Comptes 2025 de la Sarthe : majorité et opposition s’affrontent sur l’interprétation budgétaire
Le conseil départemental a examiné le compte financier unique le 26 juin. La majorité met en avant un redressement de l'épargne, l'opposition dénonce un déficit structurel.
Vendredi 26 juin, le conseil départemental de la Sarthe a présenté le compte financier unique 2025 à l'Abbaye Royale de l'Épau. Majorité et opposition ont livré deux lectures divergentes la première salue un redressement de l'épargne, la seconde pointe un déficit et des difficultés de financement.
L’essentiel
- Session le 26 juin 2026 : le conseil départemental de la Sarthe a examiné le compte financier unique pour l’exercice 2025, dans le cadre de la première décision modificative budgétaire.
- Épargne brute en hausse : la majorité met en avant un redressement à +3 % des recettes de fonctionnement, soit 18,8 M€, grâce à la reprise des droits de mutation à titre onéreux (DMTO).
- Opposition inquiète : la minorité dénonce un déficit dans le bilan 2025 et une situation financière qualifiée de « marché de dupe » pour le financement des compétences imposées par l’État.
Le vendredi 26 juin 2026, le conseil départemental de la Sarthe s’est réuni à l’Abbaye Royale de l’Épau pour examiner le compte financier unique de l’exercice 2025. Ce document, qui remplace désormais le compte administratif et le compte de gestion, donne une photographie complète du budget réalisé, de l’endettement et des investissements. La session s’inscrivait dans le cadre de la première décision modificative budgétaire de l’année.
Deux lectures irréconciliables
Comme l’a rapporté Ouest-France, majorité et minorité ont exprimé des interprétations opposées des comptes 2025. Du côté de la majorité, le président de la commission finances, Régis Vallienne, a souligné un redressement de l’épargne brute, passée à +3 % des recettes de fonctionnement, soit 18,8 M€, grâce notamment à la reprise des droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Le niveau d’investissement a été maintenu, ce que la majorité présente comme un signe de bonne gestion.
De son côté, l’opposition a livré une analyse bien plus sombre. Elle s’inquiète d’un déficit dans le bilan 2025 et dénonce une situation budgétaire difficile. Selon les élus minoritaires, le Département peine à financer les obligations imposées par l’État, notamment dans les domaines des politiques sociales et de l’aménagement. L’un d’eux a même qualifié le mécanisme de « marché de dupe », estimant que la collectivité assume des charges sans compensation suffisante.
Un contexte de tensions persistantes
Ces désaccords ne sont pas nouveaux. Lors de l’adoption du budget 2025, des doutes avaient déjà été émis sur sa sincérité. En février 2025, les services du Département évoquaient un exercice « difficile », contraint par la baisse des dotations de l’État et la hausse des dépenses sociales obligatoires. La majorité avait alors dû arbitrer entre maintien des investissements et redressement des marges de manœuvre financières.
Le compte financier unique présenté le 26 juin permet de mesurer l’écart entre les prévisions et la réalité. Si l’épargne brute s’est améliorée, l’opposition estime que cela ne masque pas un déficit structurel. La question des compétences transférées par l’État - RSA, allocation personnalisée d’autonomie, etc. - reste au cœur des inquiétudes, comme le soulignent plusieurs sources locales.
Contexte dans la Sarthe
La Sarthe est un département rural et périurbain de 567 000 habitants, dont le budget 2025 s’élevait à environ 600 M€. Le conseil départemental, présidé par Dominique Le Mèner (LR), doit composer avec une base fiscale modeste et une forte dépendance aux dotations de l’État. Les dépenses sociales représentent plus de la moitié du budget de fonctionnement, un ratio classique pour les départements, mais qui expose la collectivité aux variations des recettes (DMTO, TVA). La session à l’Abbaye de l’Épau intervient alors que plusieurs départements français alertent sur leur situation financière.
Le Département gère également un important réseau routier. À titre d’exemple, la tenue du Le Mans Classic Legend 2026 nécessitera la fermeture de quatre routes départementales du 3 au 5 juillet, illustrant la double contrainte : organiser des événements attractifs tout en maintenant les infrastrutures.
Prochaine étape : le budget 2027
Le débat sur les comptes 2025 n’est qu’une étape. La majorité devra présenter un budget primitif 2027 d’ici février prochain, avec des choix d’investissement et de fiscalité. L’opposition entend bien continuer à peser sur la sincérité des projections. Le compte financier 2025 servira de base aux discussions techniques entre les services et les élus, tandis que les prochaines décisions modificatives budgétaires de 2026 ajusteront la trajectoire financière.