Coupe du monde 2026 : après la défaite face à la France, la Fédération sénégalaise dans la tourmente
Primes impayées, sélectionneur sans contrat, hébergement spartiate la défaite des Lions (3-1) face aux Bleus a révélé une profonde crise interne.
Battus 3-1 par la France au MetLife Stadium le 16 juin, les Lions de la Téranga n’ont pas seulement perdu leur premier match du Mondial. La défaite a mis au jour un malaise bien plus profond, entre primes non versées et dirigeants contestés.
L’essentiel
- Score : Le Sénégal s’est incliné 3-1 face à la France le 16 juin 2026 au MetLife Stadium, pour son entrée dans le groupe du Mondial.
- Contrat absent : Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw dirige l’équipe sans contrat officiel et accuse plusieurs mois d’arriérés de salaire.
- Primes impayées : Les joueurs n’ont toujours pas perçu leurs primes liées à la CAN 2025 et à la qualification pour la Coupe du monde.
- Conditions spartiates : L’hébergement aux États-Unis est jugé inférieur aux standards, et le cuisinier habituel de la sélection n’a pas été emmené.
Une défaite qui fait office de révélateur
À la mi-temps du match, le score était encore de 1-1. Mais en seconde période, les Bleus ont imposé leur rythme, s’imposant 3-1. Sur le terrain, les Lions ont semblé moins tranchants que d’habitude. Mais le malaise, lui, couvait depuis des semaines.
« En vrai, c’est un mal pour un bien d’avoir perdu ce match contre la France », a tweeté @Paadoudout, consultant sportif sénégalais, dans une réaction partagée par de nombreux internautes. Une phrase qui résume le sentiment d’une partie du pays : celle qui voit dans cette défaite un électrochoc nécessaire pour secouer une Fédération jugée sclérosée.
Primes impayées et sélectionneur sans contrat
Selon une enquête de Sport News Africa, la situation financière de la Fédération sénégalaise de football (FSF) est explosive. Les joueurs de l’équipe nationale n’ont toujours pas reçu leurs primes de la CAN 2025 - où le Sénégal avait atteint les demi-finales - ni celles de la qualification pour la Coupe du monde 2026.
Plus grave encore, le sélectionneur Pape Bouna Thiaw, qui a pris les rênes de la sélection après la CAN, dirige actuellement l’équipe sans aucun contrat officiel. Il accumulerait plusieurs mois d’arriérés de salaire. Une situation humiliante pour un technicien qui a mené les Lions vers le Mondial.
« On ne peut pas demander aux joueurs de se transcender si l’encadrement même n’est pas sécurisé », confie une source proche du vestiaire, sous couvert d’anonymat.
Des conditions de vie indignes aux États-Unis
Le constat ne s’arrête pas là. Selon Elbotola, l’hébergement des Lions aux États-Unis a été vivement critiqué en interne. Les joueurs ont été logés dans un hôtel jugé en dessous des standards habituels de la sélection. Pire : le cuisinier de la Tanière, habituellement présent pour préparer les repas selon les goûts des joueurs, n’a pas été du voyage.
« Certains joueurs ont dû commander eux-mêmes des repas à l’extérieur », rapportent nos confrères. Une anecdote qui en dit long sur la désorganisation de la logistique fédérale.
La gestion d’Abdoulaye Fall au cœur des critiques
Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, est directement pointé du doigt. Selon Senego, la fédération a financé le voyage et le séjour d’une « large délégation d’officiels et de leurs proches » aux États-Unis, pendant que les joueurs se plaignaient de leurs conditions. Une dépense jugée scandaleuse par l’opinion publique sénégalaise.
Par ailleurs, les autorités américaines ont refusé de délivrer des visas à de nombreux supporters sénégalais, une décision que la FSF a « regrettée » dans un communiqué relayé par l’AFP. Mais pour les détracteurs d’Abdoulaye Fall, ce n’est qu’un symptôme de l’amateurisme ambiant.
Contexte dans le football sénégalais
Le Sénégal reste pourtant l’une des nations majeures du continent africain. Champion d’Afrique en 2022, il a atteint les demi-finales de la CAN 2025 avant de se qualifier confortablement pour le Mondial 2026. Mais derrière ces succès sportifs, la gestion fédérale est sous tension depuis plusieurs mois. La FSF est régulièrement critiquée pour son opacité financière et son manque de professionnalisme. Ce Mondial américain devait être une vitrine ; il est devenu un révélateur de failles profondes.
Prochaine étape : le match décisif contre la Norvège
Les Lions doivent désormais se tourner vers leur second match de groupe, contre la Norvège, prévu le 23 juin. Une défaite les éliminerait presque à coup sûr. Mais pour l’heure, c’est en coulisses que le vrai match se joue. Les joueurs auraient demandé une réunion d’urgence avec les dirigeants de la FSF pour clarifier la situation des primes et des contrats avant d’affronter la Norvège. La balle est dans le camp d’Abdoulaye Fall.