Coatréven : un jeune interpellé un an après l’incendie criminel à 700 000 €
Un homme d'une vingtaine d'années a été placé en garde à vue début juin 2026, un an après avoir incendié l'entreprise ADL et une habitation à Coatréven.
Un jeune des Côtes-d'Armor a été interpellé début juin 2026 par les gendarmes de la COB Tréguier, un an après l'incendie criminel qui avait ravagé l'entreprise de maçonnerie ADL à Coatréven. Les dégâts s'élèvent à plus de 700 000 €. Le mobile retenu un désir de vengeance.
L’essentiel
- Incendie : nuit du 21 au 22 mai 2025, lieu-dit Ty Pry à Coatréven (22), entreprise ADL détruite.
- Dégâts : plus de 700 000 € - atelier de 100 m², carport, tracteur, deux véhicules et partie de l’habitation mitoyenne.
- Interpellation : début juin 2026, un jeune homme d’une vingtaine d’années placé en garde à vue, a reconnu les faits.
- Mobile : désir de vengeance, établi par enquête des gendarmes COB Tréguier sous autorité du parquet de Saint-Brieuc.
- Audience : convocation au tribunal judiciaire de Saint-Brieuc en décembre 2026, en procédure CRPC (plaider-coupable).
La nuit du 21 au 22 mai 2025 : un incendie dévastateur
Vers 3 heures du matin, les flammes ravagent le lieu-dit Ty Pry, à Coatréven, commune de quelque 800 habitants située entre Lannion et Tréguier. L’atelier de 100 m² de l’entreprise de maçonnerie ADL, propriété du patron qui habite sur place, part en fumée. Le carport attenant - environ 50 m² - brûle également, emportant un tracteur et deux véhicules. Une partie de l’habitation mitoyenne est aussi touchée.
Vingt-deux sapeurs-pompiers, venus des casernes de Lannion, Perros-Guirec, Tréguier et Plouaret, interviennent pour maîtriser le sinistre. La famille est relogée chez des proches. Les occupants ont été incommodés par les fumées, mais aucun blessé grave n’est à déplorer, selon Le Télégramme.
Le bilan matériel est lourd : les dégâts sont estimés à plus de 700 000 €, selon actu.fr. Pour un artisan local, la perte est totale - outil de travail, parc de véhicules, locaux.
Une enquête d’un an, menée depuis Tréguier
Dès le lendemain, le parquet de Saint-Brieuc ouvre une enquête. Les gendarmes de la compagnie de Tréguier (COB Tréguier) prennent la main. Le caractère volontaire de l’incendie est rapidement suspecté. Les investigations durent environ douze mois.
Le 6 juin 2026, la gendarmerie transmet un communiqué à la presse locale : un suspect a été interpellé et placé en garde à vue. L’homme, d’une vingtaine d’années, est originaire des Côtes-d’Armor. Il reconnaît les faits.
Le mobile établi par les enquêteurs : un désir de vengeance. La nature exacte du différend entre le mis en cause et la victime n’a pas été précisée dans les communiqués diffusés à ce stade.
Une procédure de plaider-coupable en décembre 2026
À l’issue de la garde à vue, le jeune homme est convoqué devant le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc en décembre 2026, dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), dite procédure de plaider-coupable. Cette voie judiciaire, réservée aux infractions dont la peine encourue ne dépasse pas dix ans d’emprisonnement, suppose que le prévenu reconnaisse les faits avant l’audience.
L’incendie volontaire ayant entraîné des dégâts matériels importants est passible de dix ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende selon le code pénal. La peine peut être aggravée selon les circonstances retenues par le parquet.
Pour des faits d’incendie criminel similaires, la justice peut également ordonner des mesures de réparation civile au bénéfice des victimes - un enjeu particulièrement lourd au regard des 700 000 € de dégâts constatés. Aucun chiffre sur l’indemnisation n’a été communiqué à ce jour.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Coatréven est une commune rurale du Trégor, dans l’arrondissement de Lannion. Avec moins de 900 habitants, elle concentre un tissu de TPE artisanales, dont plusieurs entreprises du bâtiment. Un incendie de cette ampleur affecte directement l’emploi et l’activité économique locale.
Les Côtes-d’Armor comptent plusieurs brigades et compagnies de gendarmerie couvrant des zones peu denses. La COB (Communauté de brigades) de Tréguier, compétente sur ce secteur, gère des affaires allant des vols ruraux aux violences. Les enquêtes longues - ici un an entre les faits et l’interpellation - sont fréquentes dans des territoires où les moyens d’investigation sont mutualisés entre plusieurs brigades.
Les incendies criminels restent relativement rares dans ce département à dominante agricole et artisanale, mais leurs conséquences sur les entreprises locales sont souvent irréversibles. À titre de comparaison, un incendie mortel ayant entraîné l’ouverture d’une enquête par la gendarmerie a également eu lieu début juin 2026 dans le Var, signe que ces faits mobilisent les forces de l’ordre sur tout le territoire.
Du côté des moyens de secours mobilisés, les 22 pompiers intervenus à Coatréven représentent une réponse significative pour une commune de cette taille. Un incendie à Nice avait nécessité 28 pompiers dans un contexte urbain dense, illustrant les écarts de ressources selon les territoires.
Prochaine étape
L’audience en CRPC est fixée en décembre 2026 au tribunal judiciaire de Saint-Brieuc. Si la peine proposée par le parquet est acceptée par le prévenu et homologuée par le juge, une condamnation sera prononcée ce jour-là.
Sources
- Le Télégramme : Incendie à Coatréven : un désir de vengeance à 700 000 €
- actu.fr : 700 000€ de dégâts pour une vengeance, un jeune interpellé un an après
- Ouest-France : Un désir de vengeance : un an après l'incendie d'un atelier et d'une maison en Côtes-d'Armor, un homme interpellé
- Le Télégramme : Un incendie a ravagé l'entreprise de bâtiments ADL à Coatréven