Crash d’un hélicoptère ULM dans le Verdon : le BEA et la justice ouvrent des enquêtes
Un pilote de 70 ans est mort le 28 juin dans l'accident de son appareil près de La Palud-sur-Verdon, en zone difficile d'accès.
Le 28 juin 2026, un hélicoptère ULM Ranabot CH77 s'est écrasé sur la commune de La Palud-sur-Verdon, tuant son pilote. Les secours, héliportés, ont été ralentis par la topographie. Le BEA et le parquet de Digne-les-Bains enquêtent.
L’essentiel
- Fait 1 : Un pilote de 70 ans est décédé le 28 juin 2026 dans le crash d’un hélicoptère ULM Ranabot CH77 à La Palud-sur-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence).
- Fait 2 : La zone du crash, inaccessible par la route, a nécessité un acheminement des secours par hélicoptère.
- Fait 3 : Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a ouvert une enquête de sécurité (BEA2026-0270) et la justice une enquête judiciaire confiée au PGHM et à la BGTA.
Un vol de loisir qui tourne au drame
Le 28 juin 2026, un hélicoptère ULM de type Ranabot CH77, immatriculé 04JD, s’est écrasé sur le territoire de la commune de La Palud-sur-Verdon, dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’appareil, piloté par un homme de 70 ans originaire du Var, avait décollé de l’aérodrome de Barcelonnette - Saint-Pons pour un vol local de loisir à destination du Verdon.
Selon les premières constatations, l’hélicoptère a heurté le sol avant de s’embraser. Le pilote n’a pas survécu. Les sapeurs-pompiers, alertés en début de matinée, ont été dépêchés sur place. Mais la localisation du crash, dans un secteur escarpé des gorges du Verdon, a compliqué leur intervention.
Des secours héliportés dans une zone inaccessible
L’accès par la route étant impossible, les secours ont été acheminés par les airs. Un hélicoptère des sapeurs-pompiers a transporté les premières équipes sur site à 11h09. Les pompiers ont éteint l’incendie de l’appareil et ont retrouvé le corps sans vie du pilote vers midi. Un hélicoptère de la gendarmerie de Digne-les-Bains a ensuite projeté deux enquêteurs et un technicien en identification criminelle sur le lieu du crash.
Ce type d’intervention héliportée est régulièrement utilisé dans le département pour faire face aux situations d’urgence en zone montagneuse. On l’a vu récemment lors de l’incendie aux Couronneries à Poitiers ou dans le cadre des renforts de marins-pompiers de Marseille dans l’Hérault et les Bouches-du-Rhône. Les opérations de secours se sont déroulées sous la coordination du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) des Alpes-de-Haute-Provence.
Deux enquêtes parallèles
Le parquet de Digne-les-Bains a immédiatement ouvert une enquête judiciaire pour déterminer les causes de l’accident. Le procureur de la République, Antoine Pesme, a confié les investigations conjointement au Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et à la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA). Une autopsie du pilote a été ordonnée.
Parallèlement, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a initié une enquête de sécurité technique. L’incident est enregistré sous la référence BEA2026-0270 et a fait l’objet d’une fiche d’incident publiée le 3 juillet 2026. Les enquêteurs du BEA vont analyser l’épave, les données de vol et les conditions météorologiques du moment.
L’accident s’est produit alors que le département des Alpes-de-Haute-Provence était placé en vigilance orange canicule. Les fortes chaleurs peuvent complexifier les conditions de vol en montagne en réduisant la portance et en générant des ascendances thermiques. Selon le site Planète Grandes Écoles, les conditions de vol étaient « potentiellement dégradées par la forte chaleur ».
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
La commune de La Palud-sur-Verdon, située au cœur des gorges du Verdon, est un haut lieu du tourisme et des sports aériens. Le territoire, très accidenté, est régulièrement survolé par des ULM, des parapentes et des hélicoptères de loisir. Les accidents y sont rares mais souvent mortels en raison de la difficulté d’accès et des secours.
Le département des Alpes-de-Haute-Provence compte plusieurs aérodromes de tourisme - dont Barcelonnette - Saint-Pons, d’où était parti le pilote - et une forte activité de vol en montagne. Les secours héliportés sont une spécialité locale : le SDIS 04 dispose d’une unité aérienne, et le PGHM de Digne-les-Bains intervient régulièrement sur des accidents en zone périlleuse. L’enquête en cours devrait permettre de déterminer si des facteurs liés à la météo, à la machine ou à la fatigue ont joué un rôle.
Prochaine étape : les analyses du BEA
Les investigations techniques du BEA devraient durer plusieurs semaines. Un premier rapport préliminaire pourrait être publié d’ici la fin de l’été. Du côté judiciaire, l’enquête se poursuit pour établir l’absence d’éventuelles négligences. Le corps du pilote a été restitué à sa famille. La gendarmerie invite tout témoin éventuel du vol à se manifester.