportionné des forces de l’ordre ».
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’étonnent du nombre de véhicules mobilisés pour une piscine gonflable. « Six fourgons pour une piscine d’enfants, pendant que les dealers restent tranquilles ? » interroge un compte local.
Plusieurs habitants de La Gauthière interrogés par La Montagne disent leur incompréhension. « On étouffe dans les appartements, il n’y a pas d’espaces verts, les piscines municipales sont fermées. Les gamins ont trouvé une solution débrouille, et on leur envoie six fourgons », témoigne une mère de famille sous couvert d’anonymat.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le département du Puy-de-Dôme, et Clermont-Ferrand en particulier, vit une canicule exceptionnelle depuis le week-end dernier. La préfète Anne Frackowiak-Jacobs a activé le niveau « canicule extrême » dès le lundi 22 juin, avec la mise en place d’un centre opérationnel départemental. Météo-France a maintenu la vigilance rouge jusqu’à ce vendredi 26 juin.
Dans ce contexte, plusieurs piscines publiques de l’agglomération clermontoise ont réduit leurs horaires d’ouverture, et des restrictions similaires ont été prises dans d’autres départements, comme en Seine-Saint-Denis. À Clermont-Ferrand, des élus locaux pointent le manque d’îlots de fraîcheur dans les quartiers populaires comme La Gauthière, où le béton domine.
Selon l’INSEE, La Gauthière est un quartier prioritaire de la politique de la ville, avec un taux de pauvreté supérieur à 30 %. « Quand il fait 41 °C, les familles n’ont pas d’autre choix que de rester chez elles ou de descendre sur le bitume. Une piscine gonflable, c’est du bon sens », estime une association de défense des locataires.
Des précédents qui interrogent
Ce n’est pas la première fois que l’installation d’une piscine hors-sol dans un espace public provoque l’intervention policière à Clermont-Ferrand. Selon Libération, une première opération similaire avait eu lieu la veille, le 23 juin, dans le même quartier. Mais celle-ci n’avait pas été filmée.
L’affaire rappelle d’autres polémiques récentes, comme l’évacuation de jeux d’eau improvisés par des enfants dans des cités, ou l’interdiction de l’accès à des fontaines publiques lors de précédents épisodes de chaleur.
Prochaine étape
Aucune communication officielle n’a encore été faite par la mairie de Clermont-Ferrand ni par la préfecture sur d’éventuelles mesures alternatives pour permettre aux habitants de se rafraîchir. Le député Thomas Portes a annoncé sur X qu’il allait interpeller le ministre de l’Intérieur et la préfète du Puy-de-Dôme pour demander des explications sur « l’usage des forces de l’ordre pendant la canicule ».