Raphaël Collignon renverse Cerundolo et atteint sa première finale ATP à Gstaad
Le Belge renverse Cerundolo après avoir été au bord du gouffre en demi-finale à Gstaad
Le Belge, 42e mondial, s'est imposé 1-6, 7-6 (7/5), 7-5 après avoir été mené 5-2 dans le troisième set. Il affrontera dimanche Shevchenko ou Tsitsipas pour son premier titre ATP.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Première finale ATP d'une carrière
À 24 ans et après six titres Challenger, Collignon franchit enfin le cap du circuit principal. Une consécration tardive pour un joueur qui n'avait aucune victoire ATP avant 2025.
Entrée garantie dans le Top 40
Quel que soit le résultat de la finale, Collignon intégrera lundi le Top 40 mondial, son meilleur classement en carrière.
Relève belge après Goffin
Premier Belge finaliste à Gstaad depuis David Goffin en 2015, Collignon porte désormais les espoirs du tennis belge sur terre battue.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Collignon, 42e mondial, atteint sa première finale ATP à 24 ans après avoir renversé Juan Manuel Cerundolo en demi-finale à Gstaad
- Score final 1-6, 7-6 (7/5), 7-5 en deux heures et 29 minutes sur terre battue
- Collignon devient le deuxième Belge finaliste à Gstaad après David Goffin en 2015 et intégrera le Top 40 lundi
- Il affrontera dimanche Alexander Shevchenko (ATP 100) ou Stefanos Tsitsipas (ATP 85) pour tenter de décrocher son premier titre ATP
Court numéro 1 de Gstaad, samedi 18 juillet. Raphaël Collignon sert à 5-3 dans le deuxième set. Il vient de perdre le premier 6-1. L’Argentin Juan Manuel Cerundolo a une balle de match. Collignon balance un ace. Puis un autre. Le public suisse retient son souffle. Collignon tient son service. Puis enchaîne trois jeux d’affilée. Tie-break. Il le remporte 7/5. Un set partout.
Troisième manche. Cerundolo repart de l’avant. 5-2. Collignon est à deux jeux de l’élimination. Il gagne le suivant. Puis le suivant. Puis tous les suivants. Cinq jeux consécutifs. Score final: 1-6, 7-6 (7/5), 7-5. Deux heures et 29 minutes de match. Première finale ATP pour le 42e mondial - à 24 ans.
Une balle de match sauvée
La balle de match intervient à 6-1, 5-3 sur le service de Collignon. C’est à ce moment précis que le Belge trouve les ressources pour inverser la tendance et enclencher sa remontée spectaculaire. Cette capacité à élever son niveau dans l’instant décisif transforme une défaite annoncée en victoire historique.
C’est sa quatrième confrontation contre Cerundolo. Les trois premières, il les avait perdues. Cette fois, il a renversé un adversaire classé trois rangs derrière lui au classement ATP. Les médias suisses parlent d’un « succès miraculeux » - d’une « remontée héroïque ». Une performance « miraculeuse » - écrivent d’autres. Les mots grandiloquents cachent mal une réalité simple: Collignon n’a jamais lâché.
Top 40 garanti, un seuil symbolique franchi
Cette finale garantit à Collignon son entrée dans le Top 40 lundi - quel que soit le résultat de dimanche. Un cap symbolique pour un joueur qui a atteint son meilleur classement en carrière, 42e mondial, le 13 juillet 2026 - cinq jours seulement avant cette demi-finale. Le Top 40 ouvre l’accès direct aux tableaux principaux de la plupart des tournois et améliore les conditions de tirage dans les tournois majeurs. C’est aussi un seuil psychologique: celui des quarante meilleurs joueurs de la planète, un club restreint que Collignon intègre après des années de progression méthodique sur le circuit Challenger.
Avant 2025, il n’avait aucune victoire sur le circuit ATP. Depuis, il a remporté six titres Challenger - atteint le troisième tour de Roland-Garros - et battu Alex de Minaur en Coupe Davis - alors que l’Australien était classé dans le top 10 mondial. Cette victoire avait permis à la Belgique de créer la surprise contre l’Australie. Son parcours à Gstaad confirme cette trajectoire: victoire contre Lorenzo Sonego en deux tie-breaks - puis succès en trois sets face à Timofey Skatov et Valentin Vacherot.
Le mental qui fait la différence
Les observateurs saluent sa « force mentale » et sa « confiance » - qui lui ont permis de surmonter les situations difficiles tout au long de la semaine. C’est un joueur « pas découragé par les classements ou les réputations » - notent les médias suisses. L’« exploit de sa carrière » - écrivent-ils après la demi-finale. Ces qualités mentales expliquent pourquoi Collignon a pu transformer une défaite annoncée en victoire historique: mené 6-1, puis confronté à une balle de match à 5-3, puis à nouveau dos au mur à 5-2 dans le troisième set, il a systématiquement trouvé les ressources pour inverser la tendance.
C’est ce mental d’acier qui révèle aussi un paradoxe du tennis actuel. Collignon est tête de série numéro 7 du tournoi - Cerundolo numéro 6. Deux joueurs de niveau quasi identique, classés entre la 40e et la 45e place mondiale. Le premier atteint sa première finale ATP à 24 ans. Le second, classé 45e, n’en a jamais disputé non plus. À ce niveau du classement, la marge entre une carrière qui décolle et une carrière qui stagne tient à une balle de match sauvée.
Après Goffin, Collignon porte la relève belge
Collignon devient le deuxième Belge à atteindre la finale du Swiss Open après David Goffin en 2015. Onze ans séparent les deux parcours. Goffin, alors 14e mondial, incarnait déjà la relève belge après la génération Malisse-Rochus. Il avait atteint la finale à Gstaad avant de grimper jusqu’à la 7e place mondiale et d’établir la Belgique comme une nation compétitive sur terre battue. Collignon reprend le flambeau avec un profil différent: moins flamboyant, plus tardif, mais tout aussi tenace.
Le tennis belge cherchait un successeur à Goffin sur terre battue depuis plusieurs saisons. Collignon, par ce parcours à Gstaad, prouve qu’il peut assumer ce rôle. Sa première finale ATP à 24 ans suit une trajectoire atypique: six titres Challenger avant de franchir le cap du circuit principal, une progression lente mais solide. Là où Goffin explosait jeune, Collignon construit pierre par pierre. Deux styles, un même objectif: maintenir la Belgique sur la carte du tennis mondial.
Tsitsipas ou Shevchenko en finale
Collignon affrontera dimanche Alexander Shevchenko (ATP 100) ou Stefanos Tsitsipas (ATP 85). Tsitsipas, ancien numéro 3 mondial, traverse une saison compliquée. Shevchenko est classé 100e. Quel que soit l’adversaire, Collignon part favori sur le papier. Mais le papier ne sauve pas de balle de match.
Cerundolo pourra se consoler avec la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 - où son pays participe. Le tennis attendra.
Collignon sert pour le match à 6-5 dans le troisième set. Il ne tremble pas. Jeu blanc. Il lève les bras. Le public se lève. Un an plus tôt, il n’avait jamais gagné un match ATP. Aujourd’hui, il est finaliste. Quelque part dans les tribunes, un drapeau belge flotte. Collignon le regarde. Il sourit. C’est tout.
Sources
- Blick - Raphaël Collignon s'offre une finale historique
- RTS - Raphaël Collignon se qualifie pour la finale à Gstaad
- Eurosport - Live Raphaël Collignon vs Juan Manuel Cerundolo
- StarSportTV - Raphaël Collignon verra sa première finale sur le circuit ATP
- Bluewin - Collignon defeats Cerundolo and reaches his first ATP final
