Clermont-Ferrand : l’unique boutique de l’aéroport au bord du dépôt de bilan après le départ de Ryanair
Le gérant de Cœur de Volcan raconte sa galère quotidienne depuis que la compagnie low-cost a claqué la porte fin mars, emportant 40 % du trafic.
Depuis le 27 mars, Ryanair a cessé ses vols au départ de Clermont-Ferrand, privant l'aéroport de 40 % de ses passagers. Conséquence directe l'unique boutique de l'aérogare, Cœur de Volcan, a perdu 60 % de son chiffre d'affaires. Son gérant, Christian Grangeon, a lancé une cagnotte sur Miimosa pour tenter de sauver ses quatre emplois et 800 références de produits auvergnats.
L’essentiel
- 27 mars 2026 : Ryanair quitte l’aéroport de Clermont-Ferrand-Auvergne, entraînant une chute de 40 % du trafic passagers.
- -60 % de chiffre d’affaires : la boutique Cœur de Volcan, seul commerce indépendant de l’aérogare, voit son activité s’effondrer.
- 4 salariés au chômage partiel : le gérant Christian Grangeon a placé son équipe en activité partielle et espère récolter 11 000 € via une cagnotte en ligne.
L’aéroport de Clermont-Ferrand-Auvergne n’en finit pas de digérer le départ de Ryanair, survenu le 27 mars 2026. La compagnie irlandaise exploitait trois lignes régulières - Porto, Londres-Stansted, Fès - et représentait près de 40 % des voyageurs de la plateforme. « C’est très rude », résume Christian Grangeon, gérant de la boutique Cœur de Volcan, seul commerce indépendant de l’aérogare.
Une chute de 60 % du chiffre d’affaires
Installé depuis huit ans dans la zone d’embarquement, Christian Grangeon propose environ 800 références de produits du terroir auvergnat, de la charcuterie aux fromages en passant par les vins régionaux. Il assurait également le ravitaillement pour l’aviation d’affaires. « Dès le départ de Ryanair, j’ai perdu 60 % de mon chiffre d’affaires », confie-t-il.
Les quatre salariés de la boutique ont été placés en chômage partiel. « Je ne pouvais plus les faire travailler, il n’y avait plus assez de passage », explique le commerçant. Le trafic de l’aéroport d’Aulnat, qui atteignait environ 250 000 passagers par an avant la pandémie, devrait s’effondrer à 140 000 ou 150 000 voyageurs en 2026, selon les prévisions des services de l’aéroport.
Une cagnotte en ligne pour tenir
Pour éviter la liquidation, Christian Grangeon a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Miimosa, spécialisée dans les projets agricoles et alimentaires. L’objectif est de récolter 11 000 euros. « Cela me permettrait de payer les charges fixes et de tenir quelques mois, le temps que la situation se stabilise peut-être », espère-t-il. La situation rappelle celle d’autres établissements en difficulté, comme le Marché du Soleil à Marseille, également menacé de fermeture, ou les impacts économiques de la sécheresse en Haute-Savoie qui contraignent certaines activités.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
L’aéroport de Clermont-Ferrand-Auvergne est le seul aéroport commercial du Puy-de-Dôme. Il dessert principalement des liaisons domestiques (Paris, Lyon, Nice) et quelques destinations internationales saisonnières. Avec le départ de Ryanair, la connectivité de la métropole clermontoise se réduit fortement, ce qui inquiète les acteurs économiques locaux. « L’aéroport est une vitrine pour le territoire », rappelle la chambre de commerce et d’industrie, qui suit de près la situation. La boutique Cœur de Volcan était aussi un point de vente important pour les produits labellisés Auvergne, et sa disparition priverait les voyageurs de cette offre locale.
À ce jour, la campagne Miimosa est toujours active. Christian Grangeon espère que les Clermontois et les amoureux de l’Auvergne répondront présents. « Je ne veux pas baisser les bras, ce commerce a du sens », conclut-il.