Comment lutter contre le chômage : guide SES
En bref
Pour lutter contre le chômage en SES Terminale, il faut distinguer les politiques actives (formation, aide à l'embauche, accompagnement) et les politiques passives (indemnisation). Les stratégies incluent la flexibilité du marché du travail, les allègements de charges, la relance économique et les politiques de l'offre et de la demande.
En France, le taux de chômage s'établit à 7,4% en 2024 selon l'INSEE, soit 2,3 millions de personnes au sens du Bureau International du Travail. La lutte contre le chômage constitue un enjeu majeur des politiques économiques et représente un chapitre essentiel du programme de Sciences Économiques et Sociales en Terminale. Les élèves doivent maîtriser les différentes stratégies mobilisées par les pouvoirs publics pour réduire le chômage, qu'il soit conjoncturel, structurel ou frictionnel.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Comprendre les types de chômage
Avant d'étudier les solutions, il est essentiel de distinguer les trois types de chômage au programme. Le chômage conjoncturel résulte d'une insuffisance temporaire de la demande lors d'une récession économique. Le chômage structurel provient d'une inadéquation durable entre l'offre et la demande de travail, liée aux mutations économiques ou aux rigidités du marché. Le chômage frictionnel correspond au temps de transition entre deux emplois. Selon l'INSEE, la définition du BIT considère comme chômeur toute personne de 15 ans ou plus sans emploi, disponible sous 15 jours et en recherche active. Cette distinction est fondamentale car chaque type de chômage appelle des réponses politiques différentes.
Étape 2 : Maîtriser les politiques actives de l'emploi
Les politiques actives visent à améliorer le fonctionnement du marché du travail et l'employabilité des chômeurs. Elles comprennent les programmes de formation professionnelle qui permettent d'adapter les qualifications aux besoins des entreprises. L'accompagnement personnalisé par France Travail aide les demandeurs d'emploi dans leurs démarches. Les aides à l'embauche, comme les contrats aidés ou les exonérations de charges pour l'emploi des jeunes, incitent les employeurs à recruter. Le Contrat d'Engagement Jeune (CEJ) lancé en mars 2022 illustre cette approche en combinant formations, stages et accompagnement intensif. Ces politiques cherchent à réduire le chômage structurel et frictionnel en facilitant l'appariement entre offres et demandes d'emploi.
Étape 3 : Analyser les politiques passives
Les politiques passives consistent principalement en l'indemnisation du chômage par l'assurance chômage. Elles visent à maintenir le revenu des chômeurs et à soutenir leur consommation, évitant ainsi une spirale récessive. En France, le système d'indemnisation est géré par France Travail (anciennement Pôle emploi) et l'Unédic. Ces politiques permettent aux chômeurs de rechercher un emploi correspondant à leurs qualifications sans accepter n'importe quelle offre par nécessité financière. Cependant, elles peuvent créer des effets pervers selon certains économistes libéraux : désincitation à la recherche d'emploi ou maintien d'un salaire de réservation élevé. Le débat oppose ceux qui y voient une protection sociale nécessaire et ceux qui préconisent une réduction des indemnités pour inciter au retour à l'emploi.
Étape 4 : Étudier les politiques de flexibilité
La flexibilité du marché du travail constitue un axe majeur de lutte contre le chômage. La flexibilité quantitative externe facilite les embauches et licenciements (assouplissement du CDI, développement des CDD). La flexibilité interne permet d'ajuster le temps de travail ou les salaires selon l'activité. Les partisans de cette approche, inspirés par les théories néoclassiques, estiment que les rigidités (SMIC, durée légale du travail, protection de l'emploi) créent du chômage en empêchant l'ajustement du marché. À l'inverse, le modèle de flexisécurité, inspiré du Danemark, combine flexibilité pour les entreprises et sécurité pour les salariés via formation et indemnisation généreuse. Ce débat oppose la vision libérale privilégiant la flexibilité à l'approche keynésienne valorisant la protection des travailleurs.
Étape 5 : Maîtriser les politiques de relance et d'austérité
Face au chômage conjoncturel, les politiques de relance keynésiennes stimulent la demande globale par l'augmentation des dépenses publiques ou la baisse des impôts. L'objectif est de créer un effet multiplicateur : la hausse de la demande incite les entreprises à produire plus et donc à embaucher. Cette approche a été utilisée lors de la crise de 2008 et pendant la pandémie de Covid-19. À l'inverse, les politiques d'austérité réduisent les dépenses publiques pour limiter les déficits, au risque d'aggraver le chômage à court terme. Les politiques de l'offre (baisse des charges sociales, crédit d'impôt recherche) visent à améliorer la compétitivité des entreprises et leur capacité à créer des emplois. Le choix entre ces stratégies dépend du diagnostic sur les causes du chômage.
Étape 6 : Analyser les politiques structurelles
Les politiques structurelles agissent sur les déterminants à long terme de l'emploi. L'investissement dans l'éducation et la formation initiale améliore les qualifications et réduit l'inadéquation entre offre et demande de travail. Les politiques d'innovation et de soutien aux secteurs porteurs favorisent la création d'emplois qualifiés. La réduction du coût du travail par des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires vise à préserver l'emploi peu qualifié face à la concurrence internationale. Les politiques de partage du temps de travail, comme les 35 heures en France, cherchent à répartir l'emploi disponible. Selon les données INSEE, la France compte 2,3 millions de chômeurs en 2024, nécessitant une combinaison de ces différentes approches pour réduire durablement le taux de chômage de 7,4%.
💡 Conseils et astuces
- Distinguez systématiquement les approches keynésiennes (soutien de la demande) et néoclassiques (flexibilité du marché) dans vos copies
- Utilisez les données officielles de l'INSEE et de France Travail pour illustrer vos arguments avec des chiffres récents
- Comparez les modèles internationaux (flexisécurité danoise, libéralisme anglo-saxon, modèle social européen) pour enrichir votre analyse
- Mobilisez les concepts clés : NAIRU, salaire de réservation, courbe de Phillips, appariement, segmentation du marché du travail
- Analysez les effets pervers possibles de chaque politique : trappe à inactivité pour les allocations, précarité pour la flexibilité, déficit pour la relance
- Structurez vos réponses en distinguant court terme et long terme, et en précisant le type de chômage visé par chaque politique
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre chômage BIT et demandeurs d'emploi ?
Le chômage au sens du BIT mesuré par l'INSEE comptabilise 2,3 millions de personnes en 2024, tandis que France Travail recense 3,26 millions de demandeurs d'emploi en catégorie A. La différence s'explique par des critères distincts : le BIT exige une recherche active et une disponibilité immédiate, alors que l'inscription à France Travail suffit pour être comptabilisé comme demandeur d'emploi.
Les politiques actives sont-elles plus efficaces que les politiques passives ?
Les politiques actives (formation, accompagnement) visent à réduire durablement le chômage structurel en améliorant l'employabilité, tandis que les politiques passives (indemnisation) soutiennent le revenu et la demande. Les études montrent que leur combinaison est plus efficace : l'indemnisation permet de chercher un emploi adapté, tandis que la formation améliore les qualifications. Le modèle de flexisécurité danois illustre cette complémentarité.
Pourquoi le taux de chômage français est-il supérieur à la moyenne européenne ?
En 2024, le taux de chômage français s'établit à 7,4% contre 5,9% dans l'Union Européenne. Cet écart s'explique par plusieurs facteurs : rigidités du marché du travail, coût du travail élevé sur les bas salaires, inadéquation entre formations et besoins des entreprises, et chômage structurel important. Seuls l'Espagne, la Grèce, la Finlande, la Suède et l'Estonie ont des taux supérieurs à la France.
Qu'est-ce que le modèle de flexisécurité ?
La flexisécurité combine flexibilité pour les entreprises (facilité d'embauche et de licenciement) et sécurité pour les salariés (indemnisation généreuse et formation continue). Inspiré du modèle danois, il permet un faible taux de chômage tout en protégeant les travailleurs. Ce système repose sur un marché du travail fluide, des politiques actives efficaces et une protection sociale forte, financée par une fiscalité élevée.
Comment réviser efficacement ce chapitre pour le bac ?
Créez des fiches synthétiques distinguant politiques actives/passives, offre/demande, court terme/long terme. Mémorisez les chiffres clés : taux de chômage français (7,4% en 2024), européen (5,9%), nombre de chômeurs (2,3 millions au sens BIT). Maîtrisez les mécanismes économiques avec des schémas (effet multiplicateur, ajustement du marché du travail). Préparez des exemples concrets de politiques françaises et étrangères pour illustrer vos dissertations.
📚 Sources
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