Comment souder au TIG : guide complet
En bref
Le soudage TIG consiste à créer un arc électrique entre une électrode en tungstène non fusible et la pièce à souder, sous protection d'un gaz inerte (argon). Le métal d'apport est ajouté manuellement pour créer un cordon de soudure précis et de haute qualité.
Le soudage TIG est utilisé dans les industries où les exigences de qualité sont très élevées, telles que l'aéronautique, le nucléaire ou l'industrie alimentaire. Cette technique de haute précision nécessite environ 40 ampères par millimètre de matière à souder et permet d'assembler l'acier, l'inox, l'aluminium et le titane avec une finesse inégalée. Maîtriser le TIG demande de la dextérité et une connaissance approfondie des paramètres de soudage.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Préparer le matériel et l'équipement de soudage
Avant de commencer, équipez-vous d'un poste à souder TIG adapté à vos besoins. Pour souder l'acier et l'inox, un poste DC (courant continu) suffit, mais pour l'aluminium, un poste AC/DC est indispensable. Procurez-vous également une bouteille d'argon pur avec un détendeur, une torche TIG avec ses consommables (buses, diffuseur, pinces), des électrodes en tungstène de différents diamètres et du métal d'apport. Côté sécurité, portez un masque de soudure à assombrissement automatique, des gants adaptés, une veste ou tablier de soudeur et des chaussures de sécurité. Assurez-vous que votre espace de travail est bien ventilé car l'argon, bien qu'inerte, peut provoquer une anoxie en milieu confiné.
Étape 2 : Monter et préparer la torche TIG
Assemblez votre torche TIG en insérant l'électrode en tungstène dans la pince porte-électrode. Pour l'acier et l'inox en courant continu, utilisez une électrode au lanthane (grise) ou cérium (orange) affûtée en pointe fine dans le sens de la longueur. Pour l'aluminium en courant alternatif, prenez une électrode en tungstène pur (verte) ou au zirconium, qui formera naturellement une boule à son extrémité. Laissez dépasser l'électrode de 5 à 8 mm de la buse céramique. Installez le diffuseur de gaz et la buse appropriée. Connectez la torche à la borne négative du poste et la pince de masse à la borne positive. Ouvrez la bouteille d'argon et réglez le débit entre 12 et 16 litres par minute selon le diamètre de votre buse.
Étape 3 : Régler les paramètres du poste à souder
Le réglage de l'ampérage est crucial pour réussir votre soudure. Comptez environ 40 ampères par millimètre d'épaisseur pour l'acier et l'inox en position à plat, et 35 à 40 ampères pour l'aluminium. Pour une tôle d'aluminium de 3 mm, réglez donc environ 105 ampères. Programmez le pré-gaz à 3 secondes pour permettre l'établissement de l'atmosphère protectrice avant l'amorçage de l'arc. Le post-gaz doit être réglé entre 8 et 10 secondes minimum pour protéger l'électrode et la soudure pendant leur refroidissement. Ajustez également la pente montante (up-slope) et descendante (down-slope) pour contrôler la montée et la descente progressive du courant, évitant ainsi les défauts de début et fin de cordon.
Étape 4 : Préparer les pièces à souder
La préparation des pièces est essentielle pour obtenir une soudure de qualité. Nettoyez soigneusement les bords à souder avec une brosse métallique ou un dégraissant pour éliminer toute trace d'huile, de peinture, de rouille ou d'oxydation. Pour l'aluminium et l'inox, cette étape est particulièrement critique car toute contamination peut provoquer des porosités. Positionnez vos pièces avec précision et maintenez-les en place. Pour les assemblages complexes, réalisez des soudures de pointage (tack welds) aux extrémités et tous les 10 à 15 cm pour maintenir l'alignement. Ces points de soudure doivent être propres et bien fondus car ils seront intégrés dans le cordon final. Vérifiez que l'écartement entre les pièces est uniforme.
Étape 5 : Amorcer l'arc et réaliser la soudure
Adoptez une position confortable et stable. En mode 2T, maintenez la gâchette enfoncée pendant toute la soudure ; en mode 4T, une pression démarre l'arc et une seconde l'arrête. Approchez la torche de la pièce avec un angle d'environ 75 à 80 degrés par rapport à la surface. Appuyez sur la gâchette : le pré-gaz s'écoule puis l'arc s'amorce sans que l'électrode touche la pièce (amorçage HF) ou après un léger contact (amorçage Lift). Maintenez une distance constante de 2 à 3 mm entre l'électrode et la pièce. Avancez régulièrement en poussant la torche, en créant un léger mouvement de va-et-vient si nécessaire. Avec votre autre main, apportez le métal d'apport dans le bain de fusion par petites touches régulières, en le retirant et le replongeant rythmiquement.
Étape 6 : Terminer la soudure et contrôler la qualité
En fin de cordon, ne relâchez pas brutalement la gâchette. Laissez la pente descendante réduire progressivement l'intensité pour éviter la formation d'un cratère de fin qui pourrait fissurer. Une fois l'arc éteint, maintenez la buse au-dessus de la soudure pendant toute la durée du post-gaz pour protéger le métal encore chaud de l'oxydation. Inspectez visuellement votre cordon : il doit être régulier, sans porosités, sans inclusions de tungstène, avec une bonne pénétration et un aspect brillant pour l'inox et l'aluminium. Les écailles de soudure doivent être uniformes et espacées régulièrement. Si vous constatez des défauts, identifiez-en la cause : contamination, mauvais réglage d'ampérage, vitesse inadaptée ou protection gazeuse insuffisante.
💡 Conseils et astuces
- Ne touchez jamais l'électrode de tungstène avec le métal d'apport ou la pièce : cela contaminerait l'électrode et déstabiliserait l'arc. Si cela arrive, arrêtez immédiatement et réaffûtez l'électrode.
- Travaillez dans un local correctement ventilé : l'argon est un gaz inerte mais plus lourd que l'air, il peut s'accumuler dans les espaces confinés et provoquer une asphyxie par manque d'oxygène.
- Entraînez-vous d'abord sur des chutes de métal en traçant des lignes droites : pratiquez le maintien de la torche et l'apport de métal d'apport avant de réaliser des assemblages réels.
- Pour les tôles fines, utilisez la fonction pulsée de votre poste si disponible : elle alterne entre courant haut et bas, évitant ainsi de percer le métal tout en assurant une bonne fusion.
- Stockez vos électrodes de tungstène dans un endroit propre et sec, et manipulez-les avec des gants propres pour éviter toute contamination qui affecterait la qualité de l'arc.
- Respectez les temps de pré-gaz et post-gaz : ces protections gazeuses sont essentielles pour éviter l'oxydation de l'électrode et de la soudure, surtout sur les métaux réactifs comme le titane.
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un poste TIG DC et AC/DC ?
Un poste TIG DC (courant continu) permet de souder l'acier, l'inox et le cuivre avec l'électrode au pôle négatif. Un poste AC/DC ajoute le courant alternatif indispensable pour souder l'aluminium et ses alliages, car il permet de casser la couche d'alumine réfractaire qui se forme à leur surface.
Combien d'ampères faut-il pour souder au TIG ?
La règle générale est d'environ 40 ampères par millimètre d'épaisseur pour l'acier et l'inox en position à plat. Pour l'aluminium, comptez 35 à 40 ampères par millimètre. Par exemple, pour souder de l'aluminium de 2 mm, réglez environ 100 ampères. Ces valeurs sont indicatives et doivent être ajustées selon la configuration.
Peut-on souder au TIG sans métal d'apport ?
Oui, le soudage TIG peut se faire sans métal d'apport sur les tôles minces et les joints à bords relevés. Les métaux de base fondent et se mélangent directement. Cependant, pour les pièces épaisses et la plupart des assemblages, l'ajout de métal d'apport est nécessaire pour créer un cordon de qualité suffisante.
Pourquoi mon électrode de tungstène noircit ou fond ?
Le noircissement indique une contamination ou une oxydation due à un post-gaz insuffisant. La fonte de l'électrode signale un ampérage trop élevé pour son diamètre ou un contact avec la pièce ou le métal d'apport. Vérifiez vos réglages, augmentez le diamètre de l'électrode si nécessaire et réaffûtez-la.
Quelles certifications existent pour le soudage TIG ?
Les qualifications de soudeur suivent la norme EN ISO 9606-1 qui certifie les compétences sur différents matériaux, épaisseurs et positions. Des organismes comme l'AFPA, Apave ou des centres de formation certifiés Qualiopi proposent des formations avec passage de qualification. Le titre professionnel de soudeur TIG est également reconnu.
📚 Sources
Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :
Ce guide vous a aidé ?