Guide pratique

Comment tuber une cheminée : guide pratique

7 min
Difficile
7 étapes
27 décembre 2025
Comment tuber une cheminée : guide pratique
Illustration : Comment tuber une cheminée : guide pratique © info.fr
Rédigé par L'équipe de la rédaction
Mis à jour le 27 décembre 2025
💡

En bref

Le tubage d'une cheminée nécessite de ramoner le conduit existant, d'insérer un tube en inox sur toute la longueur, de ventiler l'espace entre le tube et le conduit maçonné, puis d'installer une plaque d'étanchéité et un chapeau pare-pluie en sortie de toit. L'intervention d'un professionnel certifié est fortement recommandée pour respecter la norme NF DTU 24.1 et obtenir un certificat de conformité.

Depuis 2012, le tubage de cheminée est obligatoire pour toutes les constructions neuves et les installations à foyer fermé. Cette opération consiste à insérer un tube métallique en inox dans le conduit maçonné existant pour garantir l'étanchéité et la sécurité de l'évacuation des fumées. Avec un prix moyen de 200 € par mètre linéaire et des normes strictes à respecter, le tubage protège votre installation de la corrosion, améliore le rendement énergétique et réduit considérablement les risques d'incendie et d'intoxication au monoxyde de carbone.

Les étapes à suivre

Étape 1 : Diagnostiquer et préparer le conduit existant

Avant toute intervention, il est impératif de réaliser un diagnostic complet du conduit de cheminée existant. Selon la norme NF DTU 24.1 établie par l'AFNOR, le conduit doit être ramoné avant la mise en place du tubage. Cette étape permet d'éliminer les dépôts de suie et de bistre accumulés. Si le conduit présente des condensations antérieures, laissez-le ouvert en haut et en bas pour permettre son assèchement complet. Dans certains cas, un débistrage mécanique sera nécessaire pour retirer les dépôts de goudron solidifiés. Vérifiez également l'état structurel du conduit : toute fissure ou défaut d'étanchéité doit être réparé avant le tubage. Mesurez précisément la hauteur totale du conduit et sa section intérieure pour déterminer le diamètre de tubage adapté. La réglementation impose un diamètre minimum de 150 mm pour les inserts à foyer fermé et 180 mm pour les foyers ouverts.

💡 Réalisez un test d'étanchéité avec un fumigène avant les travaux pour identifier toutes les fuites potentielles du conduit existant.

Étape 2 : Choisir le type de tubage adapté

Le choix du tubage dépend de la configuration de votre conduit et de votre appareil de chauffage. Pour un conduit droit, optez pour un tubage rigide en inox simple ou double paroi, plus robuste et durable. Le tubage rigide double paroi, dont le prix oscille entre 275 € et 395 € par mètre linéaire installation comprise, offre une excellente isolation thermique et réduit la température extérieure d'environ 80 %. Pour un conduit ancien non rectiligne ou dévoyé, privilégiez un tubage flexible en inox, plus facile à installer et moins coûteux (entre 85 € et 145 € par mètre linéaire). Le tubage flexible double peau isolé, dont le prix varie de 165 € à 245 € par mètre linéaire, combine flexibilité et isolation. Tous les matériaux doivent être certifiés conformes aux normes européennes EN 1856-2 pour les tubes flexibles et résister à la corrosion. Pour les appareils à granulés, utilisez des conduits spécifiques résistant à l'acidité des fumées.

💡 Vérifiez que le diamètre du tubage correspond exactement à la sortie de votre appareil : un conduit sous-dimensionné provoque une mauvaise évacuation des fumées.

Étape 3 : Retirer les éléments existants en toiture

Avant d'introduire le tubage, démontez tous les dispositifs de couronnement de la souche : chapeaux, anti-refouleurs, mitrons ou poteries. Cette étape est essentielle pour permettre le passage du tube et garantir une installation conforme. Travaillez en toute sécurité en installant un échafaudage ou des dispositifs antichute si vous intervenez en hauteur. Profitez-en pour inspecter l'état de la maçonnerie de la souche et effectuer les réparations nécessaires. Nettoyez soigneusement le haut du conduit pour faciliter l'insertion du tubage. Si vous installez un tubage flexible, préparez également l'accès par le bas du conduit au niveau de l'appareil de chauffage. La norme DTU 24.1 précise que le tube peut être introduit aussi bien par le haut que par le bas du conduit, selon la configuration. Assurez-vous de disposer de tous les accessoires nécessaires : colliers de fixation, câbles en acier inoxydable pour la reprise de charge, plaques d'étanchéité et chapeaux pare-pluie.

💡 Travaillez par temps sec et sans vent pour faciliter les interventions en toiture et éviter les accidents.

Étape 4 : Installer le tubage sur toute la longueur

Le tubage doit impérativement couvrir l'intégralité du conduit, du raccordement à l'appareil jusqu'à la sortie de toit. Le tubage partiel est strictement interdit par la norme NF DTU 24.1. Pour un tubage flexible, déroulez progressivement le tube en respectant le sens de montage indiqué sur les composants. Utilisez exclusivement les accessoires fournis par le fabricant pour garantir l'étanchéité. Si vous devez réaliser un tubage en deux parties pour les tubes de gros diamètres, le raccord flexible-flexible doit obligatoirement être fourni par le fabricant. Installez des câbles de reprise de charge en acier inoxydable sous chaque raccord pour éviter les contraintes mécaniques, en les fixant en partie basse avec un collier et en partie haute sur la souche. Pour un tubage rigide, emboîtez les éléments en respectant les prescriptions du fabricant. Maintenez une distance de sécurité de 8 cm minimum entre la paroi extérieure du conduit et tous matériaux combustibles adjacents.

💡 Travaillez à deux personnes minimum en rénovation : une en haut du conduit et une en bas pour guider et sécuriser le tube lors de son insertion.

Étape 5 : Assurer la ventilation du conduit maçonné

La norme NF DTU 24.1 impose de ventiler l'espace annulaire entre le tubage et le conduit maçonné existant. Cette ventilation est essentielle pour évacuer l'humidité et prévenir la dégradation du conduit. Créez une ventilation basse d'environ 20 cm et une ventilation haute d'environ 5 cm, tout en prenant garde aux infiltrations d'eau de pluie. Cet espace vide, appelé annulaire, permet également la libre dilatation du conduit lors des variations de température. Veillez à ce que les ventilations soient protégées par des grilles pour empêcher l'intrusion d'animaux ou de débris. La distance de sécurité entre le conduit d'origine et les matériaux combustibles doit toujours être mesurée à partir de la face externe du conduit maçonné, même après l'installation du tubage. Cette précaution garantit la sécurité de l'installation et le respect des normes thermiques, avec une température de surface ne dépassant pas 50°C dans les parties habitables et 80°C dans les parties non-habitables.

💡 Installez des grilles de ventilation en matériaux incombustibles classés M0 ou M1 pour respecter les exigences de sécurité incendie.

Étape 6 : Installer les finitions et accessoires de sécurité

Une fois le tubage en place, installez une plaque d'étanchéité au niveau de la souche pour protéger l'espace annulaire des intempéries. Cette plaque doit permettre la libre dilatation du conduit tout en assurant l'étanchéité. Fixez ensuite un chapeau pare-pluie en sortie de toit, obligatoire depuis la version 2020 du DTU 24.1 pour toutes les installations avec appareils à combustible solide de puissance inférieure à 70 kW. Le chapeau empêche l'eau de pénétrer dans le conduit tout en permettant l'évacuation optimale des fumées. Assurez-vous que le débouché du conduit dépasse d'au moins 40 cm le faîtage du toit ou toute partie distante de moins de 8 mètres. Installez une plaque signalétique indiquant les caractéristiques techniques du tubage : fabricant, diamètre, classe de température, résistance à la corrosion et distance de sécurité. Cette plaque peut être positionnée à l'entrée ou à la sortie du conduit.

💡 Conservez tous les certificats et documents techniques fournis par le fabricant : ils seront indispensables pour votre assurance habitation.

Étape 7 : Réaliser les tests de conformité obligatoires

Après l'installation complète du tubage, un test d'étanchéité est obligatoire selon la norme NF DTU 24.1. Ce contrôle permet de vérifier qu'aucune fuite de fumée ne peut se produire. Le professionnel utilisera un fumigène ou un appareil de mesure de pression pour détecter les éventuels défauts d'étanchéité. Ce test devra être renouvelé tous les 3 ans pour maintenir la conformité de l'installation. L'installateur doit vous fournir un certificat de conformité attestant que les travaux respectent la réglementation en vigueur. Ce document est indispensable à remettre à votre compagnie d'assurance : en cas d'incendie, l'absence de tubage conforme ou de certificat peut entraîner un refus d'indemnisation ou une minoration significative. Vérifiez également le dimensionnement du conduit selon la norme NF EN 13384-1 pour garantir un tirage optimal et une évacuation efficace des fumées. Planifiez dès maintenant les deux ramonages annuels obligatoires, dont un pendant la période de chauffe.

💡 Demandez systématiquement une attestation écrite de conformité : c'est votre garantie en cas de sinistre et lors d'une éventuelle revente du bien.

💡 Conseils et astuces

  • Faites appel à un professionnel qualifié (fumiste, chauffagiste ou ramoneur) pour garantir une installation conforme aux normes et obtenir les certificats nécessaires pour votre assurance
  • Prévoyez un budget moyen de 200 € par mètre linéaire installation comprise, sachant qu'un tubage complet de 6 mètres coûte entre 500 € et 1200 € pour le matériel seul
  • Ne tubez jamais partiellement un conduit : la réglementation impose un tubage sur toute la longueur du conduit de cheminée pour garantir la sécurité
  • Respectez les distances de sécurité obligatoires : 8 cm minimum entre le conduit isolé et les matériaux combustibles, ou 3 fois le diamètre du conduit pour un tubage simple
  • Vérifiez la compatibilité de tous les accessoires avec votre installation : colliers, plaques d'étanchéité et raccords doivent provenir du même fabricant que le tubage
  • Programmez un ramonage deux fois par an dont un pendant la période de chauffe : le défaut de ramonage constitue une contravention pouvant aller jusqu'à 450 € d'amende

❓ Questions fréquentes

Le tubage de cheminée est-il obligatoire pour une maison ancienne ?

Depuis 2012, le tubage est obligatoire pour toutes les constructions neuves et pour les installations à foyer fermé (poêles, inserts, chaudières) en rénovation. Pour les cheminées anciennes à foyer ouvert en bon état, le tubage n'est pas systématiquement imposé mais reste fortement recommandé pour la sécurité. Les assurances peuvent exiger le tubage dans leurs conditions générales, notamment pour les foyers fermés, sous peine de refus d'indemnisation en cas de sinistre.

Quel est le prix moyen d'un tubage de cheminée ?

Le prix moyen d'un tubage de cheminée se situe autour de 200 € par mètre linéaire installation comprise, avec une fourchette comprise entre 125 € et 395 € selon le type de tubage choisi. Un tubage flexible simple coûte entre 85 € et 145 € par mètre linéaire, tandis qu'un tubage rigide double paroi varie de 275 € à 395 € par mètre linéaire. Pour un tubage complet de 6 mètres avec sortie en toiture, comptez entre 500 € et 1200 € pour le matériel seul, auxquels s'ajoutent les frais de main-d'œuvre de 300 € à 1500 € selon la complexité.

Quelle est la norme à respecter pour tuber une cheminée ?

La norme NF DTU 24.1 constitue le document de référence pour le tubage de cheminée en France. Établie par l'AFNOR et datant de février 2006 (révisée en septembre 2020), elle fixe les règles de conception et d'installation des conduits de fumée. Cette norme impose notamment le ramonage préalable du conduit, le tubage sur toute la longueur, la ventilation du conduit maçonné, l'utilisation d'accessoires compatibles et la réalisation d'un test d'étanchéité obligatoire tous les 3 ans.

Peut-on tuber une cheminée soi-même ?

Bien que techniquement possible pour un bricoleur averti, tuber une cheminée soi-même est fortement déconseillé. Les travaux de fumisterie sont complexes et nécessitent des compétences techniques spécifiques pour respecter la norme NF DTU 24.1. L'intervention d'un professionnel certifié est indispensable pour obtenir un certificat de conformité, document obligatoire pour votre assurance habitation. Sans ce certificat, vous risquez un refus d'indemnisation en cas de sinistre et votre responsabilité sera engagée.

Quelle est la durée de vie d'un tubage de cheminée ?

Un tubage de cheminée en inox 316L de qualité dure facilement entre 20 et 30 ans, voire plus avec un entretien régulier. La longévité du tubage dépend de plusieurs facteurs : la qualité des matériaux utilisés, le respect des normes d'installation, l'entretien régulier avec deux ramonages annuels obligatoires, et le type de combustible utilisé. Les tubages exposés aux fumées acides des appareils à granulés ou au fioul peuvent avoir une durée de vie légèrement réduite s'ils ne sont pas spécifiquement conçus pour cet usage.

📚 Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :

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