Courbevoie : un ado de 16 ans arrêté pour exploitation sexuelle de deux mineures

Interpellé le 28 avril, le suspect est soupçonné d'avoir séquestré et contraint deux adolescentes de 16 et 17 ans à se prostituer boulevard de la Mission Marchand.

Courbevoie : un ado de 16 ans arrêté pour exploitation sexuelle de deux mineures
Illustration Guillaume Roux / info.fr

Un adolescent de 16 ans a été interpellé le 28 avril 2026 à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, pour séquestration et prostitution forcée de deux mineures. Les victimes, âgées de 16 et 17 ans, ont été découvertes après l'alerte d'un riverain. Le parquet de Nanterre suit le dossier.

Un adolescent de 16 ans a été interpellé le 28 avril 2026 à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, pour séquestration et prostitution forcée de deux mineures. Les victimes, âgées de 16 et 17 ans, ont été découvertes après l’alerte d’un riverain. Le parquet de Nanterre suit le dossier.

L’essentiel

  • Interpellation : Un adolescent de 16 ans arrêté le 28 avril 2026 à Courbevoie pour séquestration et prostitution forcée.
  • Victimes : Deux adolescentes de 16 et 17 ans, contraintes à des actes sexuels contre rémunération.
  • Déclenchement : Un riverain a donné l’alerte boulevard de la Mission Marchand, permettant la découverte de la première victime.
  • Judiciaire : Le parquet de Nanterre a confirmé l’âge du suspect ; les gardes à vue et enquêtes sont en cours, sans date d’audience annoncée.
  • Contexte national : En 2025, 704 mineures recensées comme victimes de prostitution en France, soit +43 % par rapport à 2021.

Une alerte de riverain déclenche l’intervention

Mardi 28 avril 2026, en fin de journée, un habitant du boulevard de la Mission Marchand à Courbevoie contacte les forces de l’ordre. Il signale une situation suspecte. Les policiers interviennent et découvrent une première adolescente. Les investigations conduisent rapidement à l’identification d’une seconde victime, puis à l’interpellation du suspect, selon les informations rapportées par actu.fr et 20 Minutes.

Le mis en cause est lui-même mineur : 16 ans. Il est soupçonné d’avoir séquestré les deux jeunes filles et de les avoir contraintes à se prostituer, c’est-à-dire à accomplir des actes sexuels contre rémunération. Les circonstances exactes - durée de la séquestration, mode de recrutement des victimes, existence d’un réseau - n’ont pas été précisées à ce stade par les autorités.

Le parquet de Nanterre confirme, les enquêtes se poursuivent

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Le parquet de Nanterre a confirmé l’âge du suspect - 16 ans - et indiqué que les gardes à vue et les enquêtes sont en cours, selon 20 Minutes. Aucune date d’audience n’a été annoncée publiquement à ce stade. La minorité du mis en cause implique l’application du droit pénal des mineurs, distinct du régime applicable aux majeurs.

Les chefs retenus - séquestration et proxénétisme aggravé sur mineurs - sont des crimes graves. Lorsqu’un mineur est auteur de tels faits, le tribunal pour enfants ou la cour d’assises des mineurs est compétent, selon l’âge et la nature des infractions. Le parquet n’a pas précisé la qualification exacte retenue à ce stade.

Un phénomène national en forte hausse

L’affaire de Courbevoie s’inscrit dans une tendance documentée à l’échelle nationale. En 2025, 704 mineures ont été recensées comme victimes de prostitution en France, soit une hausse de 43 % par rapport à 2021, selon des données relayées par Le Figaro et l’Observatoire national des violences faites aux femmes.

Les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur en 2026 sont plus larges : 132 300 victimes de violences sexuelles enregistrées en France en 2025, dont 58 % sont mineures, soit environ 76 200 jeunes. Une hausse de 8 % sur un an. Sur le volet traite, 490 mineurs ont été identifiés comme victimes d’exploitation des êtres humains en 2024, en progression de 22 % par rapport à 2023, selon les données officielles corroborées par l’association Contre la Traite.

L’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) relevait en 2025 que 30 % des affaires de proxénétisme en France concernent des mineurs - auteurs ou victimes confondus. Ce phénomène, longtemps associé à des réseaux adultes, implique de plus en plus des individus mineurs dans les deux rôles, comme l’illustre l’affaire de Courbevoie. Pour mémoire, des violences impliquant des mineurs ont également été signalées dans d’autres communes de la petite couronne ces derniers mois.

Contexte dans les Hauts-de-Seine

Le département des Hauts-de-Seine (92) compte environ 1,6 million d’habitants. Courbevoie, avec près de 90 000 résidents, est l’une des communes les plus peuplées du département, marquée par une forte densité urbaine dans le secteur de La Défense et ses abords.

Les violences sexuelles sur mineurs y sont en hausse, comme dans l’ensemble de la petite couronne. La Seine-Saint-Denis voisine enregistrait en 2025 un taux de 5,1 victimes de violences intrafamiliales pour 1 000 habitants, selon des données citées par le cabinet EMO Avocats à partir des statistiques officielles du ministère de l’Intérieur. Les Hauts-de-Seine ne font pas l’objet d’une statistique départementale publiée distinctement, mais le département n’est pas épargné par ces dynamiques.

Courbevoie avait déjà été le théâtre d’une affaire impliquant des mineurs auteurs : en juin 2024, trois adolescents avaient été condamnés pour viol en réunion à caractère antisémite sur une adolescente de 12 ans. L’un d’eux avait vu sa peine réduite en appel à sept ans de prison en novembre 2025, selon Le Monde. Ces deux affaires, distinctes dans leur nature, traduisent une même réalité : la commune n’est pas à l’abri des formes les plus graves de violences sexuelles sur mineurs. Dans ce contexte, d’autres communes des Hauts-de-Seine cherchent également à renforcer leurs dispositifs de prise en charge des publics vulnérables.

Le profil du proxénète mineur, un défi judiciaire

L’interpellation d’un suspect de 16 ans pour des faits de proxénétisme et séquestration pose une question spécifique au droit pénal des mineurs. Le Code de la justice pénale des mineurs, en vigueur depuis 2021, prévoit une responsabilité pénale progressive. Un mineur de 16 ans peut être jugé en cour d’assises des mineurs pour des crimes, avec des peines pouvant atteindre la moitié des peines encourues par un majeur - soit jusqu’à dix ans de réclusion dans certains cas de proxénétisme aggravé.

La question du milieu de recrutement et des liens éventuels avec d’autres individus, mineurs ou majeurs, reste ouverte. Le parquet de Nanterre n’a pas communiqué sur ce point. Les enquêteurs chercheront notamment à déterminer si le suspect agissait seul ou s’inscrivait dans un réseau plus structuré.

Les deux victimes, dont le suivi psychologique et la prise en charge ne sont pas détaillés dans les éléments communiqués, bénéficient en principe d’une protection spécifique au titre de leur minorité et de la nature des faits subis. Des associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes de traite - dont le Mouvement du Nid ou ALC - interviennent régulièrement dans ce type d’affaires, sans qu’une intervention spécifique n’ait été annoncée ici.

La suite de la procédure

Les enquêtes du parquet de Nanterre se poursuivent. Aucune date d’audience ou de mise en examen formelle n’a été communiquée. Le dossier reste à un stade préliminaire, les gardes à vue étant encore en cours au moment de la publication des premières informations le 29 avril 2026.

La prochaine étape formelle sera la décision du parquet sur les suites à donner : renvoi devant le juge des enfants, ouverture d’une information judiciaire ou déferrement. Le calendrier dépendra des éléments recueillis lors des gardes à vue.

Sources

Guillaume Roux

Guillaume Roux

Guillaume est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hauts-de-Seine (92), avec Nanterre pour chef-lieu. Spécialité du département : La Defense (3 millions m2 bureaux). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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