Clermont Foot 63 : Jacques d’Arrigo, entrepreneur data et rugby, en passe de prendre la tête du club
Un accord serait sur le point d'être conclu entre le propriétaire suisse Ahmet Schaefer et un consortium franco-américain mené par l'entrepreneur Jacques d'Arrigo.
Le Clermont Foot 63 (Ligue 2) est en passe de changer de propriétaire. Selon L'Équipe (29 mai 2026), un accord a été trouvé avec un consortium franco-américain conduit par Jacques d'Arrigo, profil atypique issu du sport-business. L'ère Ahmet Schaefer, entamée en 2019, s'achèverait après sept ans.
L’essentiel
- Accord en cours : le Clermont Foot 63 est en passe d’être cédé à un consortium franco-américain mené par Jacques d’Arrigo, selon L’Équipe du 29 mai 2026.
- Fin de l’ère Schaefer : Ahmet Schaefer avait racheté le club à Claude Michy pour environ 4 millions d’euros en 2019 ; il aurait injecté 7 M€ en 2025 pour combler la chute des droits TV.
- Profil atypique : d’Arrigo est ex-directeur commercial des Girondins de Bordeaux, ex-DG adjoint de l’Union Bordeaux-Bègles (rugby) et co-fondateur de la startup data Footbar.
- Direction sportive : Baptiste Drouet, ex-directeur de recrutement du FC Nantes, est pressenti comme directeur sportif.
- Capital : le projet vise un équilibre ~50/50 entre capitaux français et américains, avec ouverture aux supporters (modèle « socios »).
Un accord en passe d’être conclu
L’information est confirmée par L’Équipe dans son édition du 29 mai 2026 : le Clermont Foot 63 est sur le point d’être vendu à des investisseurs franco-américains. Le consortium serait mené par Jacques d’Arrigo, entrepreneur marseillais actif dans le sport-business. D’autres pistes avaient été évoquées ces dernières semaines, notamment celle de Stéphane Tessier, ancien directeur général de l’OM et de l’ASSE. Mais le projet d’Arrigo est décrit comme le plus avancé par L’Équipe.
Une incertitude subsiste toutefois. Le compte @CF63Insights nuançait l’information le 29 mai, suggérant que c’est en réalité le projet Tessier qui pourrait être finalisé en premier. La transaction n’est pas encore officialisée.
Qui est Jacques d’Arrigo ?
Le futur président pressenti cumule plusieurs expériences dans le sport professionnel et l’innovation. Il a été directeur commercial des Girondins de Bordeaux avant l’ère Gérard Lopez, puis directeur général adjoint de l’Union Bordeaux-Bègles en rugby. Il a ensuite co-fondé Footbar, une startup spécialisée dans la data et le tracking des performances sportives. Il a également présidé La SporTech, collectif fédérant plus de 200 startups françaises du secteur de l’innovation sportive, selon Acteur Éco.
D’Arrigo a précisé sa philosophie à La Montagne le 15 mai 2026 : « Si je deviens président, je m’installe ici et je n’interviendrai pas dans le sportif. Chacun son domaine. » Il travaille sur ce projet depuis plusieurs mois. Sur le volet sportif, Baptiste Drouet - ex-directeur de recrutement du FC Nantes - est pressenti pour occuper le poste de directeur sportif, selon les mêmes sources croisées par L’Équipe et Acteur Éco.
Un projet de gouvernance innovante
Au-delà du rachat, le consortium porterait une vision originale pour un club de Ligue 2. Le projet inclut une modification des statuts pour intégrer des objectifs sociétaux, sur le modèle des entreprises à mission. L’ouverture du capital aux supporters, à l’image du modèle espagnol des « socios », est également envisagée. La répartition du capital visée serait d’environ 50 % de fonds français et 50 % de fonds américains, selon Acteur Éco. L’ambition affichée : créer « le premier club de foot professionnel à mission » en France.
Le centre de formation du Clermont Foot 63, qui accueillait encore ce week-end des demi-finales nationales U17 et U19 au stade Gabriel-Montpied, s’inscrit dans cet ADN territorial que le futur propriétaire entend préserver.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le Clermont Foot 63, fondé dans sa forme actuelle après une fusion en 1990, évolue en Ligue 2. Son stade Gabriel-Montpied (inauguré en 1995, capacité actuelle d’environ 10 800 places, avec un projet d’extension vers 16 000 à 17 000 places) est l’une des enceintes sportives de référence en Auvergne-Rhône-Alpes.
Le club traverse une période de tension financière directement liée à la crise des droits TV qui frappe la Ligue 2. En juin 2025, Ahmet Schaefer avait injecté 7 millions d’euros dans les caisses pour compenser cette baisse drastique de revenus, selon Le Parisien. Le budget 2025-2026 avait été validé sans restriction par la DNCG, selon le site officiel du club. La cession est donc largement perçue comme une opération de recapitalisation nécessaire à la survie du club à ce niveau professionnel.
Le Clermont Foot 63 est aussi un acteur économique local via son Club Entreprises, réseau B2B qui associe des entreprises du territoire à la vie du club. Un changement de gouvernance de cette ampleur - et avec un profil aussi orienté sport-business et data - pourrait renforcer cette dimension partenariale dans l’écosystème économique clermontois. Le Puy-de-Dôme compte Clermont-Ferrand comme principal pôle urbain et économique de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Sept ans d’ère Schaefer
Ahmet Schaefer, homme d’affaires suisse, avait repris le club à Claude Michy en 2019 pour environ 4 millions d’euros. Sous sa présidence, le club a connu sa seule saison en Ligue 1 (2021-2022 et 2022-2023), avant de redescendre en Ligue 2. Les difficultés financières liées à l’effondrement des droits TV ont progressivement fragilisé le modèle économique du club, rendant une recapitalisation extérieure inévitable.
La finalisation de l’accord et la validation par la LFP restent à venir. Aucune date précise de conseil d’administration ou de vote n’a été communiquée à ce stade.
Sources
- L'Équipe : Le Clermont Foot 63 en passe d'être vendu à des investisseurs franco-américains
- Acteur Éco : Entrepreneur, data…et rugby ! Un profil atypique annoncé à la tête du Clermont Foot 63
- La Montagne : Jacques d'Arrigo détaille son projet de rachat du Clermont Foot
- Foot National : Ligue 2 : Clermont sur le point d'être vendu, l'ère Ahmet Schaefer touche à sa fin