Depuis le 10 août 2019, date officielle de la mort de Jeffrey Epstein dans sa cellule de Manhattan, les zones d'ombre n'ont cessé de s'accumuler. La découverte récente d'un compte Fortnite au pseudonyme évocateur "littlestjeff1", inactif pendant l'incarcération du financier mais actif après son décès présumé avec des connexions géolocalisées en Israël, vient alimenter une nouvelle vague de spéculations. Le compte aurait été mis en mode privé le 6 février 2026, jour même de sa découverte par des internautes, selon plusieurs publications sur les réseaux sociaux.
L'essentiel
- Un compte Fortnite au pseudonyme "littlestjeff1", attribué à Jeffrey Epstein, aurait été actif après le 10 août 2019, date officielle de sa mort, avec des connexions géolocalisées depuis Israël
- Le compte aurait été mis en mode privé le 6 février 2026, quelques heures après sa découverte par des internautes, alimentant les suspicions d'une surveillance active
- Le médecin légiste Michael Baden, présent lors de l'autopsie, conteste la thèse du suicide en évoquant trois fractures du cou incompatibles avec une pendaison selon son expérience de plus de 1 000 cas similaires
- Les documents du FBI révèlent qu'Epstein avait déclaré 17 jours avant sa mort n'avoir "aucune envie de se suicider" et vouloir "reprendre sa vie", selon un rapport psychologique de 23 pages
- La publication de plus de trois millions de pages de documents fin janvier 2026 révèle l'existence possible d'enfants cachés et des connexions avec des personnalités politiques françaises, dont des discussions sur un financement de 4,7 millions d'euros au RN
L’affaire Jeffrey Epstein n’en finit pas de susciter interrogations et théories alternatives. Alors que le ministère américain de la Justice a rendu publiques fin janvier 2026 « plus de trois millions de pages, dont plus de 2 000 vidéos et plus de 180 000 images » concernant le financier déchu, une découverte inattendue sur la plateforme de jeu vidéo Fortnite vient relancer les spéculations les plus folles.
Un compte de jeu aux connexions posthumes troublantes
Des internautes affirment avoir identifié dans les fichiers publics de Fortnite un compte au pseudonyme « littlestjeff1 », qu’ils attribuent à Jeffrey Epstein. Selon leurs analyses, ce compte présenterait une particularité troublante : totalement inactif pendant la période d’incarcération du financier entre juillet et août 2019, il aurait enregistré des connexions après le 10 août 2019, date officielle de sa mort. Plus intrigant encore, ces connexions auraient été géolocalisées depuis Israël, pays avec lequel Epstein entretenait des liens documentés de son vivant.
La mise en mode privé du compte le 6 février 2026, quelques heures seulement après sa découverte et sa diffusion sur les réseaux sociaux, a immédiatement alimenté les suspicions. Cette réaction rapide suggère soit une surveillance active du compte, soit une coïncidence temporelle qui interroge. Epic Games, l’éditeur de Fortnite, n’a pour l’instant fait aucun commentaire sur cette affaire.
Une mort officielle contestée par plusieurs experts
Cette nouvelle révélation s’inscrit dans un contexte où la version officielle du suicide continue d’être remise en question. Le célèbre médecin légiste Michael Baden, qui a assisté à l’autopsie, a exprimé ses doutes dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2. Selon La Dépêche, l’expert revendiquant plus de 20 000 autopsies au cours de sa carrière a déclaré avoir observé « trois fractures des os du cou » incompatibles selon lui avec une pendaison.
« On a trouvé qu’il y avait des fractures sur les os du cou qui ne surviennent pas quand on se pend. Quand quelqu’un se pend, la corde est généralement en dessous du menton. Il n’y a pas de fracture à ce niveau-là », a expliqué Michael Baden. Le médecin légiste ajoute que ces fractures, situées « au milieu du cou », évoquent plutôt « un homicide » par strangulation. Au cours de ses cinquante années d’expérience examinant plus d’un millier de pendaisons dans les prisons de New York, il affirme n’avoir « jamais observé trois fractures dans un cas de pendaison par suicide ».
Les dernières paroles qui contredisent la thèse officielle
Les documents récemment dévoilés par la justice américaine apportent un éclairage supplémentaire sur l’état d’esprit du financier dans ses derniers jours. Selon L’Indépendant, un rapport psychologique non expurgé de 23 pages du FBI révèle qu’Epstein avait déclaré à un psychologue, au lendemain de sa première tentative de suicide contestée du 23 juillet 2019, qu’il n’avait « aucune envie de se suicider » et que ce serait « de la folie » de mettre fin à ses jours.
« J’ai une vie et je veux la reprendre », avait déclaré Jeffrey Epstein le 25 juillet 2019 selon le rapport du psychologue cité par L’Indépendant.
Le financier se disait alors « trop impliqué dans son procès pour le contester ». Ces déclarations, intervenues seulement 17 jours avant sa mort, contrastent fortement avec la conclusion officielle d’un suicide. Les circonstances entourant le décès – surveillance défaillante, gardiens négligents ayant falsifié les documents de ronde, caméras de vidéosurveillance hors service – ont nourri dès le départ les suspicions d’un possible assassinat.
Des révélations en cascade depuis janvier 2026
La publication massive de documents fin janvier 2026 a ouvert une nouvelle phase dans l’affaire Epstein. Au-delà des éléments sur sa mort, ces fichiers révèlent l’ampleur de son réseau d’influence. Selon L’Indépendant, le mathématicien français Cédric Villani a raconté sa rencontre avec Epstein en octobre 2017 dans son hôtel particulier avenue Foch à Paris, où le financier « se présentait comme un intime de Donald Trump ».
Les documents révèlent également des connexions avec des personnalités politiques françaises, notamment des échanges concernant un potentiel financement du Rassemblement National. Selon L’Internaute, des mails évoquent des discussions sur « le refinancement du Front national » et une « aide » d’un montant de « 4,7 millions » d’euros en lien avec la campagne européenne de 2019. Le parti a depuis fermement démenti toute relation financière avec Epstein.
Une obsession pour la postérité génétique
Les nouveaux documents mettent également en lumière l’obsession du financier pour sa descendance. Selon L’Indépendant, un journal intime transmis à la justice fédérale américaine révèle l’existence possible d’une fille née en 2002 d’une mère alors mineure, âgée de 16 ou 17 ans. Le journal contiendrait une copie d’échographie de grossesse datée de 20 semaines d’aménorrhée.
La jeune femme y raconterait « avoir entendu les cris de son nouveau-né et aperçu brièvement son corps avant que Ghislaine Maxwell ne le lui retire », la complice d’Epstein ayant qualifié le bébé de « magnifique » avant de le faire disparaître, selon L’Indépendant.
Cette révélation fait suite à la découverte d’un mail de Sarah Ferguson, ex-femme du prince Andrew, félicitant Epstein en 2011 pour la naissance d’un prétendu fils. Le New York Times avait également révélé en 2019 qu’Epstein envisageait de transformer son ranch du Nouveau-Mexique en centre d’insémination artificielle, souhaitant y installer une vingtaine de femmes sélectionnées pour porter ses enfants.
Entre théories conspirationnistes et questions légitimes
La découverte du compte Fortnite, bien que non vérifiée de manière indépendante, s’inscrit dans une longue série d’éléments troublants qui alimentent les théories alternatives sur la mort d’Epstein. Si certaines spéculations relèvent clairement du conspirationnisme, d’autres interrogations reposent sur des incohérences documentées dans l’enquête officielle. La coexistence dans les fichiers publiés de deux versions du rapport du FBI – l’une expurgée de 17 pages, l’autre complète de 23 pages – illustre les zones d’ombre persistantes.
Sept ans après les faits, l’affaire Epstein continue de révéler de nouveaux aspects. La question centrale demeure : comment un homme placé sous surveillance suicide, détenu dans l’une des prisons les plus sécurisées des États-Unis, a-t-il pu mourir dans des circonstances aussi nébuleuses ? Et pourquoi, si la thèse du suicide est avérée, tant d’éléments du dossier continuent-ils de susciter le doute chez des experts reconnus ? La découverte d’un compte de jeu vidéo potentiellement actif après sa mort ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire à un mystère qui semble loin d’être résolu.
Sources
- L'Indépendant (4 février 2026)
- La Dépêche (24 novembre 2025)
- L'Internaute (2 février 2026)
- Ministère américain de la Justice (30 janvier 2026)