Comment cuber un arbre : guide pratique
En bref
Pour cuber un arbre, il faut mesurer son diamètre à 1,30 m de hauteur et sa hauteur totale, puis appliquer une formule mathématique ou utiliser un tarif de cubage. Le volume s'obtient en assimilant l'arbre à un cylindre avec la formule V = (π × D² × H) / 4 ou en utilisant des barèmes spécialisés.
Le cubage du bois est une opération essentielle en sylviculture qui consiste à évaluer le volume d'un arbre, qu'il soit sur pied ou abattu. En France, cette pratique est encadrée par des normes strictes : la norme AFNOR NF B53-020 pour les bois abattus et la norme NF B53-017 pour le cubage estimatif des bois sur pied. Cette technique permet notamment de déterminer la valeur commerciale des arbres lors des ventes de bois et constitue un outil indispensable pour la gestion forestière.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Mesurer le diamètre de l'arbre à hauteur d'homme
La première étape consiste à mesurer le diamètre ou la circonférence de l'arbre à 1,30 mètre du sol, ce qu'on appelle la hauteur d'homme. Cette mesure standardisée permet d'obtenir des résultats comparables. Utilisez un compas forestier pour mesurer le diamètre, en prenant deux mesures perpendiculaires pour plus de précision, puis calculez la moyenne. Pour la circonférence, un mètre ruban suffit. La circonférence s'exprime généralement en classes de 10 cm, tandis que le diamètre s'exprime en classes de 5 cm. Ces classes sont désignées par leur dimension médiane. Par exemple, la classe de diamètre 45 cm comprend les arbres de 42,5 cm à 47,5 cm.
Étape 2 : Évaluer la hauteur de l'arbre
La mesure de la hauteur est plus délicate que celle du diamètre. Pour un arbre sur pied, vous devez déterminer soit la hauteur totale jusqu'au bourgeon terminal, soit la hauteur de découpe. La hauteur de découpe correspond généralement à un diamètre fin bout de 7 cm pour le volume bois fort, ou 14 cm pour le bois d'œuvre. Utilisez un dendromètre pour mesurer la hauteur à distance, ou une méthode plus simple comme la croix de bûcheron. Pour être précis, visez à partir de 1,30 m de hauteur et ajoutez 1 mètre lors du comptage. Il est recommandé de réaliser cette opération sur 10 arbres pour obtenir une hauteur moyenne représentative du peuplement.
Étape 3 : Calculer la décroissance métrique moyenne
La décroissance métrique moyenne (DMM) représente le nombre de centimètres que l'arbre perd par mètre de hauteur sur la circonférence ou le diamètre. Cette valeur est essentielle pour estimer le diamètre médian de l'arbre. La DMM varie selon l'essence, le type de peuplement et les conditions de croissance. Pour la calculer précisément, il faut mesurer des arbres abattus proches de votre parcelle et observer leur conicité. Dans la pratique, on estime souvent cette décroissance à l'œil, ce qui demande une grande expérience. Pour les résineux, la DMM est généralement plus régulière que pour les feuillus. Une fois la DMM déterminée, vous pouvez calculer le diamètre médian avec la formule : DM = D1,30m – ((HM – 1) × DMM), où HM est la hauteur médiane.
Étape 4 : Appliquer la formule de cubage cylindrique
Pour cuber un arbre sur pied, la méthode la plus courante consiste à l'assimilar à un cylindre. La formule de base est V = (π × D² × H) / 4, où V est le volume en m³, D le diamètre médian en mètres, et H la hauteur en mètres. On peut simplifier π/4 à 0,7854. Pour la circonférence, utilisez V = (C² × H) / (4 × π). Il existe également des formules simplifiées : pour les résineux, V = 1/3 × D² × H (avec D en mètres), ou V = 1/30 × C² × H (avec C en mètres). Le cubage au réel ou cubage cylindrique est la seule méthode légale et nationale reconnue en France depuis 1956. Pour les arbres abattus, mesurez le diamètre médian à mi-longueur de la grume pour plus de précision.
Étape 5 : Utiliser un tarif de cubage adapté
Les tarifs de cubage sont des tableaux ou équations qui fournissent directement le volume d'un arbre en fonction de caractéristiques mesurables. Il existe des tarifs à une entrée (uniquement le diamètre), comme les tarifs Algan ou Schaeffer, et des tarifs à deux entrées (diamètre et hauteur), comme le tarif Chaudé. L'Office National des Forêts (ONF), l'Inventaire Forestier National (IGN) et le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) ont développé des tarifs spécifiques pour chaque essence et région. Un tarif de cubage a un domaine de validité défini : essence, zone géographique, type de peuplement. Pour une application locale, un échantillon de 30 à 100 arbres suffit à construire un tarif spécifique. L'utilisation de barèmes comme le barème de Lapasse dans les Landes facilite grandement le travail.
Étape 6 : Appliquer le coefficient de forme
Les arbres n'étant pas des cylindres parfaits, il faut appliquer un coefficient correcteur appelé coefficient de forme (F) qui prend en compte leur décroissance naturelle. Ce coefficient correspond au rapport du volume commercial sur le volume du cylindre correspondant. Il est généralement proche de 0,5 pour le volume bois fort. La formule complète devient alors V = G × H × F, où G est la surface terrière et H la hauteur moyenne du peuplement. Pour des découpes inférieures, le coefficient de forme sera plus élevé. Sans précision explicite, le volume est exprimé avec écorce (sur écorce). Pour les résineux, la mesure se fait généralement sous écorce. L'opération est facilitée lorsque les troncs sont bien ronds et droits, mais devient plus complexe pour les bois tordus, irréguliers ou creux.
Étape 7 : Extrapoler le volume à l'échelle du peuplement
Pour estimer le volume d'un peuplement forestier entier, les données de cubage de chaque arbre échantillon sont extrapolées à la surface totale en fonction du nombre d'arbres. Utilisez un relascope à chaînette pour calculer la surface terrière de votre parcelle, qui permet de déterminer le nombre de m² d'arbres à l'hectare. Par exemple, pour une parcelle de sapin bien entretenue avec des éclaircies régulières, la surface terrière est en moyenne de 35 à 40 m². La méthode classique consiste à effectuer un inventaire des arbres, les classer par catégories de grosseurs, puis appliquer un tarif de cubage à chaque catégorie. Par sommation, on obtient le volume total du peuplement. Cette méthode, si les mesures sont prises correctement, constitue l'estimation la plus sûre.
💡 Conseils et astuces
- Respectez toujours les normes françaises en vigueur : NF B53-020 pour les bois ronds abattus et NF B53-017 pour le cubage estimatif des bois sur pied
- Investissez dans des outils de qualité : compas forestier, dendromètre, relascope à chaînette et mètre à pointe pour des mesures précises et fiables
- Formez-vous auprès d'organismes reconnus comme l'ONF, le CNPF ou des experts forestiers pour maîtriser les techniques de cubage spécifiques à votre région
- Conservez une traçabilité de vos mesures en notant systématiquement les données sur des fiches de cubage standardisées pour faciliter les contrôles
- Adaptez votre méthode selon le contexte : cubage simplifié pour une estimation rapide, cubage détaillé pour les ventes commerciales importantes
- Tenez compte des spécificités régionales : certaines zones utilisent encore des méthodes traditionnelles comme le cubage au quart, où 1 m³ au réel équivaut à 0,785 m³ au quart
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre cubage sur pied et cubage abattu ?
Le cubage sur pied est une estimation du volume d'un arbre debout basée sur des mesures approximatives, tandis que le cubage abattu mesure le volume réel d'une grume au sol avec précision. Le cubage sur pied utilise la norme NF B53-017 et donne un résultat approché, alors que le cubage abattu suit la norme NF B53-020 et constitue la méthode légale pour les transactions commerciales depuis 1956.
Combien d'arbres faut-il mesurer pour établir un tarif de cubage fiable ?
Pour un tarif concernant une aire limitée où les conditions de croissance sont homogènes, un échantillon de 30 à 100 arbres suffit. Pour un tarif d'application plus large couvrant une région aux conditions hétérogènes, il est indispensable de mesurer plusieurs centaines d'arbres. L'Inventaire Forestier National recommande au moins 50 arbres bien répartis dans les catégories de diamètres et classes de hauteurs pour construire un tarif valide.
Peut-on cuber tous les types d'arbres avec la même formule ?
Non, chaque essence forestière a ses propres caractéristiques de décroissance et de forme. Les résineux et les feuillus nécessitent des approches différentes. De plus, le type de peuplement (futaie régulière, taillis sous futaie, futaie jardinée) influence le volume. C'est pourquoi il existe des tarifs de cubage spécifiques par essence, région et type de peuplement, développés par l'ONF, l'IGN et le CNPF.
Quels sont les outils indispensables pour cuber un arbre ?
Les outils essentiels sont : un compas forestier pour mesurer le diamètre à 1,30 m, un dendromètre pour évaluer la hauteur à distance, un mètre à pointe ou mètre ruban pour les longueurs, et un relascope à chaînette pour calculer la surface terrière d'un peuplement. Pour les professionnels, les machines de bûcheronnage modernes intègrent des systèmes de mesure automatisés qui permettent un cubage en temps réel.
Quelle est la précision d'un cubage estimatif sur pied ?
Le cubage sur pied reste une estimation car certaines mesures sont approximatives, notamment la hauteur de découpe et le diamètre médian. La précision dépend de l'expérience du cubeur, de la méthode employée et de la régularité de l'arbre. Les arbres droits et ronds sont plus faciles à cuber précisément, tandis que les bois tordus, irréguliers ou creux nécessitent des approximations qui peuvent varier significativement selon l'opérateur.
📚 Sources
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