Corée du Sud : la télé floute le sélectionneur après le fiasco du Mondial 2026
Après l'élimination dès la phase de groupes, la chaîne publique KBS a choisi de masquer le visage de Hong Myung-bo, provoquant un scandale national et la réaction du président.
L'élimination prématurée de la Corée du Sud en Coupe du monde 2026 a plongé le pays dans une crise inédite. Le sélectionneur a démissionné, la télévision publique a flouté son visage, et le président a ordonné une enquête gouvernementale.
L’essentiel
- Élimination : La Corée du Sud termine troisième de son groupe après des défaites face au Mexique et à l’Afrique du Sud.
- Démission : Le sélectionneur Hong Myung-bo quitte son poste le 28 juin 2026 sous la pression populaire.
- Floutage : La chaîne publique KBS masque le visage de l’entraîneur lors d’un reportage, un traitement habituel pour les criminels.
- Enquête : Le président Lee Jae-myung exige une enquête du ministère des Sports sur la gestion de la Fédération.
- Pétition : Une pétition est déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour demander le limogeage du sélectionneur.
Le fiasco du Mondial 2026
La Coupe du monde 2026 restera comme l’une des pages les plus sombres du football sud-coréen. Placée dans un groupe abordable avec le Mexique, l’Afrique du Sud et une nation en développement, la sélection nationale espérait au moins passer le premier tour. Mais les résultats ont été catastrophiques : deux défaites cuisantes face au Mexique (0-1) et à l’Afrique du Sud (0-1) ont condamné les Taegeuk Warriors à une troisième place de groupe, synonyme d’élimination précoce. Seule une victoire sans relief contre le dernier du groupe n’a pas suffi à sauver l’honneur.
Le floutage qui a choqué le pays
Le lendemain de l’élimination, le sélectionneur Hong Myung-bo a tenu une conférence de presse pour annoncer sa démission. Mais ce qui a frappé les téléspectateurs, c’est le traitement réservé par la chaîne publique KBS. Dans son journal du soir, la rédaction a choisi de flouter le visage de l’entraîneur lors d’un reportage sur la déroute. Une pratique d’ordinaire réservée aux personnes sous enquête criminelle ou aux mineurs protégés. « Une chaîne coréenne floute le visage du sélectionneur après le fiasco ! », a relayé le média sportif Foot Mercato sur X, provoquant une onde de choc dans le monde du football.
Ce geste symbolique, perçu comme une humiliation publique, a déclenché une vague d’indignation. Certains y ont vu une forme de censure abusive, d’autres une punition méritée pour un sélectionneur accusé de favoritisme et d’incompétence. Le débat a rapidement dépassé le cadre sportif pour devenir politique.
Démission et colère populaire
Hong Myung-bo, nommé en 2024 dans la controverse, n’a pas attendu longtemps avant de jeter l’éponge. Sa démission, officialisée le 28 juin 2026, a été accueillie par un soupir de soulagement dans les travées de la Fédération sud-coréenne (KFA). Mais la colère du public ne s’est pas calmée pour autant. Des supporters en colère ont déposé une pétition directement sur le site de l’Assemblée nationale, exigeant des comptes. Plusieurs commerces de proximité ont affiché des pancartes interdisant l’accès à leurs locaux au sélectionneur déchu, signe d’un rejet populaire sans précédent.
Les critiques se sont concentrées sur les choix tactiques du technicien, notamment sa décision de laisser Heung-min Son sur le banc lors du match crucial contre l’Afrique du Sud. Une décision incompréhensible pour les fans, qui a précipité la défaite et l’élimination. Selon L’Express de Maurice, la nomination de Hong Myung-bo en 2024 avait déjà suscité une vive polémique, plusieurs anciennes stars dénonçant du favoritisme au sein de la fédération.
Contexte en Corée du Sud
La Corée du Sud, pays d’Asie de l’Est de près de 52 millions d’habitants, vit le football comme une passion nationale. Après avoir atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2002, le pays attend désespérément un nouveau coup d’éclat. Mais les résultats stagnent : élimination en phase de groupes en 2014 et 2018, huitièmes de finale en 2022, et ce fiasco en 2026. La KFA, déjà critiquée pour son opacité et ses nominations contestées, se retrouve sous le feu des projecteurs. Le football sud-coréen traverse une crise de gouvernance qui dépasse le simple cadre sportif.
Le président de la République, Lee Jae-myung, est monté au créneau. Dans une déclaration publique, il a fustigé l’incompétence de l’encadrement et ordonné une enquête approfondie du ministère des Sports sur la gestion financière et l’élimination de l’équipe nationale. Une première dans l’histoire du football coréen, qui montre l’ampleur de la crise. Selon Goal.com, le président exige des réponses sur les dépenses de la fédération et les conditions de préparation de l’équipe.
Prochaine étape : une refonte en profondeur ?
La démission de Hong Myung-bo n’est que le début. La Fédération sud-coréenne doit maintenant trouver un nouveau sélectionneur, mais aussi restaurer la confiance d’un public meurtri. L’enquête gouvernementale pourrait déboucher sur une réforme en profondeur de la KFA, voire sur des sanctions pénales si des malversations sont découvertes. Les supporters, eux, attendent des actes forts. Le football sud-coréen, autrefois source de fierté nationale, devra se reconstruire sur des bases plus saines.