Côte d’Ivoire : 59 morts dans les inondations, Abidjan sous tension
Depuis la mi-mai 2026, les pluies ont fait au moins 59 morts en Côte d'Ivoire, poussant le gouvernement à annoncer 12 000 logements sociaux.
Le bilan des inondations qui frappent la Côte d'Ivoire depuis la mi-mai 2026 s'élève à 59 morts, selon le gouvernement ivoirien. Abidjan, et particulièrement la commune d'Attécoubé, paie le plus lourd tribut. Les autorités annoncent la construction de 12 000 logements pour reloger les sinistrés.
L’essentiel
- Bilan : au moins 59 morts recensés depuis la mi-mai 2026, selon le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly, à l’issue du conseil des ministres du 1er juillet 2026
- Zone la plus touchée : la commune d’Attécoubé, à l’ouest d’Abidjan, avec environ 20 décès recensés
- Pic de la crise : plus de dix morts en 48 heures dans la nuit du 28 au 29 juin 2026 à Abidjan
- Réponse annoncée : 12 000 logements à loyer modéré pour reloger 60 000 personnes évacuées, sur les sites de Songon et de l’autoroute du Nord
Un bilan qui ne cesse de s’alourdir depuis deux mois. En Côte d’Ivoire, les pluies torrentielles qui s’abattent sur le pays depuis la mi-mai 2026 ont fait au moins 59 morts, selon les chiffres communiqués le 1er juillet par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, à l’issue d’un conseil des ministres. Les recherches se poursuivent sur le terrain et ce chiffre pourrait encore évoluer, a-t-il précisé.
Un bilan qui s’alourdit depuis la mi-mai
La saison des pluies 2026 s’annonçait déjà tendue en Afrique de l’Ouest. Mais l’ampleur des dégâts humains en Côte d’Ivoire a surpris par sa rapidité. Selon Africanews, le décompte officiel du gouvernement fait état d’au moins 59 décès imputables aux inondations et aux glissements de terrain survenus depuis la mi-mai. La séquence la plus meurtrière s’est produite dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, quand de fortes pluies ont fait plus de dix morts en 48 heures à Abidjan, rapporte TRT Afrika. Sur X, le compte du gouvernement ivoirien a détaillé les dispositifs de protection civile activés pour la saison.
Attécoubé, le quartier qui paie le plus lourd tribut
Dans le district d’Abidjan, qui compte plus de six millions d’habitants, c’est la commune d’Attécoubé, à l’ouest de la ville, qui concentre les pertes les plus lourdes. Selon Xinhua, environ 20 décès y ont été recensés, un chiffre qui représente à lui seul un tiers du bilan national. Ce quartier populaire, traversé par plusieurs bas-fonds, figure de longue date parmi les zones identifiées comme à risque par les services d’urbanisme de la capitale économique ivoirienne.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs médias locaux ont documenté l’ampleur des dégâts au fil des semaines. Le média CADRECO a résumé l’enjeu en quelques mots début juillet.
Des sinistrés retournent sur des zones pourtant évacuées
Autre difficulté soulevée par les autorités : une partie des habitants déplacés par les inondations est revenue s’installer sur des terrains à risque, malgré les évacuations menées précédemment par l’État. Amadou Coulibaly a dit regretter ce phénomène, selon APAnews, qui complique la gestion de la crise et expose de nouveau des familles à un danger identifié. Ce retour s’explique en partie par le manque d’alternatives de logement durable pour les populations concernées, souvent issues de quartiers précaires.
12 000 logements pour reloger 60 000 personnes
Face à l’ampleur des dégâts, le conseil des ministres du 1er juillet 2026 a acté un plan de construction de 12 000 logements à loyer modéré, destinés à reloger environ 60 000 personnes évacuées, selon Africa24 TV. Deux sites ont été retenus pour accueillir ces nouveaux logements : Songon, commune périphérique d’Abidjan, et un secteur le long de l’autoroute du Nord. Le calendrier précis de livraison de ces habitations n’a pas été détaillé à ce stade. Le média ivoirien 7Info a résumé l’annonce sur X, associant le bilan humain et la réponse en logements.
Contexte : Abidjan, une mégapole exposée aux inondations
Le district d’Abidjan concentre l’essentiel des activités économiques du pays et une part importante de sa population, avec plus de six millions d’habitants selon les données évoquées par les médias locaux. Cette concentration démographique s’est accompagnée d’une urbanisation rapide, souvent informelle, dans des zones basses ou en bordure de lagune. L’urbaniste Bazin Yao, cité par AllAfrica, pointe la conjonction de deux facteurs : une croissance urbaine mal maîtrisée et un réseau de drainage des eaux pluviales devenu inadapté au volume des précipitations actuelles. Ce constat n’est pas propre à 2026 : la capitale économique ivoirienne fait face à des épisodes d’inondations meurtrières lors de plusieurs saisons des pluies successives, sans que les infrastructures d’évacuation des eaux n’aient été mises à niveau au même rythme que l’étalement urbain.
La réaction du président Ouattara
Le président ivoirien Alassane Ouattara a exprimé sa compassion aux familles des victimes et s’est engagé à mobiliser l’aide sociale de l’État en faveur des sinistrés, selon L-FRII. Cette prise de parole présidentielle intervient alors que la pression monte sur le gouvernement pour accélérer la mise en œuvre du plan de relogement annoncé début juillet.
Les recherches se poursuivent dans les zones encore touchées par les eaux, et les autorités n’excluent pas une révision à la hausse du bilan humain.
Sources
- CADRECO : La Côte d'Ivoire face au risque humain, urbain et économique des inondations
- Gouvernement de Côte d'Ivoire : Tout Savoir Sur : les dispositifs de protection civile pendant la saison des pluies 2026
- 7info : Côte d'Ivoire : 59 morts dus aux pluies, 12 000 logements annoncés pour les déguerpis