La Corée du Nord livre des missiles balistiques améliorés à la Russie

Pyongyang fournit à Moscou environ deux douzaines de missiles KN-23 et KN-24 pour intensifier les frappes contre l'Ukraine, marquant une escalade dans la coopération militaire entre les deux pays

La Corée du Nord livre des missiles balistiques améliorés à la Russie
Illustration Julien Mercier / info.fr
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La Russie a reçu de Corée du Nord une vingtaine de missiles balistiques améliorés destinés à frapper des villes ukrainiennes comme Kyiv. Cette livraison, révélée ce 24 juillet, illustre l'approfondissement des liens militaires entre Moscou et Pyongyang dans le cadre du conflit ukrainien.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • La Russie a reçu environ deux douzaines de missiles balistiques KN-23 et KN-24 de Corée du Nord pour frapper l'Ukraine
  • Ces missiles à courte portée peuvent atteindre entre 400 et 690 kilomètres, menaçant des villes comme Kyiv
  • Le transfert viole les résolutions de l'ONU interdisant l'exportation d'armes nord-coréennes
  • Moscou et Pyongyang ont signé un traité de partenariat stratégique incluant une clause d'assistance mutuelle
  • Cette coopération militaire complique la défense antiaérienne ukrainienne face à des vecteurs d'attaque diversifiés
5 faits vérifiés 2 sources mis à jour le 24 juillet à 20:12

La Corée du Nord a fourni à la Russie environ deux douzaines de missiles balistiques de type KN-23 et KN-24 améliorés, destinés à frapper des objectifs sur le territoire ukrainien. L’information, relayée ces derniers jours par des sources médiatiques internationales, confirme l’, confirme l’intensification du soutien militaire nord-coréen à Moscou dans le conflit qui se prolonge.

Des missiles balistiques à courte portée

Les missiles KN-23 et KN-24 sont des systèmes balistiques à courte portée développés par la Corée du Nord. Le KN-23, inspiré du système russe Iskander-M, dispose d’une portée estimée entre 400 et 690 kilomètres. Le KN-24, de conception similaire au missile américain ATACMS, peut atteindre environ 400 kilomètres. Ces vecteurs permettent à la Russie de frapper des cibles en profondeur sur le territoire ukrainien depuis des zones éloignées du front.

Selon United24 Media, ces missiles sont destinés à cibler des villes ukrainiennes, dont la capitale Kyiv. Leur trajectoire basse et leur capacité de manœuvre en phase terminale compliquent considérablement la tâche des systèmes de défense antiaérienne ukrainiens, déjà sollicités par des vagues de drones et de missiles de croisière.

Un soutien militaire continu qui viole les sanctions

Ce transfert s’inscrit dans une coopération militaire croissante entre Pyongyang et Moscou. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, plusieurs rapports ont documenté la fourniture nord-coréenne d’armements à la Russie, incluant des obus d’artillerie et des munitions conventionnelles.

Ces livraisons violent plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui interdisent à la Corée du Nord d’exporter des armes. Moscou et Pyongyang ont formalisé leur rapprochement par la signature d’un traité de partenariat stratégique global incluant une clause d’assistance mutuelle en cas d’agression. Cet accord, conclu lors de la visite du président russe Vladimir Poutine à Pyongyang en juin, marque une rupture avec l’isolement diplomatique que la Corée du Nord subissait depuis des décennies.

L’impact sur le terrain ukrainien

Pour l’Ukraine, l’arrivée de ces missiles représente une menace accrue. La diversification des vecteurs d’attaque russes oblige les forces de défense à adapter constamment leurs stratégies et à répartir leurs ressources limitées en systèmes antiaériens. Les missiles balistiques à courte portée, plus rapides que les drones ou les missiles de croisière, réduisent le temps de réaction disponible pour l’interception.

Les frappes contre des centres urbains, pratique régulière de l’armée russe depuis le début du conflit, visent non seulement des infrastructures critiques mais aussi à semer la terreur parmi la population civile. L’utilisation de missiles nord-coréens permet à Moscou de préserver ses propres stocks tout en maintenant une pression constante sur les défenses ukrainiennes.

Contexte international : une alliance qui inquiète

Le rapprochement russo-nord-coréen s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par l’opposition croissante entre d’un côté la Russie, la Chine et leurs alliés, et de l’autre les pays occidentaux soutenant l’Ukraine. Pour la Corée du Nord, cette coopération offre une bouée de sauvetage économique et diplomatique face aux sanctions qui étouffent son économie depuis des années.

En échange des livraisons d’armes, Pyongyang bénéficierait d’un soutien russe sur la scène internationale, notamment au Conseil de sécurité où Moscou dispose d’un droit de veto. Des transferts de technologies militaires, notamment dans les domaines spatial et des missiles, pourraient également faire partie du deal, bien que ces informations restent difficiles à confirmer.

Du côté occidental, cette alliance suscite de vives inquiétudes. Les États-Unis et leurs alliés européens dénoncent régulièrement la fourniture d’armements nord-coréens à la Russie, y voyant une escalade dangereuse du conflit. La question de nouvelles sanctions ciblant les flux d’armes entre les deux pays est régulièrement évoquée, bien que leur efficacité reste limitée face à deux États déjà largement isolés sur le plan économique.

Les précédents sur l’utilisation de missiles nord-coréens

Ce n’est pas la première fois que la Russie utilise des armements nord-coréens en Ukraine. Des rapports précédents avaient signalé l’emploi de munitions d’artillerie estampillées nord-coréennes, retrouvées sur le champ de bataille par les forces ukrainiennes. L’utilisation de missiles balistiques marque toutefois une montée en gamme significative dans cette coopération.

L’efficacité réelle de ces missiles reste à évaluer. Certains experts militaires s’interrogent sur la fiabilité des systèmes nord-coréens, dont les taux d’échec lors d’essais ont parfois été élevés. Toutefois, même avec un taux de réussite partiel, ces armes représentent une menace sérieuse compte tenu de leur nombre et de leur capacité à saturer les défenses.

La réponse ukrainienne et occidentale

Face à cette escalade, l’Ukraine continue de réclamer davantage de systèmes de défense antiaérienne à ses partenaires occidentaux. Les livraisons de batteries Patriot, IRIS-T et autres systèmes modernes se poursuivent, mais les besoins restent immenses face à l’ampleur des frappes russes.

Les pays occidentaux, de leur côté, examinent les options pour renforcer les sanctions contre les réseaux logistiques facilitant ces transferts d’armes. La traçabilité des flux entre la Corée du Nord et la Russie, qui transitent souvent par des ports discrets et des routes maritimes détournées, reste un défi majeur pour les services de renseignement.

Cette livraison de missiles nord-coréens rappelle que le conflit ukrainien s’inscrit dans une recomposition plus large des alliances mondiales, où les camps se solidifient autour de lignes de fracture de plus en plus marquées. La capacité de la Russie à s’appuyer sur des partenaires comme la Corée du Nord lui permet de contourner partiellement l’isolement économique imposé par l’Occident, prolongeant ainsi un conflit dont l’issue reste incertaine.

Julien
Julien IA en ligne
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Sources

Julien Mercier

Julien Mercier

Julien Mercier est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Kyiv. basé sur place, Il couvre l'actualité de l'Ukraine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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