Comment mettre un cheval sur la main
En bref
Mettre un cheval sur la main consiste à obtenir une attitude où le cheval engage ses postérieurs, tend sa ligne du dessus et cède dans sa nuque, avec un contact léger et moelleux sur les rênes. Cette position s'obtient principalement par l'impulsion générée avec les jambes et recueillie dans les mains, sans forcer l'attitude avec les rênes.
La mise sur la main représente un enjeu majeur dans le travail du cheval, au point que Pierre Beaupère, cavalier professionnel, estime que plus de 90% des problèmes de communication entre cavaliers et montures y sont liés. Inscrite au programme des Galops 6 et 7 de la Fédération Française d'Équitation, cette technique fondamentale permet au cheval de développer harmonieusement sa musculature tout en préservant son dos. Contrairement aux idées reçues, mettre un cheval sur la main ne s'obtient pas par une action directe des rênes, mais résulte de la combinaison de trois paramètres essentiels : le contrôle du rythme, le contrôle de l'équilibre et la décontraction mentale et physique.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Établir une impulsion de qualité
L'impulsion constitue l'élément clé pour mettre votre cheval sur la main. Il s'agit de la volonté du cheval de se porter en avant, caractérisée par la poussée des postérieurs que vous générez avec vos jambes et que vous recueillez dans vos mains. Veillez à ce que votre cheval ait une impulsion suffisante sans vitesse excessive. Pour cela, enchaînez des transitions rapprochées entre les allures : arrêt-pas, pas-trot, trot-galop. Ces transitions maintiennent votre cheval attentif, actif et disponible. L'impulsion doit être constante et régulière, avec une notion de pureté dans l'allure et d'énergie. Privilégiez le travail au pas et au trot dans un premier temps, le pas permettant d'expliquer calmement ce que vous attendez de votre cheval.
Étape 2 : Travailler sur des cercles et courbes
Les exercices sur cercles constituent des assouplissements essentiels qui amènent le cheval à se tendre et à se mettre en équilibre. Effectuez de grands cercles aux deux mains pour inciter votre cheval à abaisser son encolure et à se tendre. Le cercle et ses dérivés comme les demi-voltes, serpentines et huit de chiffre permettent d'assouplir les quatre zones d'influence fondamentales : la mâchoire, la nuque, le garrot et les hanches. Variez le diamètre des cercles progressivement. Carl Hester, champion olympique, recommande particulièrement l'utilisation de nombreuses voltes au galop en conservant l'activité tout en veillant au rythme, ce qui incite le cheval à améliorer son équilibre et à employer l'intégralité de son corps.
Étape 3 : Obtenir la cession de nuque
La cession de nuque est particulièrement importante pour les chevaux jeunes ou raides. Dès que votre cheval cède dans sa nuque, cédez immédiatement dans vos mains en gardant le contact pour lui donner du confort et l'inciter à garder cette attitude. Vous pouvez commencer par demander une flexion verticale puis latérale de la nuque, d'abord à pied puis à cheval à l'arrêt. Philippe Karl, ancien écuyer du Cadre Noir de Saumur, insiste sur l'importance d'obtenir un cheval qui aura cédé dans ses vertèbres cervicales pour venir se poser doucement sur la main du cavalier. Félicitez votre cheval avec la voix ou une petite caresse à chaque progrès. Faites preuve de patience et contentez-vous de peu en récompensant chaque petite étape vers la mise sur la main.
Étape 4 : Contrôler le rythme et l'équilibre
Le contrôle du rythme implique que le cheval se déplace sans changer en permanence de vitesse, avec une notion de pureté dans l'allure et d'énergie. Le contrôle de l'équilibre signifie que votre cheval peut changer facilement son équilibre, sans être figé sur les épaules ni trop chargé sur l'arrière-main. Pour vérifier que le cheval est tendu, rien de tel que les transitions arrêt-pas. Pendant l'arrêt, le cheval doit rester devant vous et tendu, droit, équilibré sur ses quatre pieds. Associez des assouplissements latéraux et longitudinaux : allongements, ralentissements, transitions. Au trot de travail, avec un contact léger et l'action de vos jambes, votre cheval doit céder dans son encolure et sa nuque, se déployer vers le bas sans s'appuyer sur la main.
Étape 5 : Maintenir un contact léger et constant
La Fédération Française d'Équitation définit le contact comme le rapport qui existe entre la bouche du cheval et la main du cavalier lorsque les rênes sont ajustées. Il doit être l'expression d'une relation confiante, stable, symétrique et moelleuse. Le contact doit provenir de l'énergie des postérieurs transmise jusqu'à la main par un dos souple, le cheval venant chercher le contact de la main. Ne durcissez jamais votre main si votre cheval résiste, il ne va pas comprendre et résistera davantage. Évitez de cisailler la bouche de votre cheval pour le faire céder. Par contre, vous pouvez jouer avec vos doigts en les ouvrant et en les fermant sur les rênes pour inciter votre cheval à venir céder ou à maintenir la mise sur la main.
Étape 6 : Reconnaître l'attitude correcte
Un cheval correctement mis sur la main présente des caractéristiques précises : sa nuque est le point le plus haut, son chanfrein est légèrement en avant de la verticale ou à la verticale, son encolure est détendue mais harmonieusement arrondie, son dos est soutenu et souple. Le contact est moelleux, léger et constant. Le cheval est calme et décontracté, avec des abdominaux toniques et une croupe légèrement abaissée. Les postérieurs vont loin sous le corps du cheval. Vous devez sentir le dos bouger au pas et au trot, se soulever souplement à chaque foulée. Cette attitude permet de préserver le dos du cheval et de développer harmonieusement sa musculature. Un cheval sur la main est plus agréable à monter car plus réceptif aux demandes du cavalier.
💡 Conseils et astuces
- Commencez par demander la mise sur la main à l'arrêt et au pas, puis progressez au trot et enfin au galop pour respecter la progression naturelle du cheval
- Utilisez l'impulsion naturellement plus forte en extérieur pour faciliter la mise sur la main, notamment durant une balade ou au retour d'une balade
- Travaillez sur des dénivellations en extérieur : les descentes obligent le cheval à se rééquilibrer par un transfert de poids sur l'arrière-main
- Assurez-vous que votre position est correcte avant de travailler la mise en main : vous devez avoir une flexibilité dans vos articulations et perdre votre dépendance aux rênes
- N'hésitez pas à utiliser le travail latéral comme les cessions à la jambe qui permettent d'assouplir le dos du cheval tout en s'assurant de l'acceptation de vos aides
- Faites vérifier régulièrement votre cheval par un ostéopathe et un dentiste : une douleur dans la bouche ou le dos empêchera toute mise en main correcte
❓ Questions fréquentes
À partir de quel niveau peut-on travailler la mise sur la main ?
La mise sur la main fait partie du programme des Galops 6 et 7 de la Fédération Française d'Équitation. Cependant, les bases de ce travail commencent dès les premiers galops avec l'apprentissage de l'impulsion et du contact. Il est important que le cavalier ait acquis l'indépendance des aides avant de s'essayer sérieusement à la mise sur la main.
Combien de temps faut-il pour mettre un cheval sur la main ?
La durée varie considérablement selon le cheval. Certains chevaux se mettent facilement sur la main, d'autres sont plus raides et nécessitent plusieurs semaines voire plusieurs mois de travail patient. L'important est de progresser par petites étapes en récompensant chaque progrès, sans chercher la perfection immédiatement.
Peut-on utiliser des enrênements pour mettre un cheval sur la main ?
Les enrênements comme les rênes allemandes peuvent forcer artificiellement l'attitude du cheval, mais la mise en main obtenue sera toujours défectueuse selon les experts. Le cheval aura le chanfrein derrière la verticale, grincera des dents ou creusera son dos. La vraie mise sur la main doit résulter du contrôle du rythme, de l'équilibre et de la décontraction, pas de contraintes mécaniques.
Que faire si mon cheval s'appuie trop sur la main ?
Un cheval qui s'appuie trop sur la main manque généralement d'équilibre et reporte trop de poids sur son avant-main. Travaillez davantage l'impulsion et l'engagement des postérieurs avec des transitions fréquentes et des exercices sur cercles. Évitez de tirer sur les rênes, ce qui bloquerait le dos et aggraverait le problème. L'objectif est de changer progressivement la répartition du poids vers l'arrière-main.
Comment savoir si mon cheval est vraiment sur la main ?
Plusieurs signes permettent de vérifier : vous pouvez obtenir des changements d'équilibre et des transitions facilement, votre cheval ne s'effondre pas et ne pèse pas sur la main, vous sentez le dos bouger et se soulever souplement à chaque foulée, le contact est moelleux et constant. Un test simple consiste à céder brièvement le contact : le cheval doit maintenir son attitude sans perdre son équilibre.
📚 Sources
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