Comment est mort le Cardinal de Richelieu
En bref
Le Cardinal de Richelieu est mort le 4 décembre 1642 d'une tuberculose pulmonaire, après avoir souffert de multiples maladies chroniques pendant des années. Son autopsie révéla une pleurésie purulente de nature tuberculeuse avec deux abcès au poumon.
Le 4 décembre 1642, le Cardinal de Richelieu s'éteint à l'âge de 57 ans dans son Palais-Cardinal à Paris, après 18 années passées comme principal ministre de Louis XIII. Sa mort provoque une explosion de liesse populaire : le peuple allume des feux de joie dans les rues pour célébrer la disparition de celui qu'il surnommait « l'homme rouge ». Pourtant, derrière cette fin tant attendue se cache une longue agonie marquée par de multiples pathologies et des souffrances intenses.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Comprendre l'état de santé fragile du Cardinal
Armand Jean du Plessis de Richelieu a toujours été de constitution fragile. Dès sa jeunesse, il souffrait de migraines chroniques, possiblement dues à des crises d'épilepsie. Tout au long de sa vie, il fut affligé de multiples pathologies : tuberculose intestinale, ténesme, fièvres récurrentes, rhumatismes, goutte et calculs rénaux. À partir de 1632, il développa également des hémorroïdes chroniques particulièrement douloureuses, nécessitant plusieurs interventions chirurgicales. En 1641, son état devint alarmant, alimentant les spéculations sur l'avenir du pouvoir en France. Malgré ces souffrances constantes, le Cardinal continua d'exercer ses fonctions avec une détermination remarquable, gouvernant la France d'une main de fer aux côtés de Louis XIII.
Étape 2 : Identifier les symptômes des derniers jours
Dans la nuit du 30 novembre 1642, le Cardinal cracha du sang, marquant le début de son agonie finale. Il fut alors pris d'une fièvre intense et tenace, accompagnée de difficultés respiratoires croissantes. Une douleur lancinante lui poignardait le côté, signe d'une pleurésie en développement. Richelieu comprit alors que sa fin était proche et l'accepta avec résignation. Ses médecins, impuissants, multiplièrent les saignées quotidiennes qui ne firent qu'accélérer son affaiblissement. Le 3 décembre, Louis XIII, informé par son médecin Bouvard de la gravité de la situation, rendit une ultime visite à son ministre et exprima enfin de la tristesse. Les derniers jours furent empreints de mélancolie, le Cardinal réfléchissant à son héritage et s'inquiétant de l'avenir de la France.
Étape 3 : Connaître les traitements médicaux de l'époque
Les médecins de Richelieu appliquèrent les pratiques médicales du XVIIe siècle, souvent plus néfastes que bénéfiques. Des saignées quotidiennes furent pratiquées, précipitant la fin du mourant en l'affaiblissant davantage. Selon l'historienne Clémentine Portier-Kaltenbach, on lui administra même un élixir à base de crottin de cheval dilué dans du vin blanc. Un empirique nommé Le Fèvre lui donna de mystérieuses pilules, probablement de l'opium, qui lui apportèrent un soulagement provisoire. Louis XIII lui-même tenta de le réconforter en lui offrant deux jaunes d'œufs, privilège ordinairement réservé aux rois. Face à l'échec de la médecine, Richelieu fit même venir les reliques de saint Fiacre au Palais-Royal, réputées souveraines pour ses maux, témoignant du désespoir de ses dernières heures.
Étape 4 : Retracer les dernières heures du 4 décembre
Le matin du 4 décembre 1642, Richelieu reçut encore un envoyé avant de prendre congé de sa nièce Marie-Madeleine de Vignerot, lui déclarant qu'elle était la personne qu'il avait le plus aimée au monde. Il fut assisté dans son agonie par un carme, le père Léon de Saint-Jean, supérieur des carmes. Vers midi, après avoir murmuré en latin les dernières paroles du Christ « In manus tuas, Domine… Dans tes mains, Seigneur… je remets mon esprit », le Cardinal s'éteignit paisiblement. Le père Léon lui donna une dernière absolution et lui ferma les yeux, murmurant gravement : « Ainsi passe la gloire du monde ». L'homme qui avait échappé à tant de tentatives d'assassinat et de complots mourait finalement chrétiennement dans son lit, à l'âge de 57 ans.
Étape 5 : Découvrir les conclusions de l'autopsie
L'autopsie du Cardinal de Richelieu, rapportée par Augustin Cabanès dans son « Cabinet secret de l'histoire », révéla une pleurésie purulente de nature tuberculeuse. Les médecins découvrirent deux abcès importants au poumon, confirmant que la tuberculose pulmonaire fut la cause directe du décès. Contrairement à ce que pensaient initialement ses médecins, qui attribuaient sa mort à une gangrène anale, c'est bien l'atteinte pulmonaire qui l'emporta. L'autopsie révéla également une curiosité : son cerveau dégageait une odeur suave et agréable au lieu de l'odeur fétide habituelle, probablement parce que Richelieu faisait parfumer sa chambre de musc et d'ambre pour chasser les miasmes. Cette analyse post-mortem permit de comprendre que le Cardinal souffrait de tuberculose depuis longtemps, maladie qui le rongeait progressivement.
Étape 6 : Comprendre la réaction populaire à sa mort
L'annonce de la mort de Richelieu provoqua une explosion de joie dans tout le royaume. Le peuple envahit les rues et alluma des feux de joie pour célébrer la disparition du ministre tant détesté. Cette haine collective s'explique par sa politique de rigueur extrême : il avait accablé la paysannerie de taxes, réprimé impitoyablement les révoltes populaires, affaibli la noblesse et gouverné avec une intransigeance absolue. Louis XIII, en apprenant le décès de son ministre, se contenta de dire froidement : « Voilà un grand politique de mort », témoignant d'une relation complexe dénuée d'affection réelle. Pendant quatre jours, les Parisiens défilèrent devant la dépouille drapée dans sa robe de pourpre. Le Cardinal fut inhumé dans la chapelle de la Sorbonne qu'il avait fait reconstruire, où son mausolée, chef-d'œuvre du sculpteur Girardon, témoigne encore de sa grandeur.
Étape 7 : Examiner les théories alternatives sur sa mort
Malgré les conclusions de l'autopsie, plusieurs théories du complot émergèrent autour de la mort de Richelieu. Certains évoquèrent un possible empoisonnement orchestré par ses nombreux ennemis politiques, inquiets de son influence grandissante. D'autres pensèrent que sa mort pourrait être liée à la vengeance des nobles qu'il avait réprimés, notamment après les exécutions de Chalais, Montmorency et Cinq-Mars. Dans un contexte où la superstition était omniprésente, quelques-uns évoquèrent même une malédiction ou des pratiques occultes. Toutefois, les historiens, dont l'historienne Françoise Hildesheimer dans sa biographie de référence parue chez Flammarion en 2011, rejettent ces théories. Les preuves médicales et le contexte de santé fragile du Cardinal depuis des décennies confirment une mort naturelle due à la tuberculose pulmonaire, aggravée par l'épuisement d'une vie consacrée au pouvoir.
💡 Conseils et astuces
- Consultez la biographie de référence de Françoise Hildesheimer « Richelieu » (Flammarion, 2011) pour une analyse approfondie des circonstances de sa mort
- Visitez la chapelle de la Sorbonne à Paris où repose le Cardinal pour voir son impressionnant mausolée sculpté par François Girardon
- Lisez les travaux de l'historien Joseph Bergin qui a analysé en détail la fortune et la vie de Richelieu
- Explorez les écrits d'Augustin Cabanès dans « Le Cabinet secret de l'histoire » pour des détails médicaux sur l'autopsie
- Découvrez le Palais-Royal (ancien Palais-Cardinal) où Richelieu rendit son dernier soupir le 4 décembre 1642
- Comparez la trajectoire de Richelieu avec celle de son successeur Mazarin, tous deux ayant exercé le pouvoir pendant 18 ans
❓ Questions fréquentes
Quelle était la cause exacte de la mort de Richelieu ?
Richelieu est mort d'une tuberculose pulmonaire le 4 décembre 1642. Son autopsie révéla une pleurésie purulente de nature tuberculeuse avec deux abcès au poumon, selon Augustin Cabanès dans son Cabinet secret de l'histoire.
Quel âge avait le Cardinal de Richelieu à sa mort ?
Le Cardinal de Richelieu avait 57 ans au moment de sa mort. Né le 9 septembre 1585 à Paris, il s'est éteint le 4 décembre 1642 dans son Palais-Cardinal, après 18 années comme principal ministre de Louis XIII.
Pourquoi le peuple a-t-il célébré la mort de Richelieu ?
Le peuple alluma des feux de joie à l'annonce de sa mort car Richelieu était extrêmement impopulaire. Il avait accablé la population de taxes, réprimé impitoyablement les révoltes et gouverné avec une rigueur inflexible pendant 18 ans.
Qui a succédé à Richelieu comme ministre ?
Le Cardinal Jules Mazarin succéda à Richelieu comme principal ministre en janvier 1643. Richelieu lui-même avait recommandé Mazarin au roi Louis XIII avant de mourir. Mazarin exerça le pouvoir pendant 18 ans, exactement comme son prédécesseur.
Où est enterré le Cardinal de Richelieu ?
Richelieu est inhumé dans la chapelle de la Sorbonne à Paris, qu'il avait fait reconstruire avec magnificence. Son mausolée, chef-d'œuvre du sculpteur François Girardon, s'y trouve toujours et témoigne de sa grandeur.
📚 Sources
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