Comment fermer son entreprise : guide complet
En bref
Pour fermer son entreprise, il faut effectuer une déclaration de cessation d'activité sur le Guichet unique de l'INPI dans les 30 jours suivant l'arrêt de l'activité. Pour les sociétés, la procédure complète comprend trois étapes : la dissolution, la liquidation puis la radiation.
En France, plus de 4,2 millions de formalités d'entreprises ont été réalisées en 2024 sur le Guichet unique de l'INPI, dont une part importante concernait des cessations d'activité. Fermer une entreprise, qu'il s'agisse d'une société commerciale ou d'une entreprise individuelle, nécessite de respecter une procédure strictement encadrée par la loi. Cette démarche, loin d'être anodine, implique des étapes administratives précises et des coûts variables selon la forme juridique de l'entreprise.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Vérifier la situation financière de l'entreprise
Avant d'entamer toute démarche de fermeture, assurez-vous que votre entreprise ne se trouve pas en état de cessation de paiements et que toutes les obligations légales sont régularisées. Si vous êtes dans l'incapacité de faire face à vos dettes avec votre actif disponible, vous devez déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours auprès du tribunal de commerce. Cette situation nécessite une procédure de liquidation judiciaire et non une fermeture volontaire. Pour une fermeture amiable, votre entreprise doit être en capacité de rembourser tous ses créanciers. Faites un état complet de vos actifs et passifs pour déterminer la procédure adaptée à votre situation.
Étape 2 : Préparer la dissolution de la société
Pour les sociétés (SARL, SAS, SASU, EURL), la première étape consiste à convoquer une assemblée générale extraordinaire pour décider de la dissolution anticipée. La convocation doit être envoyée au moins quinze jours avant la date de l'assemblée. Lors de cette réunion, les associés votent la dissolution et nomment un liquidateur amiable, qui peut être le dirigeant, un associé ou une personne extérieure. La décision est ensuite retranscrite dans un procès-verbal d'assemblée générale qui servira de base aux formalités suivantes. Pour les entreprises individuelles et micro-entreprises, cette étape n'est pas nécessaire, car la procédure est simplifiée et ne nécessite qu'une simple déclaration de cessation d'activité.
Étape 3 : Publier l'annonce légale de dissolution
Dans le mois suivant la décision de dissolution, vous devez publier un avis de dissolution dans un journal d'annonces légales habilité dans le département du siège social. Cette publication, dont le coût forfaitaire se situe autour de 150 à 200 euros en métropole, informe les tiers (créanciers, partenaires, clients) de votre décision. L'annonce doit contenir des mentions obligatoires : dénomination sociale, forme juridique, capital, adresse du siège, date de l'assemblée, identité du liquidateur et adresse du siège de liquidation. Cette publication fait courir le délai d'éventuelle opposition des créanciers, qui disposent de 30 jours pour se manifester. Conservez précieusement l'attestation de parution fournie par le journal, elle sera indispensable pour les démarches suivantes.
Étape 4 : Déclarer la dissolution sur le Guichet unique
Connectez-vous sur la plateforme e-procédures.inpi.fr pour effectuer la formalité de dissolution. Toutes les démarches de cessation d'activité sont désormais centralisées sur ce guichet unique géré par l'INPI, qui traite plus de 20 000 formalités par jour. Remplissez le formulaire en ligne en renseignant les informations sur votre entreprise et déposez les pièces justificatives requises : procès-verbal de dissolution, attestation de parution dans un journal d'annonces légales, pièce d'identité du liquidateur. Les frais de greffe pour la dissolution s'élèvent à 192,01 euros pour une société. Après validation de votre dossier, vous recevrez un Kbis de dissolution. Le délai moyen de traitement par les valideurs est d'environ 6 jours. Vous pouvez suivre l'avancement de votre dossier depuis votre tableau de bord personnel.
Étape 5 : Réaliser les opérations de liquidation
Durant la période de liquidation, qui peut durer jusqu'à trois ans maximum, le liquidateur doit vendre les actifs de la société, régler toutes les dettes et gérer les créances. Tous les documents émanant de la société doivent désormais porter la mention société en liquidation et le nom du liquidateur, sous peine de sanctions pénales. Le liquidateur doit établir les comptes annuels dans un délai de trois mois et rédiger un rapport sur les opérations réalisées. Il dispose ensuite de six mois pour convoquer une assemblée générale ordinaire afin que les associés statuent sur les comptes. Si un boni de liquidation existe (surplus après remboursement des créanciers), un droit d'enregistrement de 2,5% du montant sera applicable. La liquidation se termine lorsque toutes les dettes sont apurées et les actifs distribués.
Étape 6 : Clôturer la liquidation et demander la radiation
Une fois les opérations de liquidation terminées, le liquidateur convoque les associés en assemblée générale pour statuer sur les comptes définitifs, donner quitus au liquidateur et constater la clôture de la liquidation. Dans le mois suivant cette décision, vous devez publier un second avis dans un journal d'annonces légales (environ 110 euros) puis déposer un dossier de radiation sur le Guichet unique. Les pièces à fournir comprennent : la décision de l'AG statuant sur les comptes définitifs, un acte certifié conforme constatant la clôture, l'attestation de parution. Les frais de greffe pour la radiation s'élèvent à 13,53 euros. Une fois validée, la société est radiée du Registre national des entreprises et du Registre du commerce et des sociétés. La société perd alors définitivement sa personnalité morale.
Étape 7 : Effectuer les démarches fiscales et sociales
Parallèlement aux formalités juridiques, vous devez accomplir vos obligations fiscales et sociales. Dans les 60 jours suivant la cessation d'activité, déclarez vos résultats ou revenus à la Direction générale des Finances publiques. Tous les bénéfices non encore taxés sont immédiatement imposés. Si vous êtes redevable de la TVA, effectuez une déclaration dans les 30 jours de la dissolution. Auprès de l'Urssaf, déclarez vos revenus dans un délai de 90 jours à compter de la cessation. Les cotisations sociales sont calculées au prorata de l'activité exercée dans l'année. Demandez une réduction de la cotisation foncière des entreprises si la cessation a eu lieu en cours d'année. Pour les salariés, remettez les documents de fin de contrat et les soldes de tout compte. Le Guichet unique transmet automatiquement les informations aux organismes de Sécurité sociale et à l'administration fiscale.
💡 Conseils et astuces
- Pour une entreprise individuelle ou micro-entreprise, la cessation est gratuite et beaucoup plus simple : une simple déclaration sur le Guichet unique suffit, sans besoin de dissolution ni liquidation
- Munissez-vous d'une signature électronique avancée reposant sur un certificat qualifié, ou utilisez FranceConnect+ qui est gratuit et se substitue à cette obligation
- La fermeture d'une entreprise n'entraîne pas la perte des droits de propriété intellectuelle comme les marques ou brevets, qui peuvent être conservés, cédés ou transférés
- Si vous souhaitez simplement suspendre temporairement votre activité, optez pour une mise en sommeil plutôt qu'une fermeture définitive, cela évite la dissolution et permet de reprendre l'activité ultérieurement
- L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) met à disposition une liste des organismes de confiance pour obtenir un certificat de signature électronique
- Depuis le 1er octobre 2024, toute dissolution par transmission universelle de patrimoine doit être publiée à la fois dans un journal d'annonces légales et au BODACC
❓ Questions fréquentes
Quel est le délai pour déclarer la fermeture de son entreprise ?
Vous disposez d'un délai de 30 jours à partir de la date d'arrêt de votre activité pour déposer la déclaration de cessation d'activité sur le Guichet unique de l'INPI. Ce délai est impératif pour rester en conformité avec la réglementation.
Combien coûte la fermeture d'une société ?
Le coût minimum obligatoire est d'environ 465 euros pour une société, comprenant les annonces légales (262 euros au total), les frais de greffe pour la dissolution (192,01 euros) et la radiation (13,53 euros). À cela s'ajoutent les honoraires d'expert-comptable ou d'avocat si vous faites appel à un professionnel, généralement entre 300 et 1500 euros.
Peut-on fermer une entreprise avec des dettes ?
Oui, mais la procédure diffère. Si vous êtes en cessation de paiements, vous devez le déclarer dans les 45 jours au tribunal de commerce et passer par une liquidation judiciaire, non une liquidation amiable. Si vous pouvez encore rembourser vos dettes, une fermeture volontaire reste possible.
Combien de temps dure une procédure de dissolution-liquidation ?
La durée varie selon la complexité du dossier. Le mandat du liquidateur ne peut excéder trois ans maximum. En pratique, une procédure simple peut prendre quelques mois, tandis qu'une situation complexe avec plusieurs actifs ou créanciers peut durer jusqu'à la limite légale de trois ans.
Où effectuer les démarches de fermeture ?
Toutes les formalités de fermeture doivent être effectuées exclusivement en ligne sur le Guichet unique des formalités d'entreprises géré par l'INPI, accessible à l'adresse e-procédures.inpi.fr ou formalites.entreprises.gouv.fr. Cette plateforme centralise l'ensemble des démarches depuis le 1er janvier 2023.
📚 Sources
Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :
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