Corrèze : la FDSEA veut répercuter la hausse des coûts sur les prix agricoles

Le syndicat agricole corrézien réclame une intégration des charges en hausse dans la contractualisation pour préserver les trésoreries.

Corrèze : la FDSEA veut répercuter la hausse des coûts sur les prix agricoles
Illustration Hugo Meunier / info.fr

La FDSEA de la Corrèze a formulé le 18 avril 2026 une proposition concrète : faire entrer les hausses de coûts de production dans les prix de vente agricoles. Énergie, engrais, carburant - les charges s'accumulent, les prix à la production stagnent.

Le constat est chiffré. Le gazole non routier (GNR) a progressé de 60 à 80 % selon la FNSEA, les engrais suivent la même trajectoire, et pourtant, selon l’INSEE, les prix agricoles à la production en France étaient stables en janvier 2026 en rythme annuel. Résultat : un effet ciseaux qui comprime les marges des exploitations corréziennes.

Face à cette situation, la FDSEA de la Corrèze a annoncé le 18 avril 2026 une initiative structurée, rapportée par La Montagne : intégrer les hausses de coûts - validées par les interprofessions - dans la contractualisation lors des négociations commerciales. L’objectif affiché est de protéger les trésoreries des agriculteurs du département, fortement exposé en raison de sa tradition d’élevage bovin et de cultures céréalières.

Lissajoux en tête de la mobilisation

Emmanuel Lissajoux, réélu à la présidence de la FDSEA Corrèze en mars 2026, porte cette revendication comme priorité de sa mandature, selon Réussir. Le revenu agricole est placé au centre de la feuille de route définie lors du séminaire de travail des 24 et 25 mars 2026.

La démarche n’est pas nouvelle. En mars 2025, la FDSEA avait déjà présenté des revendications similaires lors d’une rencontre avec le préfet de la Corrèze. Dès mai 2022, le syndicat avait mis la pression sur les coopératives agricoles pour obtenir une meilleure répercussion des coûts, selon Le Populaire.

Les 20 millions d’État jugés insuffisants

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Le gouvernement a annoncé en avril 2026 une enveloppe supplémentaire de 20 millions d’euros destinée notamment à la prise en charge de cotisations MSA, selon Les Echos. La FDSEA nationale juge la mesure insuffisante au regard de l’ampleur des charges. En Corrèze, le syndicat dénonce depuis janvier 2026 ce qu’il qualifie d’« abandon » de l’agriculture par l’État, critiquant également les perspectives PAC post-2028 qualifiées d’« enfumage », selon La Montagne.

Prochaine étape : la FDSEA Corrèze entend poursuivre ses actions pour relancer les négociations commerciales, dans la continuité de la feuille de route adoptée en mars. Aucune date d’action précise n’a été communiquée à ce stade.

Sources

Hugo Meunier

Hugo Meunier

Basé à Tulle, couvre l'élevage limousin, les tensions sur la santé en milieu rural, le tourisme vert et les débats sur les barrages hydroélectriques. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de passer au web. Posture éditoriale : connaître les maires, les agriculteurs, les associations locales, vérifier chaque projet sur le terrain avant de publier.

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