Comment se passe une dératisation : guide complet
En bref
Une dératisation professionnelle se déroule en plusieurs étapes clés : diagnostic de l'infestation, élaboration d'un plan d'action adapté, mise en place des dispositifs de traitement, puis contrôle après environ deux semaines pour évaluer l'efficacité et ajuster si nécessaire.
En France, 62% des habitants ont été confrontés à une infestation de nuisibles entre 2017 et 2022 selon un sondage IPSOS. Les interventions des dératiseurs professionnels ont même augmenté de 35% en 2022 d'après la CS3D. Face à cette prolifération alarmante, comprendre le déroulement d'une dératisation professionnelle devient essentiel pour protéger votre santé et vos biens.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Réaliser un diagnostic précis de l'infestation
La première étape cruciale consiste à identifier la présence de rongeurs, estimer leur nombre et localiser les zones infestées. Les professionnels effectuent une inspection visuelle complète, recherchent les traces d'activité comme les excréments, les odeurs d'urine, les matériaux rongés et les traces de graisse laissées sur les murs. Ils utilisent des méthodes variées : écoute de bruits de grattage, observation des câbles électriques rongés, ou utilisation de caméras spéciales. Cette évaluation permet de déterminer le degré d'infestation, d'identifier le type de rongeurs présents (rat brun, rat noir, souris) et de repérer les zones d'accès comme les fissures, trous dans les murs ou conduits. Cette analyse approfondie est essentielle pour élaborer un plan d'intervention adapté à votre situation spécifique.
Étape 2 : Choisir les méthodes de traitement adaptées
En fonction des résultats de l'inspection, le professionnel sélectionne les méthodes les plus appropriées à votre situation. Les postes d'appâtage sont les outils les plus couramment utilisés : ces petites boîtes en plastique rigide se ferment à clé pour garantir la sécurité. Les appâts empoisonnés anticoagulants provoquent la mort dans un délai de deux à quatre jours après consommation, évitant ainsi que le rat méfiant ne fasse la relation entre l'appât et les cadavres. Les pièges mécaniques, les répulsifs ultrasoniques ou les solutions respectueuses de l'environnement peuvent aussi être employés. Le mode de traitement est choisi selon trois objectifs possibles : tuer les rongeurs, les capturer ou les faire fuir. Les techniciens certifiés possèdent le Certibiocide obligatoire pour manipuler les produits biocides en toute sécurité.
Étape 3 : Installer les dispositifs aux emplacements stratégiques
La troisième étape consiste à mettre en œuvre le plan d'action en installant les dispositifs de capture et les appâts aux endroits stratégiques identifiés lors de l'inspection initiale. Les postes d'appâtage sont placés dans des zones précises, notamment les lieux de nidification et de prédation, qui sont souvent distincts des endroits où les rongeurs sont visibles. En milieu urbain, les pièges sont fréquemment installés dans les sous-sols, caves, entrepôts et autour des sources de nourriture. Les experts veillent à sécuriser ces dispositifs pour éviter tout risque pour les animaux domestiques et les humains. Les accès aux appâts empoisonnés sont dissimulés et rendus inaccessibles. La pose des pièges doit être notée précisément sur un plan détaillé, conformément à la réglementation en vigueur pour les établissements professionnels.
Étape 4 : Respecter les mesures de sécurité pendant le traitement
Normalement, les résidents peuvent rester dans leur domicile après le passage du dératiseur, car des précautions strictes sont prises pour que les produits biocides toxiques ne présentent pas de risque immédiat. Les professionnels respectent un protocole rigoureux à chaque étape dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cependant, dans le cas d'une infestation plus grave, il peut être recommandé de quitter temporairement la maison. Il est essentiel de ne pas toucher aux appâts, de maintenir une hygiène irréprochable et de bien conserver vos denrées alimentaires dans des endroits fermés. Depuis juin 2019, le cadre réglementaire a évolué : il est interdit de prolonger au-delà de 35 jours le traitement curatif biocide pour protéger les espèces non invasives. Les obligations préventives doivent être réalisées avec des appâts de détection et des passages réguliers.
Étape 5 : Effectuer une visite de contrôle après deux semaines
Après environ deux semaines, le dératiseur effectue une seconde visite obligatoire pour contrôler et évaluer l'efficacité du traitement. Au cours de cette visite, il inspecte les zones traitées et relève le niveau de consommation des appâts par zone. Il remplace les appâts souillés et en rajoute si nécessaire pour attirer les populations nuisibles restantes qui n'ont pas encore accédé aux poisons. Le technicien peut également donner des conseils pour le nettoyage et l'entretien de la zone traitée afin de garantir que le traitement reste efficace. Pour les entreprises de l'agro-alimentaire, le traitement est suivi de contrôles réguliers dans le cadre d'un contrat de dératisation annuel obligatoire. Cette vérification se poursuit jusqu'à la disparition totale de toute trace de rongeur, assurant une éradication complète et durable.
Étape 6 : Mettre en place des mesures préventives durables
Pour éviter une réinfestation, il est crucial d'éliminer tous les moyens d'accès des rongeurs. Placez des grilles anti-rongeurs résistantes, protégez tous les issus comme les bacs de compostage, les soupiraux et les bouches d'évacuation. Bouchez les fissures, les passages de tuyaux et toutes les ouvertures avec des matériaux adaptés. Conservez vos denrées alimentaires et les restes de nourriture dans des endroits hermétiquement fermés, car ces derniers attirent les rongeurs. Taillez régulièrement les buissons dans le jardin qui peuvent servir de refuge. Gérez efficacement vos déchets avec des poubelles sécurisées et fermées. Entretenez les réseaux d'assainissement, car beaucoup ont été construits en fibrociment qui se désagrège avec le temps, permettant aux rats de s'y introduire. Une gestion proactive et des actions préventives régulières sont essentielles pour maintenir un environnement sain sans nuisibles.
💡 Conseils et astuces
- Faites appel à une entreprise certifiée possédant le Certibiocide obligatoire pour garantir une intervention conforme aux normes sanitaires et environnementales
- Libérez l'accès aux zones infestées avant l'intervention en déplaçant les meubles et en rangeant pour faciliter le travail du technicien
- Ne tentez pas de traiter vous-même une infestation importante : les méthodes professionnelles sont 10 fois plus efficaces que les produits grand public
- Respectez les obligations légales : la circulaire du 9 août 1978 impose à tous (particuliers, entreprises, collectivités) de prendre les mesures nécessaires contre les rongeurs
- Pour les restaurants et établissements alimentaires, l'article 17 de l'arrêté ministériel du 9 mai 1995 exige un plan de dératisation précis avec cahier des charges
- Demandez toujours un devis gratuit : le prix oscille en moyenne entre 120 et 250 euros pour une intervention chez un particulier selon l'ampleur de l'infestation
❓ Questions fréquentes
Combien de temps dure une dératisation complète ?
Une intervention initiale dure quelques heures selon la surface, mais le processus complet s'étend sur 2 à 4 semaines avec la visite de contrôle obligatoire après environ deux semaines. La durée dépend de la taille de l'infestation, du type de rongeurs et des méthodes choisies. Les traitements curatifs ne peuvent plus dépasser 35 jours depuis juin 2019.
Dois-je quitter mon logement pendant la dératisation ?
Non, dans la plupart des cas vous pouvez rester chez vous. Les professionnels prennent des précautions strictes pour que les produits biocides ne présentent pas de risque immédiat. Les accès aux appâts sont dissimulés et sécurisés. Seules les infestations très graves peuvent nécessiter une évacuation temporaire.
Qui doit payer la dératisation : propriétaire ou locataire ?
Selon l'article 6 de la loi de 1989, le propriétaire doit mettre à disposition un logement salubre. C'est donc au bailleur de payer les frais de dératisation en cas d'infestation, sauf si le locataire est responsable du manque d'hygiène ayant causé l'invasion. Les établissements professionnels doivent assumer leurs propres frais.
Quelles sont les obligations légales en matière de dératisation ?
La circulaire du 9 août 1978 (articles 125.1 et 130.5) impose à tous de se protéger contre les rongeurs. Les établissements alimentaires doivent établir un plan de dératisation avec cahier des charges selon l'arrêté du 9 mai 1995. Le règlement sanitaire départemental oblige les propriétaires à assurer la destruction des nuisibles. Les mairies ont aussi des obligations selon le Code général des collectivités territoriales.
Comment savoir si la dératisation a été efficace ?
L'absence de nouveaux excréments, de bruits de grattage nocturnes, de traces de passage et de dégâts matériels indique le succès du traitement. La visite de contrôle après deux semaines permet au professionnel de vérifier le niveau de consommation des appâts et de confirmer l'éradication. Un suivi régulier pendant 15 jours après l'intervention finale garantit la disparition totale des rongeurs.
📚 Sources
Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :
Ce guide vous a aidé ?